Hegalaldia, 11 ans au service de la faune basque

Basé à Ustaritz au Pays basque et couvrant trois départements du sud-ouest de la France, le centre Hegalaldia travaille à la protection de la faune sauvage.

"On parle de plus en plus de protection de l'environnement, mais dans les faits ça avance encore lentement". Le constat est sans appel et justifie largement une action de terrain pour faire changer les choses. C'est en tout cas la certitude de Stephan Maury et des adhérents de l'association Hegalaldia -"envol" en basque- qui depuis 11 ans recueillent et soignent des animaux, notamment des oiseaux, bien souvent impactés par des activités humaines.

"Nous intervenons sur environ 1000 oiseaux chaque année. Nous sommes aussi engagés dans des programmes européens de réintroduction du vautour et nous sommes de plus en plus présents sur le terrain de la sensibilisation du public et des dirigeants", détaille Stephan Maury.

En concertation avec tous les acteurs du monde de l'environnement -des écologistes aux chasseurs en passant par les pêcheurs, les services techniques des mairies ou les agriculteurs- Hegalaldia a plusieurs angles d'attaque pour éviter que l'urbanisation ne fasse trop de victimes dans la population avicole notamment. Ainsi, l'association défend l'idée que les municipalités pourraient adopter une gestion plus "durable" de leurs espaces verts.

Avec des arguments qui pourraient bien faire mouche : "Si les services utilisaient moins de produits phyto-sanitaires, ils feraient des économies d'argent, de temps de travail des employés, et protégeraient la nature et ses habitants", assure Stephan Maury. Voilà le genre de mesures qui pourraient bien s'intégrer dans une démarche d'Agenda 21 très en vogue dans les communes de la côte basque notamment. D'ailleurs, ce n'est certainement pas un hasard si c'est la ville de Bayonne qui a reçu récemment le prix de "Capitale de la biodiversité", qui récompense notamment le projet d'éco-quartier défendu par la mairie.

La montagne basque peu respectée

Le développement des villes n'est pas le seul à menacer la faune sauvage. "De loin, on a l'impression que la montagne est propre. Mais nous recevons beaucoup d'oiseaux d'altitude qui sont blessés par des capsules de cannettes ou des bouts de plastique ingérés dans les sommets", s'insurge Stephan Maury.

Pour garantir une présence de l'association sur tous les fronts, Hegalaldia a mis en place un réseau d'"ambulanciers", des bénévoles qui peuvent recueillir les oiseaux blessés là où ils vivent, et à qui des animaux peuvent être amenés, et qui les transportent ensuite au centre d'Ustaritz. Le déploiement de ce maillage sur trois départements -Pyrénées-Atlantiques, Landes et Haute-Pyrénées- permet de renforcer l'efficacité des actions. Mais le chemin est encore long pour garantir aux oiseaux de pouvoir voler en paix.

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