William Bradford: aux sources de la littérature américaine

Passager du Mayflower, Bradford fut le chef de la colonie de Plymouth (Massachussetts): il fut le chroniqueur de l'arrivée des colons en Amérique après 1620
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Considéré comme l'un des ancêtres de la littérature américaine, l'anglais William Bradford fut avant tout le chef de la colonie de Plymouth, débarquant du Mayflower en 1620. On lui attribue également la fondation de l'institution de Thanksgiving et l'invention du terme "Pilgrim Fathers" : présentation de la vie de ce chroniqueur qui nous plonge aux sources de l'histoire des Etats Unis d'Amérique.

William Bradford et les pèlerins du Mayflower: arrivée des premiers colons ou Pilgrim Fathers

Evoquer la vie de William Bradford, c'est se pencher sur l'histoire de la petite centaine de passagers embarqués pour une longue traversée vers l'Amérique à bord du Mayflower.

Né le 19 mars 1590 dans le Yorkshire, en Angleterre, son enfance fut tissée de souffrances et de deuils. Une longue maladie le tourna vers la lecture assidue de la Bible en le détournant de la vie de fermier qui lui était dévolue. Très jeune, William devint membre de "l'église séparatiste", un mouvement protestant refusant d'intégrer l' Eglise anglicane .

Les persécutions lancées par le Roi Jacques I contre ces mouvements séparatistes poussa Bradford et ses compagnons à gagner Amsterdam en 1608, puis Leyde. Devenu tisserand, William se maria avec Dorothy May. La congrégation séparatiste à laquelle Bradford appartenait négocia alors avec la couronne anglaise le droit d'aller s'établir dans une colonie en Amérique: un petit groupe issu de la congrégation, dont Bradford et sa femme, se joignirent à d'autres colons anglais à bord du Mayflower.

Le journal de Bradford : History of Plymouth Plantation, chronique de l'installation des Pères Pèlerins

Le journal intime de William Bradford est l'un des seuls récits contemporains de l'installation des Pilgrim Fathers dans la colonie de Plymouth après l'arrivée mythique du Mayflower. Ecrit sur une longue période de temps, entre 1620 et 1647, le journal de Bradford prend des allures de chronique : Bradford commence par un retour aux sources en revenant a posteriori sur les motivations de la congrégation de Leyden pour ce départ en Amérique dès 1608.

Mêlant chronique rigoureuse des faits et interprétation des événements, ce récit nous livre tout l'univers intérieur des Pilgrim Fathers et leurs réactions à l'installation dans la colonie de Plymouth.

Bradford, réélu 30 fois à la tête de la colonie de Plymouth, a conscience d'écrire ce journal pour les descendants des colons, sans toutefois bien évidemment imaginer la portée historique de son récit si importante pour les origines des Etats Unis d'Amérique qui se réfèreront sans cesse lors de leur fondation à l'esprit des Pères Pèlerins.

Bradford raconte également les rapports avec les "natives", les peuples autochtones de la colonie de Plymouth : il raconte notamment le traité de paix conclu avec la tribu des Pokanoket en 1621, ou les premières célébrations de "Thanksgiving", en action de grâce pour avoir survécu au premier hiver si terrible qui avait fauché près de la moitié des 102 premiers colons du MayFlower. Cette fête religieuse d'action de grâce" fut institutionnalisée en fête civile de la colonie par Bradford, témoignage de l'étroite union entre l'aspect civil et religieux de cette colonie dès les origines.

Reflétant par son style simple, dépouillé, austère parfois, l'état d'âme profondément religieux de ses compagnons, William Bradford tisse également son récit de citations bibliques et de considérations personnelles pour édifier les générations futures. Bradford est mort en 1657, ayant passé près de 30 ans à la tête de la colonie de Plymouth.

On trouve le texte de History of Plymouth Plantation sur Google Books, ici .

Sources :

Article "Pilgrim Fathers", Encyclopedia Universalis, Bernard Roussel.

F. Grellet, An Introduction to American Literature , HU.

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