Lyon tombera-t-il dans le piège tatar?

L'Olympique lyonnais affrontera le Rubin Kazan en tour préliminaire de Ligue des champions. Les deux équipes ont leurs chances.
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Pour la deuxième saison consécutive, le troisième du championnat français devra éliminer le troisième du championnat russe pour accéder à la phase de poules de la ligue des champions. L’an passé, Auxerre, qui ne partait pourtant pas forcément favori, avait bien géré sa double confrontation face au Zénit, ne perdant que par un but d’écart (1-0) à l’aller au stade Petrovsky, avant de s’imposer sereinement au retour (2-0) à l’Abbé Deschamps. Cette année, les Lyonnais devront imiter les Bourguignons, dans un contexte un peu différent puisque cette fois-ci le match retour aura lieu en Russie, et plus exactement au Tatarstan, à plus de 3000 kilomètres de la capitale des Gaules.

Le club qui a battu le Barça au Camp nou

Les Rhodaniens n’auront certainement pas la partie facile au stade central de Kazan, où le Fc Barcelone a été accroché lors des deux dernières saisons (0-0 en 2009, 1-1 en 2010). Le club phare du Tatarstan a pris l’habitude de faire parler de lui depuis quelques années en Ligue des champions, épreuve qu’il dispute pour la troisième fois consécutive. Pour sa première participation, le « rubis » avait réussi l’exploit retentissant de battre le Barça sur son terrain (2-1).

Se souvenir du Spartak plutôt que de Maribor

Cela dit, en termes de passé et d’expérience, l’OL surpasse largement son adversaire. Les Lyonnais ont été de toutes les ligues des champions depuis 2000, atteignant même les demi-finales de l’épreuve en 2010. La seule fois où ils ont croisé la route d’un club russe, c’était en 2001. Et à l’époque le Spartak Moscou s’était lourdement incliné à Gerland (3-0) avant de concéder le nul à domicile au retour. Les Rhodaniens préfèreront se souvenir de cette confrontation, plutôt que de leur dernière élimination en tour préliminaire de la C1 : c’était en 1999, et l’OL s’était fait piéger par les Slovènes de Maribor (0-1 à l’aller, 0-2 au retour).

En ligue des champions, les Français ont toujours éliminé les Russes

Si les clubs russes et ukrainiens ont pris l’habitude, ces dernières années, de piéger leurs adversaires français en Europa league (on se souvient notamment de Marseille, éliminé par le Zénit et le Shakhtar et de Paris, éliminé par le Dynamo Kiev en 2009), les confrontations franco-russes en Ligue des champions tournent en revanche systématiquement à l’avantage des Français, comme l’a encore montré l’édition 2010-11, qui a vu l’OM sortir le Spartak. Le passé plaide donc clairement en faveur de l’OL.

Pour la 1ère fois depuis 10 ans, l’OL n’est pas favori pour le titre en Ligue 1

Cela dit, les Lyonnais devront être prudents, car en face, leurs adversaires ont d’autres arguments. Tout d’abord, celui de la forme physique : le championnat russe, qui cette année est exceptionnellement long (du fait d’un passage au mode européen automne-printemps), a débuté depuis longtemps. A l’aube de la 19ème journée, qui a lieu ce week-end, le Rubin est 5ème à onze points du CSKA. Le club tatar jouera certainement la 3ème place, déjà conquise la saison passée. Les Lyonnais, eux, entament le championnat ce samedi, avec, pour la première fois depuis presque dix ans, un statut d’outsider plutôt que de favori.

Vu de Russie : « les lions modestes »

Les journalistes russes, d’ailleurs, n’ont pas manqué de souligner cette nouveauté. Ainsi, à l’annonce du tirage, le site sportbox.ru publiait aujourd’hui un article intitulé : « des lions modestes ». L’auteur, Denis Petrov, y note que l’OL n’a réalisé aucun transfert à l’intersaison, et qu’il a perdu des joueurs importants comme Toulalan ou Delgado. Petrov remarque aussi que lors des matches amicaux disputés cet été par les Lyonnais, ces derniers n’ont pas réussi à prendre la mesure d’adversaires à priori plus faibles (Salsbourg et Genk), mais se sont imposés face au vainqueur de l’Europa league (Porto). Le journaliste prévient tout de même : « l’an passé à ce stade de la compétition le Zénit n’avait pas réussi à passer l’obstacle auxerrois. Cette année, l’adversaire du Rubin est autrement plus sérieux ». L’occasion de rappeler à ses compatriotes qu’ils ont une revanche à prendre, et un mauvais tour à jouer au club de Jean-Michel Aulas, qui supporterait sans doute très mal une élimination prématurée.

Le Rubin joue pour la Russie

Le site du journal Izvestia rappelle quant à lui que le Rubin a devant lui une « chance historique » : en cas de qualification des Tatars, la Russie aurait pour la première fois trois de ses représentants en phase de poules de la C1. « On va donc supporter l’équipe de Kazan dans toute la Russie, peut-on lire plus loin, et surtout à Saint-Pétersbourg ». En effet, le Zénit figure actuellement dans le 3ème chapeau pour les tirages au sort des phases de poule. En cas d’élimination des Lyonnais, il passerait dans le 2ème.

La Russie et Kazan attendent donc avec impatience cette double confrontation (le match aller aura lieu le 16 ou le 17 août, le match retour une semaine plus tard). Après leur belle victoire au tour précédent face au Dynamo de Kiev (2-0 à l’aller, 2-1 au retour), les protégés de Kourban Berdyev ont hâte de « se mesurer à un adversaire aussi sérieux que Lyon », comme le confiait l’attaquant du club Igor Lebedenko au site sport-express.ru

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