Nucléaire : La France va-t-elle retenir les leçons de Fukushima ?

Plus d'un mois après la catastrophe nucléaire japonaise, les pouvoirs publics, les autorités de sûreté nucléaire et EDF préparent un plan post-Fukushima.
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Jeudi 21 avril 2011, le PDG d’EDF Henri Proglio tenait sa première conférence de presse depuis la catastrophe de Fukushima. Le chef de file de la filière nucléaire française venait d’être auditionné par l’Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN). L'occasion d'évoquer le plan post-Fukushima établi en coopération avec le gouvernement et les autorités de sûreté nucléaire.

Audit et plan post-Fukushima

" Il y aura un avant et un après-Fukushima. Rien n'est jamais acquis en matière de sécurité, étant entendu que c'est toujours l'exploitant qui est en première ligne ", a expliqué Henri Proglio.

A la demande du Premier ministre, la France va donc lancer un audit des centrales conduit en fonction d’un référentiel de sûreté afin de " renforcer la sûreté et la maîtrise de son parc de production nucléaire ". Le cahier des charges de cet audit est actuellement en cours d’élaboration sous l’autorité de l’ASN et il devrait être terminé avant la fin de l’année, conformément aux souhaits du gouvernement.

EDF va notamment s'atteler à " renforcer son organisation de crise ", a indiqué Dominique Minière, directeur de la production nucléaire.

Fukushima a révélé de nombreuses failles dans l’organisation du nucléaire japonais, notamment au niveau de l’alimentation électrique d’urgence des centrales. Une problématique insuffisamment prise en compte jusque ici par les acteurs du nucléaire.

L'accident japonais a aussi illustré le fait que plusieurs centrales peuvent perdre simultanément leur alimentation, nécessaire en particulier au refroidissement des installations. EDF va donc créer une force d’intervention rapide et étoffer les matériels d'apport en électricité et en eau.

L'EPR pas remis en cause pour l'instant

EDF voudrait également réexaminer les dispositifs de protection afin de " s'assurer des marges de sûreté des installations ".

L’électricien ne compte toutefois pas remettre en cause le chantier de l'EPR de Flamanville (Manche) qui coûterait selon lui trop cher.

EDF a tout de même prévenu que le deuxième réacteur de troisième génération prévu à Penly (Seine-Maritime) intégrerait tous les derniers retours d’expérience et prendrait donc en compte les améliorations post-Fukushima. L'électricien public a d'ailleurs promis d'en faire l'un des réacteurs les plus sûrs au monde.

La nécessité d'une harmonisation internationale

A l'instar d'Henri Proglio, les pouvoirs publics français veulent surtout aboutir à une véritable harmonisation internationale des normes de sécurité afin d'éviter la prolifération de centrales "low-cost" potentiellement dangereuses.

EDF plaide donc pour un véritable engagement international des autres Etats et entreprises du secteur nucléaire.

" Nous plaidons pour une harmonisation européenne de la sûreté ", a-t-il affirmé. La Commission européenne devrait également livrer un plan post-Fukushima pour le secteur nucléaire européen.

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