Fukushima ne remet pas en cause la croissance du nucléaire (AIEA)

L'accident de Fukushima ne remet pas en cause la croissance mondiale du nucléaire selon l'AIEA. Au moins 90 nouveaux réacteurs seront construits d'ici 2030.

Si le choc de l'accident nucléaire de Fukushima a été planétaire, il ne devrait pas suffire à remettre en cause le développement de l'atome dans le monde , et notamment chez les pays émergents, affirme l'Agence Internationale de l'Energie Atomique (AIEA).

Au moins 90 nouveaux réacteurs en 2030... peut-être 350 !

Les estimations de l'AIEA semblent aller à contre-courant des débats actuels en France et même en Europe sur la question de la sortie du nucléaire... A l'échelle mondiale, l'accident de Fukushima ne change pas les données structurelles de croissance du nucléaire.

Les économies émergentes (Chine, Inde, Brésil,...) ont un besoin crucial d'énergie électrique pour alimenter leur économies et leurs croissances. Face au renchérissement des hydrocarbures (mais aussi à terme leur raréfaction) et aux enjeux climatiques, ces pays n'ont guère d'alternative à l'utilisation massive du nucléaire.

Et malgré l'onde de choc post-Fukushima, la logique de construction de nouvelles centrales est d'ores et déjà en train de reprendre le pas. L'Inde et la Chine devraient dans les prochains mois délivrer des autorisations pour le lancement de nouveaux projets. Dans une moindre mesure, le Brésil et l'Afrique du Sud conservent la même approche... Tout comme la Corée du Sud (déjà fortement nucléarisée avec 21 centrales).

D'où les chiffres annoncés par l'AIEA. Une estimation de base de 90 nouvelles centrales et un scénario "optimiste" misant sur la construction de 350 réacteurs. Des projections légèrement inférieures à ce qu'elles étaient avant Fukushima mais qui restent dans les mêmes ordres de grandeur.

La sûreté nucléaire au coeur des préoccupations

Si l'accident japonais ne remet pas en cause l'avenir du nucléaire, il replace les enjeux de sûreté au centre du débat. Après des années où les priorités de certains pays allaient plutôt à la réduction des coûts de construction et de construction, la fin du "nucléaire low-cost" est sans doute la seule victime collatérale de Fukushima.

Ces centrales moins sophistiquées et potentiellement moins sûres, notamment développées en Asie grignotaient depuis de nombreuses années des parts de marché sur les constructeurs traditionnels dont les technologies de sûreté étaient parfois jugées excessives et inadaptées.

C'est notamment le cas des industriels français et de leur EPR. Considéré invendable en début d'année, il pourrait être le grand gagnant de cette nouvelle donne nucléaire et de la prime à la sûreté que sont dorénavant prêts à payer les nations émergentes.

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