Pourquoi pleure-t-on quand on est triste? Le mécanisme des larmes

Quelle est la cause biologique, comportementale et physiologique des pleurs ? Pourquoi pleure-t-on ? Voici quelques pistes...
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Mais pourquoi pleure-t-on quand on est triste ? « Bah, parce qu'on est triste... », aurait-on tendance à répondre. Et bien, ce n'est pas si simple... Beaucoup de phénomènes entrent en compte et les pleurs ont un rôle bien précis.

Les différents types de larmes

Il existe trois types de larmes

  • Les larmes de lubrification qui servent à hydrater la cornée, à lubrifier l'œil et à éliminer les poussières.
  • Les larmes de réflexe sont liées à une irritation de l'œil par des substances ou des particules irritantes (oignon, sable, produit chimique...). Il s'agit d'une réaction d'urgence. Elles peuvent également être causées par un fort éblouissement, des baillements ou une forte toux.
  • Les larmes émotionnelles sont une augmentation des sécrétions lacrymales en cas de stress émotionnel fort. Ceci ne se limite pas aux émotions négatives, nous pleurons aussi de joie. Elles sont généralement accompagnées d'autres signes de trouble comme un rougissement, une respiration convulsive, des spasmes ou des tremblements. Si on ne connaît pas exactement l'origine et la cause des larmes émotionnelles, on sait néanmoins que ce type de larme contient des protéines et des hormones, dont la prolactine qui est liée au stress et des corticotrope qui sont des analgésiques naturels. Ces analgésiques nous procureraient une sensation apaisante.

La théorie évolutionniste

Dans l’expression des émotions chez l'homme et les animaux, Darwin explique que les cris et les larmes peuvent être favorisés par la sélection naturelle, car ils provoquent un comportement d'aide chez le spectateur.

Pleurer «imite» certaines des caractéristiques perceptibles d'un bébé qui vient de naître comme par exemple, le visage humide, les expressions du visage (crispations, spasmes) et une respiration haletante et bruyante. Les parents sont «programmés» par l'évolution pour sentir la nécessité d'aider et de protéger leur bébé quand ils le voient ou l'entendent pleurer.

Par conséquent, pleurer serait une sorte d'instinct de survie, un appel à l'aide destiné à l'autre.

Pleurer nous fait du bien...

On l'a vu, les larmes des pleurs émotionnels libèrent un analgésique naturel qui nous soulage, mais ce n'est pas tout ! Pleurer permet également de libérer les tensions nerveuses, le stress et les angoisses accumulées. Nous nous sentons soulager et plus calmes après une crise de larmes. Pleurer est donc positif, car c'est une preuve que notre psychisme réagit face au stress.

Certaines thérapies, comme la thérapie primale, pratiquent des séances de pleurs pour soulager l'état émotionnel des patients.

Pourquoi les femmes pleurent-elles plus que les hommes ?

Cela peut paraître sexiste de penser que les femmes pleurent plus que les hommes, mais c'est pourtant un fait scientifiquement prouvé... D'après Alain Braconnier auteur de Sexe des émotions , les femmes pleureraient en moyenne cinq fois plus que les hommes.

Cela serait dû à plusieurs facteurs

  • Biologique : La prolactine, hormone que l'on retrouve dans les pleurs émotionnels est présente en plus grande quantité chez la femme, elle est d'ailleurs responsable de la lactation.
  • Culturelle : Très tôt, les parents tolèrent mieux les pleurs chez la petite fille que chez le petit garçon. Chez le garçon, les pleurs sont associés à la faiblesse et son négatif, alors que chez la fillette, les pleurs apparaissent comme «normaux».
  • Émotionnelle : Hommes et femmes n'expriment pas leur émotion de la même façon. Ainsi, en cas de stress émotionnel, l'homme a tendance à l'impulsion et la colère alors que la femme a tendance à s'angoisser et à pleurer.

Donc, si vous avez envie de pleurer, ne vous privez pas, cela aura une action positive sur votre moral !

Pour en savoir plus, vous pouvez consulter :

L’expression des émotions chez l'homme et les animaux de C. Darwin (Friedman Julian, 1979)

La sélection naturelle et l'origine et l'évolution des pleurs chez l'homme d ’A. Montagu (Science, 1959)

Sexe des émotions d’Alain Braconnier (Odile Jacob, 1996).

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