La terre vit sous la menace d'astéroïdes tueurs: les géocroiseurs

Notre planète menacée par des astéroïdes: collisions répertoriées, groupes de surveillance, prévisions futures, solutions pour éviter la catastrophe.
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Les géocroiseurs sont les astéroïdes les plus proches de la terre, et leur orbite est amenée à croiser régulièrement celle de notre planète. De longueur variable (de quelques décimètres à des centaines de kilomètres), ils sont des millions à errer dans l’espace. Ils constituent un des plus grands périls pour notre espèce.

Catastrophes dues aux météorites

Projetons-nous 65 millions d’années en arrière. L’astéroïde qui frappa la terre à cette époque lointaine devait mesurer environ dix kilomètres de diamètre. Le choc engendra de terribles raz de marée, de monumentaux tremblements de terre et réveilla l’activité volcanique de notre planète. Des tonnes de roches furent arrachées au sol, suite à la collision, et retombèrent sur terre en des millions d’autres météorites. Les scientifiques pensent que 75 % des espèces disparurent (dont celle des dinosaures). Après l’impact, le sommet de la météorite dépassait de la surface de la Terre de dix kilomètres : plus haut que l’Everest! Imaginez un tel météore à notre époque. Ce serait tout bonnement l’extinction de notre race.

La menace météorite et leur taille

Cependant, des astéroïdes de moindres tailles peuvent également menacer notre écosystème. Plus proche de nous, à l’époque de Néandertal (50 000 ans en arrière), un météore s’est écrasé en Arizona. On a appelé ce lieu Meteor Crater. Il devait mesurer environ 45 mètres de diamètre. Le choc lors de l’impact devait être l’équivalent de 20 000 000 tonnes de TNT (150 fois la bombe Hiroshima). La température de l’astéroïde, en entrant dans notre atmosphère, était d’environ 55 000 degrés (10 fois plus que la surface du soleil). Quand il frappa la terre, quatre kilomètres cubes de gravats furent projetés dans le ciel, broyant tout sur huit kilomètres à la ronde. Toute vie fut réduite à néant sur 80 kilomètres. Avant la catastrophe, le désert de l’Arizona était une zone boisée…

Aujourd’hui, la marque de l’astéroïde est bien présente. Un cratère de plus de 1 km de diamètre et profond de 167 mètres nous le rappelle. Cette météorite était ici un petit modèle.

Les dégâts semblent disproportionnés. Cette force destructive s’explique par l’énergie cinétique de la roche : relation entre le poids, la vitesse et le mouvement. L’angle d’impact est également un facteur important. Les spécialistes pensent que la vitesse d’un météore serait 50 fois la vitesse du son (environ 100 000 km/h).

Autre exemple en 1908 dans la forêt sibérienne. Des milliers de kilomètres carrés d’arbres furent rasés par la chute d’un astéroïde. Heureusement, la zone était inhabitée. Pourtant, ici aussi, pas de traces visuelles d’impact. Tous les arbres étaient simplement couchés et calcinés. En fait, le météore a explosé avant de toucher terre, libérant une force colossale au niveau du sol. Si la zone était une ville, il y aurait eu certainement des centaines de milliers de morts.

La traque des astéroïdes

Les géocroiseurs suivent une trajectoire bien définie et ils sont donc «traçables». Cependant, le moindre impact avec d’autres astéroïdes pourrait les faire sortir de leur route. Et vu que l’autoroute de l’espace est bondée de masses rocheuses dérivantes, le risque est omniprésent. Nous ne sommes pas également à l’abri d’un astéroïde venant de nulle part et se dirigeant tout simplement vers notre terre.

