Drame nucléaire : devoir de transparence, nécessité de s'informer

Face au drame nucléaire japonais, les autorités ont un devoir de transparence et les citoyens doivent s'informer pour ne pas céder à la panique.
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La donne a changé au Japon ces dernières heures avec l'explosion survenue dans le réacteur N°2 de la centrale de Fukushima et les fortes présomptions de fuites radioactives.

Si un certain optimisme était de mise au fil des jours (dans ce genre de situation, chaque jour gagné est un risque en moins), cette très probable fissure de le caisson de confinement du réacteur laisse présager une véritable catastrophe écologique.

Un devoir de transparence des autorités

Les autorités (au Japon, mais aussi et surtout en France en ce qui nous concerne), ont un devoir de transparence absolu dans leur gestion de ce drame. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Malgré une situation cahotique dans un pays ravagé par un séisme et un tsunami, il faut tout d'abord saluer le professionalisme et le sang-froid des autorités nippones.

Jusqu'à présent (et sauf mensonges avérés) le public local et international a été tenu au courant quasiment en temps réel de l'évolution de la situation, y compris lorsque cela signifiait annoncer des mauvaises nouvelles.

Cette attitude de transparence est une clé essentielle de la gestion à long-terme de la catastrophe, et le public doit disposer en permanence d'information actualisée et crédible pour ne pas sombrer dans la panique.

Côté français, et malgré des tentatives de récupération déplacées de certains écologistes (le débat sur l'avenir du nucléaire dans le pays interviendra sûrement dans les jours et semaines à venir, mais l'heure n'est pas à agiter les peurs et les fantasmes à des fins politiciennes), on constate un front commun de tous ceux qui sont impliqués (indirectement) dans ce drame.

La meilleure source d'information sur la situation est sans conteste proposée par l'Autorité de Sûreté Nucléaire, qui émet chaque jour plusieurs communiqués faisant le point factuel de l'évolution de la situation au Japon.

Le gouvernement, après avoir combattu à juste titre le mythe du "nouveau Tchernobyl" au cours des premiers jours, semble également avoir pris conscience de l'évolution de la situation et fait le pari intelligent (à mon sens) de ne pas dédramatiser la situation et d'affronter la catastrophe telle qu'elle est.

EDF, l'unique exploitant du parc nucléaire français, a également décidé de communiquer pour rappeler aux Français la qualité des installations nucléaires françaises en matière de sécurité, mais également l'attention quotidienne apportée à la sûreté des réacteurs.

Ne pas céder à la panique et aux fantasmes

Une mise au point symbolique mais importante compte tenu de l'état d'angoisse légitime de la population.

Mais dans ce type de crises, les citoyens ont également un devoir de sang-froid et il est impératif que chacun cherche de l'information crédible et argumentée plutôt que d'écouter les prêcheurs de catastrophe qui pullulent toujours dans ce type de situation.

Je dois dire que je trouve la couverture médiatique de cette catastrophe d'assez bonne qualité dans son ensemble et les journalistes font un très bon travail d'explication et d'information.

Personne ne peut feindre qu'il ne se passe rien de grave au Japon, mais il faut éviter l'éternelle comparaison avec Tchernobyl (les derniers évènements gravissimes ne devraient heureusement pas conduire à une catastrophe humaine et écologique de la même ampleur) et ne pas croire que le nucléaire français serait subitement devenu dangereux.

Pour rappel, les normes de sécurité du parc nucléaire français sont sans doute les plus exigeantes au monde et aucun incident majeur (au-delà du niveau 2) n'a été enregistré en France depuis plus de 10 ans.

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