Jiaogulan, le thé de l'immortalité

Le jiaogulan est une plante adaptogène réputée pour soigner les maux les plus variés. En Chine, il est surnommé "thé de l'immortalité".
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Le jiaogulan, Gynostemma pentaphyllum , est une plante grimpante originaire du sud de la Chine, dans une région où la médecine traditionnelle chinoise a une grande influence et est très développée. Elle est traditionnellement utilisée dans ces régions pour améliorer le « yin » et soutenir le « yang ». Sa consommation sous forme de thé augmente la résistance aux infections et est anti-inflammatoire.

Le jiaogulan est considéré comme le « ginseng du sud », car il permet de retrouver force, endurance, concentration, énergie et soulage la fatigue. Les fermiers qui travaillent les terres fertiles de cette région en sont des consommateurs quotidiens et nomment cette plante « l'herbe de l'immortalité ».

En 1972, un groupe de chercheurs chinois ont réalisé une étude sur certains villages de la province du Yunnan, consommateur de jiaogulan, pour étudier ses effets thérapeutiques. Ils ont constaté que sur la période d'étude, 547 villageois souffrant de rhumes, bronchites ou fièvres ont été soignés par la simple consommation de cette plante. Suite à cette étude, le jiaogulan est officiellement rentré dans le dictionnaire médical chinois comme médicament.

Une légende raconte qu'un village près de la montagne Fanjing, dans la province du Guizhou, aurait le plus grand nombre de centenaires de Chine. La particularité de ce village est que ses habitants consomment du thé de jiaogulan depuis plusieurs générations.

Au Japon, cette plante fut principalement utilisée comme plante à sucre, en remplacement du sucre raffiné et des édulcorants. La feuille, bien que légèrement amère, a un goût sucré.

De nombreuses études ont été menées au Japon dans les années 70 pour trouver des plantes de substitution au sucre. C'est lors d'une de ces études, menées de 1969 à 1971, que le professeur Nagai de l'Université pharmaceutique Hoshi, a trouvé dans le jiaogulan une grande quantité de saponine, environ 4 fois plus que dans le ginseng, soit 82 saponines alors que le ginseng en contient 22. Cette saponine contenue dans le jiaogulan est connue sous le nom de gypenosides et est très proche des panaxosides trouvés dans le ginseng. La saponine est une substance bénéfique pour la santé, car elle des effets antibactériens, anti-inflammatoires, antifongiques, calmants, atténue la douleur, améliore le système immunitaire...

Cette découverte a ouvert le chemin à d'autres chercheurs japonais qui se sont penchés sur les effets thérapeutiques du jiaogulan. Le Dr Tsunematsu Takemoto, de la société japonaise de pharmacologie de Hiroshima, a trouvé les propriétés médicinales du jiaogulan aujourd'hui reconnue en Asie.

Les propriétés médicinales du jiaogulan

Le jiaogulan aide à réguler le cholestérol sérique, les triglycérides, le LDL (mauvais cholestérol) et HDL (bon cholestérol ). Il permet de maintenir un niveau normal de pression artérielle chez les personnes souffrant d'hypertension en libérant de l'oxyde nitrique qui augmente la souplesse des artères et facilite les contractions du muscle cardiaque ce qui permet de prévenir les maladies cardio-vasculaires, mais également d'améliorer les performances sportives des athlètes.

Il renforce l'action du système digestif, favorise l'absorption des nutriments et permet de réguler le poids des personnes souffrant d'obésité. Le thé de jiaogulan est utilisé pour détoxifier l'organisme et renforcer l'action du métabolisme. Dans le cadre d'un régime, il lutte contre la cellulite et favorise la perte de poids à la fois par son action sur le système digestif, mais aussi en favorisant la résistance psychologique ( il permet de limiter l'envie de grignoter notamment des aliments gras et sucrés et réduit la fatigue liée à un régime).

Comme le ginseng, le jiaogulan augmente, l'endurance physique et psychologique, la concentration, donne au corps tonus et énergie.

Il s'agit d'une plante adaptogène, c'est-à-dire, qui aide a résister aux stress physiques et psychologiques subits par un individu. Elle est à la fois stimulante et calmante. Elle est prescrite en cas d'insomnie, d'asthénie et d'anxiété.

Le jiaogulan permet également de booster le système immunitaire grâce à la présence d'agents chimiques augmentant la production de lymphocytes, de phagocytes, et de sérum IGG. Le thé est utilisé en cas de rhumes, fièvres, bronchites, grippes, mais également en Asie pour lutter contre les effets secondaires de la chimiothérapie, améliorer l'action des médicaments contre le VIH et prévenir les cancers.

Cette plante contient des antioxydants qui ont un rôle important contre les radicaux libres. Les radicaux libres peuvent être à l'origine de cancers, de maladies cardio-vasculaires et accélèrent le vieillissement de la peau.

Consommer du jiaogulan

Ce sont les feuilles qui sont employées pour le thé. Elles ont un goût amer et sucré. Ces qualités gustatives sont discutables et il est parfois utile de le mélanger à d'autres plantes pour atténuer l'amertume.

Il est conseillé de consommer 2 à 3 tasses par jours pour ses vertus thérapeutiques, mais également en prévention de certaines maladies.

La façon la plus courante de trouver cette plante est sous forme de feuilles séchées, mais il existe également des gélules concentrées.

Veillez a ce que seules les feuilles soient utilisées, car les tiges n'ont aucun effet. Le prix est variable et on trouve parfois des écarts allant du simple au double. Le prix moyen pour 100 grammes est de 15 euros.

Cultiver le jiaogulan en France ?

Il est possible de cultiver cette plante en France, en intérieur ou en extérieur.

Il faudra lui choisir un endroit à l'ombre, frais et humide pour qu'elle se développe. Un terreau riche et régulièrement enrichi est nécessaire ainsi qu'un arrosage quotidien en été.

Elle résiste jusqu'à des températures de -15°C et peut donc s'adapter à une vie en extérieur.

Pour en savoir plus

Jiaogulan : China's "immoratality" herb de Jialiu Liu et Michael Blumert (uniquement en anglais)

Jiaogulan de Lambert M. Surhone, Miriam T. Timpledon et Susan F

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