Vient de sortir : "Rave On", un CD en hommage à Buddy Holly

Paul McCartney, Patti Smith, Graham Nash, Lou Reeed, etc. et suite101.fr nous rappellent qui fut ce grand rocker à lunettes, père de "Peggy Sue"
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Une chanson, peut-être plus connue encore que son créateur, fait référence à Buddy Holly, désignant le jour de sa mort comme The day the music died. Il s'agit de « American Pie » par Don McLean, brillamment reprise par Madonna. Bel hommage !

Buddy Holly (1936-1959) fut victime de son manager Norman Petty

Le magazine Record Collector commençait un article par la phrase : « S'il avait choisi de prendre un car plutôt que de tenter ce périple totalement suicidaire en avion, Buddy Holly serait peut-être encore vivant aujourd'hui ». Lorsqu'on se penche sur la question, on découvre qu'il y a une part de bon sens dans ce raisonnement, qu'il convient toutefois de nuancer en restant dans des limites acceptables : Buddy aurait pu mourir, également, dans des circonstances différentes. Ou bien encore aurait-il rapidement disparu du devant de l'actualité musicale : le public se serait désintéressé de son œuvre, et/ou son inspiration se serait tarie. Auquel cas il ne serait plus qu'un has been , venant interpréter « Peggy Sue » et « That Will Be Day » à l'occasion d'un spectacle célébrant les cinquante ans, les soixante ans du rock’n’roll.

Dès l'automne 1958, on conseillait à Buddy Holly de "changer de style"

Son producteur / manager notamment voulait le persuader qu'il ne pourrait pas bien longtemps encore continuer à dominer les hit-parades grâce au rock'n'roll, genre musical que Petty n'était pas le seul à considérer sur la voie du déclin. Vingt ans plus tard, pourtant, Paul McCartney, qui n'est pas, c'est le moins qu'on puisse dire, réputé pour être mauvais en affaires, rachetait les droits d'édition musicale des chansons de Buddy, dont notamment cette « Peggy Sue » qui passait toujours autant à la radio.

Pourquoi des professionnels du show-business proclamaient-ils à la fin des années 50 que le rock'n'roll était mort et presque enterré ?

La réponse se trouve sur les actes notariés rédigés après la mort de Buddy et à la "une" des magazines américains de début 1959 : l'annonce de sa mort fit grand bruit en Grande-Bretagne, mais dans son propre pays, elle fut éclipsée par celle des autres chanteurs qui l'accompagnaient dans l'avion fatal, Ritchie Valens (au top avec « Donna » et « La Bamba » ) et J. P. Richardson, alias Big Bopper, cet ancien animateur de radio devenu chanteur en vogue grâce au tube « Chantilly Lace ». Bref, aux Etats-Unis, la variété gagnait du terrain sur le rock…

Buddy laissait un bien piètre héritage.

Quant à son témoignage artistique, il pouvait sembler falot, en 1959 : 47 chansons, seulement, avaient été publiées de son vivant. Certaines d'entre elles, cependant, devaient marquer à jamais quatre jeunes gens de Liverpool. John Lennon reconnaissait volontiers que ce nom de "Beatles" (déformation de beetles,scarabées leur était venu en pensant aux "Crickets", nom de la formation qui accompagnait Holly. Il vouait, en outre, une incommensurable reconnaissance à Buddy pour avoir eu le courage de porter des lunettes, malgré son statut de vedette. John avait longtemps dissimulé qu'il portait cet attribut considéré comme disgracieux par tout rocker qui se respecte...

Buddy Holly, premier rocker escroqué par son manager

Buddy n'a pas rédigé de testament. À cela, trois raisons... La première, évidente : rares sont les jeunes gens de 22 ans qui envisagent l'imminence de leur propre disparition. La deuxième est liée à sa très perceptible baisse de popularité ; nul n'aurait cru, début 1959, que ses modestes succès connaîtraient un regain d'intérêt auprès d'un public de plus en plus vaste au fil des ans. Enfin parce qu'au moment où son avion se "crashait", Buddy n'avait pas grand- chose à léguer : sa fortune fut, certes, évaluée à 121 868 dollars, mais sur cette somme, plus du tiers (47 000 dollars exactement) correspond à ce que lui doit Norman Petty à cet instant, et 70 000 dollars à des droits d'auteur qui seront payés ultérieurement. Viennent ensuite 8 000 dollars de prime d'assurance souscrite par la société détentrice du petit avion dans lequel mourut Buddy... une traite de 1300 dollars à valoir le 20 février 1961 (deux ans plus tard !) émanant d'un certain Ben D. Johnson... et sa Cadillac, qui sera vendue 4 565 dollars le 17 février 1959.

En gros, au moment de sa mort, Buddy, jeune marié de surcroît, n'avait pas un rond !

Son compte, à la National Bank de Lubbock était créditeur de 72,34 dollars. Ce qui explique la nécessité, pour lui, de se produire sur scène. Matériellement, il n'a pas le loisir d'annuler le moindre concert, quitte à s’engager dans un voyage au péril de sa vie.

Petty eut- il remboursé Buddy que ce dernier (qui, quelques heures avant l'accident, téléphonait encore à son avocat) aurait certainement renoncé à se produire en concert à Moorhead, renonçant également au périple suicidaire ( à suivre en cliquant sur ce lien )

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