Contre une poignée de diamants : la bonne surprise

Deux séquences humoristiques détectées à la projection du thriller de Don Siegel "Contre une poignée de diamants", sorti en 1974.

En 1974, Don Siegel, réalisateur américain, tournait à Londres « Contre une poignée de diamants » avec Michael Caine et Donald Pleasance comme acteurs principaux. Il s'agit d'un thriller comme les années 70 en ont produit, citons entre autres « l'inspecteur Harry » en 1971 et « l'évadé d'Alcatraz » en 1979, du même Don Siegel. On peut sans craindre affirmer que les films de Don Siegel sont plus connus du public pour leur violence que pour leur humour.

Le scénario est assez simple, l'unique enfant d'un agent du contre-espionnage britannique, Tarrant, interprété par Michael Caine et dont Harper, Donald Pleasance est le supérieur hiérarchique, est enlevé par des trafiquants d'armes de l'Armée Républicaine Irlandaise (I.R.A.) et il ne lui sera rendu que contre une rançon d'un demi-million de dollars en diamants que Tarrant devra voler à Harper. Après bien des péripéties, Tarrant récupérera son fils non sans avoir éliminé, comme il convient tous les méchants et démasqué le traître.

Où on découvre deux petits carats.

Ce film vient d'être projeté il y a quelques jours sur le câble. L'intérêt premier réside dans la mise en scène de l'histoire de cet homme devant choisir entre son devoir et sauver son enfant; en second on y découvre deux petits clins d’œil humoristiques qui démontrent que si Don Siegel avait plutôt réalisé des films noirs, il avait aussi un sens de l'humour qui ne pouvait être détecté que par un cinéphile averti. Ainsi d'un film ancien, on peut même dire presque oublié, on peut quand même prendre du plaisir.

Dans lequel Donald Pleasance se paie Sean Connery.

Dans une des premières scènes du film, notre héros assiste à une réunion des principaux chefs du contre-espionnage au cours de laquelle, Harper révèle une information sur la bande de trafiquants d'armes que Tarrant essaye d'infiltrer. Voici le petit dialogue par lequel il le décrit le chef de la bande :

  • Ce criminel, dit-il avec calme et assurance, s'appelle Sean... Sean Connery... dit-il en regardant les autre participants.
  • « What !!! » Répondent en chœur les autres qui n'en croient pas leurs oreilles.
  • Excusez-moi, je veux dire Sean Kelly.
On ne vit que deux fois

Néanmoins, que le réalisateur ait laissé cette réplique au montage montre qu'il ait été lui très attentif à donner au spectateur britannique une marque personnelle de son humour.

Où Michael Caine est à l'affiche dans son film.

Dans une autre scène, Tarrant doit retrouver son épouse, dont il a divorcé, en cachette des autres agents du contre-espionnage qui le surveillent aussi car ils pensent qu'il veut voler les diamants pour son propre compte. Il lui fixe donc un rendez-vous discret dans un cinéma de Londres, le « Dominion » qui précisément cette semaine là joue le film de guerre « la Bataille d'Angleterre », tourné par Guy Hamilton en 1969 et dont Michael Caine est un des principaux acteurs. Il aurait pu choisir ou un autre film ou un autre cinéma, mais alors pourquoi avoir laissé cette image alors qu'il s'était écoulé cinq ans entre la sortie de « la Bataille d'Angleterre » et celle de son film ?

Que peut-on en retirer ?

On ne le saura sans doute jamais mais il est très intéressant de noter que ces clins d’œil discrets quand même, laissent une petite trace qui permet de relier plusieurs films entre eux, soit par leurs acteurs soit par les personnages qu'ils ont incarné et qu'ils arrivent, plus de trente ans après à surprendre encore.

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