Sûreté nucléaire/EPR : de nouvelles normes post-Fukushima

L'ASN a demandé de nouvelles mesures de sûreté sur le chantier de l'EPR de Flamanville. Des normes destinées à éviter les failles de Fukushima.

Moins de six mois après l'accident de Fukushima, l'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a demandé à EDF de relever les normes de sûreté dans la construction de l'EPR de Flamanville (qui doit être le premier réacteur de troisième génération en fonctionnement à l'horizon 2016).

Les exigences de l'ASN toutes liées à Fukushima

Si l'ASN ne fait pas directement référence à l'accident japonais dans la lettre adressée à EDF la prise en compte des failles et défaillances qui ont conduit au plus grave accident nucléaire depuis Tchernobyl apparaissent en filigrane tout au long du document .

Ainsi, les "écarts" relevés sur le chantier par l'organisme de sûreté nucléaire concernent tout d'abord des "faiblesses" sur les filtres de la piscine de réserve d’alimentation en eau borée en cas de situation accidentelle. Un parallèle évident avec la fragilité structurelle des piscines de stockage de la centrale nippone qui ont causé les rejets radioactifs les plus importants.

Par ailleurs, l'ASN réclame également des ajustements sur des limitateurs de débit du système d’alimentation des générateurs de vapeur et sur des accumulateurs du système d’injection de sécurité en cas de perte du système de refroidissement. Deux points directement en cause dans l'accident de Fukushima.

Après Fukushima, vers plus de dialogue ASN/EDF ?

Le ton aurait-il changé entre l'ASN et l'opérateur publique en charge de l'ensemble du parc nucléaire hexagonal ? Dans sa lettre, envoyée au début de l'été mais parue cette semaine dans la presse, l'ASN demande en tout cas à EDF de "faire des efforts importants pour démontrer la qualité de la construction".

Il faut dire que l'organe de contrôle français est sorti renforcé de la crise japonaise. En se faisant tout d'abord connaître du grand-public par ses rapports sur l'évolution de la situation ; des rapports souvent plus détaillés et objectifs que ceux envoyés par les autorités japonaises. Et en devenant de facto la pierre angulaire de la crédibilité nucléaire française.

Ce n'est donc pas une surprise si l'ASN a rapidement haussé ses exigences en matière de sûreté nucléaire, sans même attendre les résultats de l'audit post-Fukushima réalisé à la demande du gouvernement.

A tel point que "l'ASN a demandé à EDF qu'aucune action irréversible ne soit engagée (sur les systèmes incriminés) avant que la qualité de la fabrication de ces matériels n'ait été démontrée. EDF ne peut pas monter ces systèmes-là sur le chantier de Flamanville avant d'avoir apporté l'ensemble des garanties que la qualité était assurée".

EDF a de son côté affirmé être en "contact régulier" avec l'ASN sur le dossier de l'EPR et être en passe d'apporter des réponses et des solutions aux divers écarts relevés par l'ASN.

EDF a répondu dès le mois derniers "sur certains points-clés" de la lettre de l'ASN et doit compléter ses réponses "dès la fin de la semaine". "L'EPR est un chantier particulièrement contrôlé par l'ASN", a expliqué un porte-parole d'EDF.

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