Sûreté nucléaire : Henri Proglio minimise les surcoûts

Les travaux de sécurisation des centrales françaises après l'audit post-Fukushima devraient entraîner des surcoûts marginaux pour EDF et les consommateurs

Les investissements de mises aux normes sécuritaires des centrales nucléaires françaises suite au rapport post-Fukushima de l'Agence de Sûreté Nucléaire (ASN) sont estimés à 10 milliards d'euros par le patron d'EDF. Des surcoûts minimisés par Henri Proglio.

Entre 40 et 50 milliards d'euros d'investissements sur 10 ans

"Si je voulais nous mettre à l'abri d'une surprise, je dirais que le surcoût des mesures prises après Fukushima s'élève à moins de 10 MdsE", a indiqué M. Proglio dans une interview au Monde.

Le PDG d'EDF a toutefois précisé qu'il pensait "qu'une partie (de ces investissements) est d'ores et déjà comprise dans les investissements de 40 milliards décidés avant Fukushima" pour moderniser le parc nucléaire français.

Selon l'électricien public, ces travaux complémentaires, réclamés par l'ASN pour prendre en compte le "retour d'expérience" de l'accident japonais, "ne révolutionne pas et ne bouleverse pas le montant d'investissements".

Henri Proglio a toutefois ajouté qu'EDF prévoyait dans les années à venir de "donner la priorité aux dépenses de sûreté sur les autres" et a affirmé que la capacité d'investissement de son groupe "sera au rendez-vous".

Les travaux de sécurisation des centrales nucléaires français devraient s'étaler sur les dix prochaines années. La "bunkérisation" des centres de gestion de crise et l'installation des moteurs diesel d'ultime secours s'étaleront "sur cinq à sept ans", a prévenu M. Proglio tout en précisant que la "force d'action rapide nucléaire" représente pour sa part un investissement "plus humain que financier", qui occupe déjà 300 personnes et qui devrait être prête en 2014.

2% de hausse du prix de l'électricité par an

Selon le ministre de l'Energie Eric Besson, les surcoûts du nucléaire liés aux travaux en matière de sûreté devraient représenter des hausses des factures d'électricité de l'ordre de "moins de 2%".

"Ce n'est pas rien, mais ce n'est pas la catastrophe économique qu'un certain nombre d'observateurs évoquent. Le kWh restera extrêmement compétitif et bien moins cher que les autres sources de production d'électricité en dehors de l'hydraulique", a affirmé le ministre.

Suite à l’accident nucléaire de Fukushima, le gouvernement français a demandé à l’ASN d’effectuer un audit du parc nucléaire français pour estimer le niveau de sûreté des centrales hexagonales au regard du retour d’expérience et des failles de la centrale japonaise. Si l’ASN a jugé « le niveau de sûreté (des centrales) suffisant », elle a demandé la mise en oeuvre de mesures et de travaux complémentaires pour renforcer la sûreté des sites français.

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