OGM : Où en est la recherche? Quels impacts sur notre santé?

Les OGM, présents depuis plusieurs années dans l'agriculture, sont-ils un danger pour notre santé? Quels sont les risques potentiels?

Les sociétés en agro-biotechnologie présentent les OGM comme un remède à la faim dans le monde, réduisant la pénibilité du travail des agriculteurs et sans danger pour l’environnement et l’homme. Mais quand est-il réellement ?

Les risques allergiques

Beaucoup d'enfants aux États-Unis et en Europe ont développé une allergie alimentaire. Il est possible que l'introduction d'un gène dans une plante puisse créer un nouvel allergène ou provoquer une réaction allergique chez les personnes sensibles.

Des tests approfondis des aliments génétiquement modifiés sont nécessaires pour éviter tous préjudices aux consommateurs souffrant d'allergies alimentaires. L’étiquetage des aliments génétiquement modifiés est donc indispensable.

Des effets encore inconnus sur la santé humaine

Il est naturel de s’inquiéter des effets secondaires que pourrait entraîner la consommation d’aliments génétiquement modifiés. Une étude menée en 1998 par Arpad Pustzai, chercheur à l’Institut Rowett à Aberdeen au Royaume-Uni, a montré que la consommation de pommes de terre génétiquement modifiées chez les rats entraînait une inflammation de l’intestin. Cette étude a été critiquéee, car le gène introduit dans les pommes de terre est celui de la lectine, une substance connue pour être toxique à grande dose. Les scientifiques qui ont créé cette variété de pommes de terre ont choisi d'utiliser le gène de la lectine pour tester la méthodologie, et ces pommes de terre n'ont jamais été destinées à la consommation humaine ou animale.

Les OGM présentent-ils un avantage pour les agriculteurs ?

Faire un aliment OGM est un processus long et coûteux. Les entreprises d’agrobiotechnologie ont la ferme intention d’obtenir un retour sur investissement. Beaucoup de ces semences ont été brevetées et la contrefaçon de ces brevets est l’une des préoccupations premières de ces laboratoires.

Nombre d’agriculteurs pensent que ces brevets vont faire augmenter le prix des semences, creusant davantage l’écart entre riches et pauvres. En effet, les semences étant brevetées, il est interdit de les réutiliser pour les semer l’année suivante. Les cultivateurs sont donc contraints au rachat de nouvelles semences chaque année. Impensable pour les agriculteurs du tiers monde !

En fait, les OGM n’augmentent pas la productivité, ils facilitent le travail des agriculteurs grâce à leur résistance à la sécheresse, aux maladies ou aux insectes.

Enfin….presque ! Une étude menée en 1999 par l’université de Georgie montre que le soja round-up ready a 20% de lignine en plus que le soja cultivé en agriculture traditionnelle. La lignine provoquant un asséchant du soja, les pertes ont été de 40% cette année-là. Autre étude, en 2000 le journal « coton science » a affirmé que le coton issu de biotechnologie était plus sensible à un nématode, ravageur du coton.

Un remède miracle contre la faim dans le monde…

A-t-on vraiment besoin de cultures génétiquement modifiées et brevetées pour lutter contre la faim dans le monde ?

La famine et la malnutrition sont des problèmes réels causés par la distribution inégale des richesses et non par la pénurie alimentaire. Selon un rapport du programme alimentaire mondial de l’ONU, il y a actuellement suffisamment de ressources alimentaires pour nourrir tout le monde.

800 millions de personnes souffrent de problèmes de malnutrition parce qu’ils n’ont pas accès à la nourriture où à une terre cultivable. Pendant ce temps, 48 milliards de kilos de nourriture sont gaspillés tous les ans aux États-Unis…

La réglementation européenne

La façon dont les gouvernements ont réglementé les aliments génétiquement modifiés est très variable. Dans certains pays, les OGM ne sont pas encore réglementés.

L’Union européenne a mis en place un cadre juridique à la réglementation des OGM dans l’alimentation humaine et animale. Ce cadre juridique a pour objectif d'assurer un niveau élevé de protection de la vie humaine, l'environnement et les intérêts des consommateurs, tout en veillant à ce que le marché intérieur fonctionne efficacement. Le règlement est complété par la traçabilité et l'étiquetage des OGM mis sur le marché. L'étiquetage est exigé même si la teneur en OGM ne peut être détectée dans le produit final. C'est pourquoi tous les producteurs, les fournisseurs et les détaillants doivent informer leurs acheteurs si des OGM ont été utilisés dans leurs produits. Pour ce faire, les intervenants doivent mettre en place des systèmes de conservation et de partage de l'information et de documentation. L'obligation de tenir des registres et de permettre la traçabilité est déclarée dans le règlement de l'UE (1830/2003).

Alors, doit-on avoir peur des OGM ? Après le scandale de la vache folle, du poulet à la dioxine ou du poisson au mercure, il est normal d’avoir peur de retrouver des aliments génétiquement modifiés dans nos assiettes. À ce jour, aucune étude ne montre la dangerosité sur la santé de l’homme, mais aucune étude ne prouve le contraire…On est donc dans le flou le plus total en matière de santé publique.

On connaît déjà les effets néfastes des OGM sur notre environnement : transfert de gènes, résistance aux pesticides, destructions d’espèces. Face à ce constat, la plus grande prudence s’impose.

Pour approfondir :

http://ogm.gouv.fr/

http://www.ogm.org/

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