Menaces aériennes : la protection des centrales nucléaire

L'intrusion aérienne d'un militant Greenpeace dans la centrale nucléaire du Bugey, repose la question de la sécurité aérienne des installations nucléaires.

Le survol mercredi matin par un militant allemand de l'association écologiste Greenpeace du site de la centrale nucléaire du Bugey (Ain), à bord d'un parapente motorisé, a relancé le débat sur la sécurité aérienne des installations nucléaires. Quel dispositif existe pour faire face à ce type de menaces ?

Un dispositif de sécurité à terre

Au-delà de la question des enjeux aériens, les dispositifs de sécurité mis en place autour des centrales nucléaires se sont renforcés depuis le début de l'année, suite à l'intrusion en décembre de militants de Greenpeace dans les centrales de Cruas et Nogent-sur-Seine.

Les centrales font l'objet d'une surveillance permanente, par la gendarmerie et les services de sécurité d'EDF. Chaque site dispose d'un peloton de gendarmerie chargé spécialement de la surveillance et à d'éventuelles interceptions. Sur l'ensemble du territoire, 740 gendarmes sont mobilisés exclusivement à la surveillance nucléaire.

... et dans les airs

La sécurité aérienne des sites nucléaires est gérée conjointement par la gendarmerie et l'armée de l'Air qui met à disposition ses capacités. L'armée de l'Air apporte à la gendarmerie en cas de besoin ses moyens en terme de renseignement et de surveillance militaire.

Les appareils de l'armée de l'air peuvent enfin être appelés pour effectuer des missions d'interceptions.

La sécurité aérienne des installations nucléaires est également facilitée par l'interdiction de survol à basse altitude, par tout type d'appareil, de tout le périmètre autour de la centrale.

La sécurité aérienne prise en compte dès la conception

La possibilité d'attaques aériennes est prise en compte par les ingénieurs dès la conception des bâtiments des sites nucléaires. Ces risques externes sont étudiés au même titre que les risques de catastrophes naturelles (séisme, inondation,...)

Une prise en compte qui s'illustre notamment sur l'épaisseur de béton utilisé pour la construction des enceintes de confinement des réacteurs nucléaires. Des épaisseurs calculées pour pouvoir résister à des attaques d'avions de petite et de moyenne taille.

Reste la question des avions gros-porteurs. Pas pris en compte dans un premier temps, les mesures de sécurité ont été revues à la hausse après les attentats du 11 septembre. Une coque de béton complémentaire a été conçue pour pouvoir également résister à l'impact d'un avion gros-porteur. Une nouvelle structure de sécurité qui ne sera toutefois mise en place que sur les futures centrales en construction.

Sur le même sujet