The Party ain't over, Wanda Jackson revient enfin au rock'n'roll

Fini le gospel ! A 73 ans, la grand-mère du rock a toujours la pêche. Retour sur une carrière hors du commun

«The Party ain’t over» sort le 25 janvier sur le label Third Man / Nonesuch Records. Un titre à tiroirs : d’une part, il signifie que, malgré ses 73 bougies au compteur, la chanteuse n’a pas envie que la fête se finisse… et puis clin d’œil à « Let’s have a party », son premier et plus grand succès repris par Elvis et chez nous par Johnny.

Coup de chapeau (de cowboy)

La première rockeuse, interprète de l’incontournable « Let’s have a party », est indiscutablement Wanda Goodman dite Wanda Jackson, mais elle était déjà un pur produit de marketing… ce qui explique peut-être sa réussite. Elle arrive en conquérante dans le monde du rock, elle est la première femelle du rock, et elle jouit déjà d’une certaine notoriété. Née en 1937, elle est donc de deux ans plus jeune qu’Elvis. La « tempête Wanda » aurait dû déferler avant la « tempête Presley » mais l’on découvrit qu’elle était mineure, ce qui retarda de quelques mois la publication de ses premières galettes. Elvis et Wanda, qui eurent ensemble une brève histoire d’amour en 1955, eurent l’occasion de se produire ensemble en public. Presley ayant délibérément choisi la voie du rock’nroll, il conseilla à Wanda de se spécialiser dans la country. Ce qu’elle fera, d’ailleurs, à compter de 1960. S’agissait-il de la part du futur King d’un conseil désintéressé… ou souhaitait-il adroitement évincer une rivale ?

Un pur produit de marketing

Pur produit de marketing, écrivions-nous en ce qui concerne Wanda, car son producteur Ken Nelson prenait soin, sur chaque 45-tours, de proposer, sur une face, un rock’n’roll, sur l’autre un titre country. Ainsi toutes les radios, quelle que soit leur coloration, se voyaient offrir à boire et à manger. Malgré cela, la cote de popularité de Wanda s’effondra dès le début des années 60. Pour tenter de maintenir la pression, elle anime un programme à la télévision américaine, Music village .

Elle tente de réagir

Lorsque sa popularité baisse aux États-Unis, Wanda Jackson entreprend des tournées en Asie et en Europe : elle séduit la France en 1965, enflammant le Moulin Rouge, la Locomotive et même l’Olympia presque autant que l’avaient fait les Beatles et les Rolling Stones quelques mois auparavant.

On passe à autre chose…

Dans les années 70, elle se tourne vers la religion et abandonne le rock pour se donner au gospel. Mais quarante ans plus tard…

Malgré l’effet d’annonce (« le nouveau disque de Wanda Jackson»), il s’agit en réalité de titres déjà anciens enregistrés à Nashville, sa ville de prédilection, entre 1997 et 2000. Il s’agit néanmoins d’un album important car il souligne le retour de Wanda à ses premières amours, le rockabilly et le rock’n’roll, qu’elle avait délaissés au profit de la country…et de la religion.

Fatiguée ?

Notre seule déception : le CD ne comporte que onze titres. Mais pas n’importe lesquels :

1.Shakin All Over

2. Rip It Up

3. Busted

4. Rum and Coca-Cola

5. Thunder on the Mountain

6. You Know I’m No Good

7. Like a Baby

8. Nervous Breakdown

9. Dust on the Bible

10. Teach Me Tonight

11. Blue Yodle #6

Le premier, déjà évoqué, mérite qu’on s’y arrête car il s’agit d’un challenge. « Shakin’ All over », de Johnny Kidd, a connu une pléthore d’interprétations (Vince Taylor, les Who, les Guess Who, les Fantômes…). La version de Wanda ne démérite pas. Le succès sera-t-il au rendez-vous ?

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