Le plus grand centre d’observation des astéroïdes, LINEAR (Lincoln Near-Earth Asteroid Research) est basé au Nouveau-Mexique. C’est un projet de recherches conjoint entre la NASA et l’US air force. Les scientifiques y analysent activement les trajectoires présentes et futures de tous ces météores. Plus de 225 000 astéroïdes ont été répertoriés. On pense que seuls 60 % sont détectés, le reste étant inconnu ou « invisible ». En effet, de nombreux astéroïdes peuvent être cachés par l’éclat d’une étoile. En 2004, LINEAR a identifié un astéroïde de 30 mètres de diamètre appelé 2004 FH. Il est passé à peine à 43 000 kilomètres d’altitude (hauteur des satellites météorologiques). Autant le dire, à un cheveu comparé à l’immensité de l’univers. Les scientifiques sont à même de prévoir où tomberait un météore grâce à leur analyse de trajectoire. Sur une zone peuplée, on pourrait anticiper une évacuation rapide.

D’autres centres de recherches comme LINEAR mènent des études sur les astéroïdes. Nous pouvons nommer NEAT, spacewatch, LONEOS, le CatalinaSky Survey…

Le chasseur d’astéroïdes

David Levy, un chasseur d’astéroïdes, traque sans relâche ces « terroristes célestes » comme il les nomme. Il prend des photos grâce à un capteur photo sensible qu’il balaye sur ordinateur. Grâce à ce système, il détecte les nouveaux astéroïdes non répertoriés. David Levy a participé à la découverte en 1993 d’une comète percutant Jupiter. Elle mesurait 1,5 km de diamètres et progressait à une vitesse de 250 000 km/h. Les scientifiques ont pu suivre l’impact en direct. La comète a laissé une trace de la taille de la terre.

Une comète est également un type d’astéroïde. Elle est recouverte de glaces (d’eau ou de carbone) ou encore de gaz gelé, et provient de la région externe du système solaire (au contraire des géocroiseurs).

Quels sont les plans futurs anti-astéroïde?

Il faut dire qu’à l’heure actuelle, nous n’avons aucune solution pour contrer une menace astéroïde. Souvent traité dans les films hollywoodiens, le lancement d’une ogive nucléaire sur le météore est une option d'ores et déjà à écarter. En effet, les conséquences d’une telle explosion ne sont pas maitrisées. L’astéroïde pourrait être scindé en plusieurs fragments encore plus dangereux, sans parler de ses retombées radio-actives. On est donc au point mort. Toutefois, certains scientifiques apportent de nouvelles idées, sans risque pour notre population.

Rusty Schweickart, astronaute sur Apollo 9, propose un vaisseau spatial remorqueur. Il suffirait de pouvoir s’approcher de l’astéroïde, de s’y amarrer, et de le détourner. Cette idée fait vraiment penser à de la science-fiction. Mais dans un futur plus ou moins proche, cela pourrait être réalisable. Pour Rusty Schweickart, ce serait un projet planifiable sur 15 ou 20 ans. Nous ne parlerons pas ici des investissements colossaux pour une telle entreprise.

Le professeur Jay Melosh, astronome, lui pencherait vers l’utilisation de la puissance naturelle du soleil. Grâce à un réflecteur d’environ 800 mètres, on pourrait focaliser les rayons de cet astre sur l’astéroïde, afin de le détourner de sa trajectoire. Ce projet pourrait être réalisable en 3 ans, selon le scientifique et coûterait des dizaines de millions de dollars.

En fait, nous ne possédons, à ce jour, aucune défense sérieuse. Au-delà de pouvoir déterminer l’endroit de son impact et, de prévenir au plus vite la population y résidant, nous sommes dépourvus de protections. Selon les prévisions d’Érik Asphaug et de ses confrères scientifiques, la terre serait touchée par des météores majeurs, comme en Sibérie, tous les 1500 ans. Espérons que d’ici là, une solution alternative puisse être développée.

SOURCES:

reportage TV de Superscience

Vidéos ici:

http://www.dailymotion.com/video/x1q6k7_superscience-asteroides-1_tech

LINEAR

http://www.ll.mit.edu/mission/space/linear/

David Levy

http://www.jarnac.org/

Rusty Schweickart

http://www.well.com/~rs/

Jay Melosh

http://www.eas.purdue.edu/people/faculty/melosh.php http://www.eas.purdue.edu/people/faculty/melosh.php

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