A Tunis, l'opposition se rassemble

Le lundi 26 décembre, à l'initiative d'une association nommée Esprit Citoyen et de son Président, les forces de l'opposition tunisienne se réunissaient
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Dans un palace de la banlieue de Tunis, à l’invitation répétée depuis plusieurs mois de l’Association Esprit Citoyen, et de son Président, Dr. Mohamed Issaoui, les principaux partis de l’opposition tunisienne se sont réunis pour tenter de mettre en place un projet de fusion pour former un parti unique dont la base commune d’idéologie serait basée sur le progressisme et pour contrer le parti Ennadha, grand vainqueur des élections constituantes du 23 octobre dernier.

Un parti unique : une urgence pour le Président d’Esprit Citoyen

Dr. Mohamed Issaoui insistait sur l’urgence d’un tel parti à mettre en place : « Faisant partie de la Société civile, nous avons toujours œuvré pour une alliance entre les grands partis politiques progressistes. Déjà, fin avril, nous avions organisé une réunion avec les chefs de partis du Centre dans la perspective qu’il y ait une coalition. Ils ont refusé cette proposition. On a renouvelé cet appel trois jours avant les élections du 23 octobre. Un meeting qui a réuni des milliers de personnes avec la présence des partis du Centre. En vain. Maintenant nous relançons cette initiative car le temps presse et l’avenir du pays en dépend. On ne veut pas se contenter d’un front mais bien d’un parti unique qui réunirait tous les partis progressistes dans un seul bureau politique avec présentation des programmes politiques, économiques et sociaux. C’est toute la Société civile qui tire la sonnette d’alarme et convie les leaders des partis du Centre à travailler ensemble dans un corps unique."

Une assemblée constituée des quatre partis d’opposition

A part de nombreuses personnalités politiques et associatives, tous les ténors des grands partis de l’opposition étaient présents : les sociaux-démocrates, Maya Jribi – ovationnée dès la lecture de son nom - et Ahmed Néjib Chebbi du PDP (Parti Démocratique Progressiste), les libéraux représentés par Mohamed Louzir du parti Afek Tounes qui déclarait que sans rassemblement de toutes les forces de l’opposition, le parti Ennadha « risquerait de gouverner le pays pendant les vingt années à venir ».

Fadhel Moussa, du PDM (Parti Démocratique Moderniste) attirait quant à lui l’attention sur le fait que ce nouveau parti devrait recevoir une coloration de gauche pour mieux lutter contre Ennadha sur le parti social.

Le principal obstacle, et sans doute le plus complexe, à la constitution de ce parti unique a été clairement abordé par le Président d’Esprit Citoyen, Dr. Mohamed Issaoui : il s’agit de celui de la gestion des égos lorsqu’on rassemble autour d’une même table différents partis dont chaque leader espère affirmer sa domination dans la mise en place de ce parti unique.

Jawher Ben Mbarek, (Parti Doustourna) de son côté saluait l’initiative pour favoriser ce rapprochement entre les partis d’opposition mais demandait de rapidement sortir du « huis clos » de Tunis pour atteindre toutes les régions de la République.

Un rassemblement élitiste selon les facebookeurs tunisiens

D’ailleurs, pour confirmer cette peur d’élitisme, les facebookeurs tunisiens n’hésitaient pas, dès le lendemain du meeting, à traduire leur déception devant un meeting qu’ils considéraient comme un rassemblement de bourgeois dont les attentes n’avaient rien à voir avec celle du peuple tunisien. Le choix d’organiser ce meeting dans l’un des plus beaux palaces de la capitale était aussi fortement décrié. ( page Facebook )

Rappelons que la division des partis avant les élections constituantes du mois d’octobre, avait coûté à l’opposition 1,3 millions de votes partis en fumée à cause de la proportionnelle.

( Vidéo Meeting )

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