Boris Boillon fait de plates excuses à la Tunisie

L'ambassadeur de France en Tunisie a été obligé de s'excuser après sa prise de fonctions ratée.

Samedi 19 janvier, l’ambassadeur de France en Tunisie, qui avait présenté ses lettres de créance le mercredi 16 janvier, a dû présenter ses excuses au peuple tunisien sur la télévision nationale.

Lors d’un déjeuner de presse ( voir article ) qu’il avait lui-même organisé à sa résidence à la Marsa, près de Tunis, il avait en effet répondu à la presse d’une manière qui avait été qualifiée d’ « agressive » et de « mal élevée » par les Tunisiens dont plusieurs centaines demandaient, ce vendredi 18 janvier, son départ en manifestant devant l’ambassade de France.

L’ambassadeur préfère faire profil bas

Sur la télévision nationale, samedi soir, Boris Boillon a déclaré en arabe : « Je m'excuse auprès des journalistes et de tous les Tunisiens. S'ils ont pris mes réponses comme une manière de répondre de façon hautaine, je le regrette et je suis vraiment désolé et je présente toutes mes excuses à tout le peuple tunisien. J'ai une énergie et une volonté bien déterminée de promouvoir des relations bilatérales. J'ai été spontané plus que je n'aurais dû l'être. Dorénavant, je dois parler de manière plus polie ».

Un peu plus tôt, répondant à l’Agence France-Presse, Bernard Valero, porte-parole du ministère des Affaires étrangères à Paris, avait mis en avant le « dynamisme » de Boris Boillon, le considérant comme « un gage de résultat dans cette période cruciale où nos relations sont en train de prendre un nouvel élan ».

Le porte-parole rappelait la feuille de route du nouvel ambassadeur : « Accompagner la Tunisie sur le chemin de la démocratie et du développement ».

Des relations à retisser entre la France et la Tunisie

Très critiquée pour son incapacité à juger la gravité de la situation en Tunisie, la France subit aussi les remous de l’affaire MAM ( voir article ) et ses multiples rebondissements qui enlisaient de plus en plus la ministre des Affaires étrangères dont la côte de popularité est au plus bas en Tunisie.

Pierre Menat, l’ex ambassadeur de France en Tunisie avait annoncé à Paris le 14 janvier, alors que la révolution tunisienne était à son climax, que la « situation était sous contrôle ». Une erreur d’appréciation dont il avait fait les frais en étant rappelé à Paris. Il vient d’être nommé ambassadeur à La Haye.

Son remplaçant, Boris Boillon, 41 ans, occupait, avant son arrivée à Tunis, les fonctions d’ambassadeur en Irak. Promu chevalier de la légion d’honneur le 31 décembre 2010, le diplomate se présente lui-même comme un produit « Sarko ».

Boris Boillon aura sans doute beaucoup à faire pour améliorer la qualité des relations diplomatiques entre la Tunisie et la France, handicapée par tous les malentendus d’un certain nombre de politiques de tous bords avec l’ancien régime, et par les relations floues que certains d’entre eux entretenaient avec les proches du président déchu.

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