La sècheresse n'a pas d'impact sur la sûreté du parc nucléaire

La sècheresse ne peut pas mettre en péril les installations nucléaires françaises. EDF va toutefois devoir s'adapter à la baisse du niveau des cours d'eau.

Les systèmes de refroidissement des centrales nucléaires sont au cœur des préoccupations de l'opinion publique depuis la catastrophe de Fukushima. En France, ces systèmes sont alimentés par des cours d'eau (rivières ou fleuves).

Que se passerait-il si ces cours d'eau étaient à sec ou si leur débit était considérablement réduit à cause de la sècheresse ? La faible pluviométrie printanière laisse en effet craindre aux météorologues un été de sècheresse historique.

Aucune faille de sûreté ou risque de pénurie

C'est donc tout naturellement que la question de la sûreté des installations a été posée par des journalistes ces derniers jours.

Et la réponse est simple. Il n'existe aucun risque direct de sûreté lié à la sècheresse. La baisse du niveau des cours d'eau peut être impressionnante, mais les installations nucléaires françaises sont installées le long de rivières ou fleuves importants qui ne peuvent pas se tarir complètement.

L'Agence de Sûreté Nucléaire (ASN), qui a affirmé cette semaine qu'il n'y a pas "d'incidence immédiate" de la sècheresse sur les installations nucléaires, a par ailleurs indiqué que les exploitants disposent de protocoles pour " faire face à la perte totale ou partielle du refroidissement liée à une diminution du niveau et du débit d'eau dans les fleuves, ainsi qu'à l'élévation de la température ambiante dans les locaux contenant des équipements importants pour la sûreté ".

La question de l'approvisionnement énergétique est plus complexe, mais ne devrait pas causer de désagréments aux usagers français. En effet, la sècheresse risque avant tout d'affecter le réseau hydraulique qui pourrait perdre une grande partie de sa capacité au cours de l'été.

Mais ce manque à produire (qui pourrait également affecter à la marge le parc nucléaire) sera compensé par la moindre consommation électrique observée en été.

Des enjeux environnementaux à ne pas sous-estimer

Le véritable enjeu de la sècheresse sur le parc nucléaire n'est en réalité pas d'ordre de la sûreté, mais du respect des normes environnementales.

Si le débit des cours d'eau devait diminuer durablement, EDF pourrait être contraint de diminuer sa production nucléaire pour ne pas "puiser" trop d'eau et limiter l'impact sur un éco-système déjà touché par la sècheresse.

Dans ce cas de figure, EDF pourrait mettre à l'arrêt certaines tranches de ses centrales au nom du respect des normes environnementales.

En 2003 et 2006, des sècheresses historiques avaient déjà contraint EDF à adapter la disponibilité de son parc nucléaire.

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