Ligue 1 : bilan à mi-parcours

Lille est champion d'automne, Lyon et Marseille déçoivent, Paris impressionne. L'issue du championnat est indécise, en haut comme en bas du tableau.

A l’issue de la 19e journée du Championnat de France de Ligue 1, Lille remporte le titre honorifique de champion d’automne. Cela n’était pas arrivé au club nordiste depuis 1949. Après des débuts poussifs (deux buts lors de ses quatre premiers matches), le LOSC, annoncé parmi les favoris de la compétition l’été dernier, a retrouvé son efficacité offensive. Meilleure attaque avec 33 buts malgré un match de retard, Lille compte dans ses rangs le meilleur buteur du championnat, Moussa Sow, qui en est déjà à 14 réalisations.

Un LOSC d’attaque

Autant dire que les nordistes s’affirment de plus en plus comme un candidat au titre. Rappelons néanmoins que l’an passé, Lille avait déjà la meilleure attaque à la trêve (37 buts), et qu’ils avaient échoué au pied du podium lors de la dernière journée. Cette saison, le LOSC est certes leader, mais son nombre de points est historiquement bas, ainsi que le rappelle aujourd’hui France football .

L’OM et l’OL pas au rendez-vous

Si Lille est champion d’automne avec un total aussi faible, c’est en grande partie grâce (ou à cause) de l’inconstance des deux Olympique, Lyon et Marseille, qui restent néanmoins les seuls à s’être imposés face au LOSC dans cette première partie de championnat (défaite 3-1 à Gerland face à l’OL lors de la 9ème journée, même score face à l’OM à Villeneuve d’Ascq lors de la 10e journée). Lyon et Marseille, qui étaient les deux principaux favoris au titre en début de saison, n’ont pas été à la hauteur des attentes placées en eux, comme l’a bien montré leur terne confrontation la semaine passée.

Des Marseillais fébriles

Certes, les Marseillais se sont bien ressaisis après un début de saison catastrophique . Ils ont réalisé quelques bonnes prestations. A Lille, justement, où leur deuxième mi-temps avait été bien maîtrisée, ou encore au Vélodrome face à Montpellier (4-0, 15e journée). Mais tout le reste des points pris par les Phocéens l’ont été laborieusement. Certes, Didier Deschamps a dû composer avec les blessures et les suspensions de joueurs importants (Diawara, Cissé, M’bia, Azpilicueta). Mais de plus en plus de questions se posent quant à la capacité de cet effectif à réaliser une bonne deuxième partie de saison, comme elle a pris l’habitude de le faire ces dernières années (l’OM comptait huit points de retard sur Bordeaux à la trêve la saison passée, avant de finir champion).

Des Lyonnais à retardement

Lyon semble aujourd’hui presque mieux armé que Marseille. Les Rhodaniens ont, eux aussi, loupé leur entame. Mais Claude Puel, dont les supporters n’ont cessé de demander la démission devant les mauvais résultats de l’automne, commence à être un peu plus serein. Des joueurs comme Makoun ou Gomis, que l’on n’attendait plus, se sont mis à être décisifs. Si Toulalan, Gourcuff ou encore Briand retrouvaient leur meilleur niveau lors des matches retour, il se pourrait que les Lyonnais soient durs à aller chercher. Ils disposent en effet d’un effectif assez impressionnant, le seul point noir restant sans doute la défense centrale, avec un Diakhaté relativement inquiétant.

Rennes et Paris en embuscade

La défense, c’est le point fort en revanche de Rennes, qui n’a encaissé que 12 buts lors de ces matches aller. Les Bretons pourraient sans doute être leaders, s’ils n’avaient pas commis l’erreur de se séparer l’été dernier d’autant d’éléments offensifs, et, notamment, de Moussa Sow, qui est aujourd’hui meilleur buteur de Ligue 1. Les Rennais doivent s’en mordre les doigts. A l’inverse, les Parisiens peuvent se frotter les mains d’avoir réalisé ce qui est peut-être la meilleur recrue de la Ligue 1 cette année : Nênê. Le Brésilien, transféré de Monaco pour moins de 6 millions d’euros, en est déjà à 13 buts en championnat. En comparaison, Gignac, qui a coûté le triple à Marseille, n’en a inscrit… qu’un seul ! Le PSG est d’ailleurs, avec Lille, Lyon, Marseille et Rennes, l’un des candidats sérieux au titre, au vu de cette première partie. Le club de la capitale a fait preuve de sérieux dans tous les domaines. Si Hoarau et Erding deviennent réguliers, et que Nênê reste à ce niveau, Paris sera dur à battre lors des matches retour.

Arles-Avignon a un pied en Ligue 2, personne ne veut l’accompagner

Des matches retour qui seront sans doute longs pour Arles-Avignon. Les Provençaux comptent déjà 11 points de retard sur Monaco, 17e. Le club de la principauté a d’ailleurs du souci à se faire, même s'il vient d’enchainer deux résultats positifs. Ce sera dur aussi pour Caen, qui, après un départ canon (victoires contre Marseille et Lyon), peine à trouver le chemin du succès. Celui acquis lors de la dernière journée face à Rennes va sans doute faire le plus grand bien à des Normands qui, du coup, vont commencer à inquiéter les premiers non relégables que sont Monaco, Valenciennes et Nice.

Comme dans le haut de tableau, la lutte pour le maintien s’annonce en tous cas serrée, et le seul enseignement de cette première partie de Ligue 1, c’est peut-être… qu’il n’y en a pas ! Sauf peut-être pour Daniel Riolo, qui, fidèle à lui-même, annonçait sur son blog à l’issue des matches aller : «cette dernière journée fut une sorte de raccourci de cette première partie de saison. Le niveau de L1 ne cesse de baisser».

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