Le parc nucléaire français tourne à plein régime

Jusqu'au 15 janvier, le parc nucléaire français tourne à plein régime. L'ensemble des 58 centrales hexagonales sont raccordées simultanément au réseau.
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Ce n'est que la deuxième fois en plus d'un demi-siècle de programme nucléaire, que 100% des centrales françaises turbinent à l'unisson. Une « prouesse industrielle » dont se félicite à juste titre EDF, mais qui ne peut pas masquer les retards pris au fil des années en matière de distribution.

Une «prouesse industrielle»

La satisfaction d'EDF est perceptible depuis lundi 10 janvier et l'annonce de la mise en service de l'ensemble du parc nucléaire pour près d'une semaine.

Les dirigeants de l'électricien public ont tour à tour évoqué une «prouesse industrielle», un «parc de production dans un état exceptionnel», avant que le PDG Henri Proglio ne monte exceptionnellement au créneau pour déclarer que «les Français peuvent être fiers de cette entreprise de service public.»

Il faudrait en effet être exigeant pour ne pas reconnaître l'exploit d'EDF, qui est parvenu à faire tourner simultanément et au moment de l'année où la demande est la plus forte, ses 58 réacteurs... soit le deuxième parc nucléaire au monde en terme de nombre de centrales. Compte tenu des contraintes techniques et sécuritaires, c'est assez remarquable...

EDF voit dans ce coup d'éclat l'occasion de faire taire certaines critiques récurrentes sur l'état des réacteurs français et les craintes sur une possible pénurie d'électricité nucléaire. Il faut dire que depuis trois ans, le taux de disponibilité du parc français n'a cessé de chuter (de près de 5%) avant un rebond en 2010.

Il faut dire que depuis deux ans, la France importe de l'électricité lors des vagues de froid hivernales... Une situation inédite depuis un demi-siècle. Jusque-là, EDF avait plutôt coutume d'exporter massivement vers nos voisins européens... que de commander son électricité à l'étranger.

Production et distribution

Si la réussite technologique et humaine des équipes d'EDF en matière de production est indéniable, il faut tout de même rester vigilant sur les enseignements à en tirer.

En matière d'électricité, la confusion est facile à faire entre capacités de production et capacités de distribution.

Si comme l'a indiqué M. Proglio, la mise en service simultanée de l'ensemble du parc nucléaire indique que l'outil de production de l'électricien public est dans un état «exceptionnel», peut-on en dire autant du réseau de distribution national?

A la demande expresse de l'Union européenne, le réseau électrique français a été ces dernières années largement libéralisé, et les activités d'EDF «réparties» entre diverses entreprises.

C'est notamment le cas du réseau de distribution, désormais confié à ERDF (une société qui dépend tout de même d'EDF) et qui a connu quelques ratés.

Et c'est dans ce secteur-là que le bât semble blesser et que les risques de panne et de «black-out» sont les plus réelles. La faute à des années de laisser-aller et de baisse des investissements pour entretenir et renouveler les réseaux.

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