La grenade, le fruit détonnant plein de surprises

La grenade est plus connue sous sa forme de sirop de grenadine que de fruit frais. Pourtant, ce fruit bourré d'antioxydants réserve bien des surprises.
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Et si Eve avait mangé une pomme grenade avant de la donner à son compagnon Adam ? Elle l'aurait cueillie sur l'arbre de la connaissance, un grenadier... Une possible interprétation de la Bible, mais qui donne tout son sens au "sacré' de la grenade qui "contient sous une écorce unique un grand nombre de grains, de même l’Église unit dans une seule croyance des peuples divers… » (Pères de l'Église)

Les Égyptiens, tout comme les Grecs ou les Romains, connaissaient depuis longtemps ce fruit aux multiples bienfaits.

On la cultive depuis des siècles sur tout le bassin méditerranéen, mais aussi en Asie Centrale (son berceau) et occidentale, et en Indonésie. En Tunisie, ce fruit occupe une place aussi importante sur les étals des souks que les dattes, les figues ou les raisins.

Un grenadier pourrait raconter de longues histoires, car il peut vivre jusqu’à deux cents ans ! 840, c’est le nombre de graines contenues dans chaque grenade ! Un chiffre mystérieux qui en rajoute à ce fruit hautement symbolique dans toutes les civilisations.

L’histoire et la symbolique de la grenade

Déjà célébrée dans la Grèce antique, le Troyen Pâris donna une grenade à Aphrodite pour célébrer sa beauté. Chez les Phéniciens, elle représentait la fécondité comme dans de nombreuses autres civilisations.

La grenade fut sans doute l’un des premiers fruits à être domestiqué, il y a plus de 6000 ans. Les Assyriens la considéraient comme un fruit sacré tandis que les Égyptiens, s’ils ne la buvaient pas sous forme d’un vin lourd, la stockaient avec le matériel funéraire de leurs morts.

Les Étrusques la représentaient sur leurs peintures, entourée par des galettes de blé et des grappes de raisin. Les Romains l’appelaient en latin, punica , car ils croyaient que c’était un fruit punique. En Orient, la peau de la grenade (une fois les fruits cuits) servait à teindre la laine et la soie.

Dans le langage hébreu, la grenade se dit rimon : le mot signifie élévation . Il symbolise la fécondité, mais aussi l’unité du peuple du fait que les grains sont serrés entre eux.

Les Maures l’introduisirent en Espagne où une ville, Grenade, porta bientôt son nom. Au Moyen-âge, elle servait de vermifuge contre les vers solitaires lorsqu’on faisait bouillir sa racine, son écorce et sa peau.

Dans les trois religions monothéistes, la grenade est un symbole récurrent : par exemple, chez les Musulmans, on la considère comme un remède contre la haine et l’envie tandis que chez les Chrétiens, elle incarne la perfection divine.

Les enfants du monde entier connaissent la grenade, à travers le sirop de grenadine, fabriquée auparavant dans l’île de Grenade, aux Caraïbes, à partir du fruit. De plus en plus, le sirop de grenadine industriel est maintenant fait à partir de fruits rouges et ne mérite plus son nom !

Un fruit qui ne mûrit plus après sa cueillette

Le grenadier est un petit arbre à feuilles caduques qui pousse dans toutes les régions tropicales et sub-tropicales. Ses fleurs, solitaires ou regroupées, sont d’une jolie couleur rouge orangé.

La grenade est un fruit rond, au goût sucré et acidulé, qui peut facilement atteindre une dizaine de centimètres de diamètre. A l’intérieur, ses multitudes de graines sont logées dans des espaces délimités par des cloisons épaisses. Ces graines (ou arilles, leur nom botanique) sont enrobées d’une pulpe gélatineuse composant l’élément comestible du fruit.

De couleur verte à rouge orangé, selon la maturité, sa peau épaisse protège le fruit du dessèchement et permet de conserver son jus désaltérant, qualité très appréciée du temps des caravaniers qui traversaient les déserts sous des températures de braise.

La grenade a la particularité de ne pas continuer à mûrir après sa cueillette. Justement, pour être sûr de choisir une grenade bien mûre, il faut d’abord observer son écorce qui doit être lisse et brillante, et revêtir les tons d’un beau rouge profond. Si elle émet un son métallique lorsque vous la frappez du plat de la main, cela constituera une preuve supplémentaire de sa maturité. Plus la grenade est lourde, plus elle sera juteuse.

La grenade, un puissant antioxydant

Riche en potassium, en calcium, en fer, en vitamines B5, B6 et C, le fruit du grenadier est également l’un des plus puissants antioxydants. Ses polyphénols sont contenus à la fois dans ses graines et dans ses membranes blanches. Ses vertus antioxydantes peuvent se comparer à celles du thé vert.

Le jus de grenade permet de profiter au maximum de tous ses bienfaits. Le boire à même le fruit est la meilleure recette : il suffit de le rouler avec l’aide de la main sur un plan de travail pour enlever les arilles sans abîmer l’écorce. Après avoir fait un trou à l’extrémité du fruit, aspirer le jus avec une paille.

Plus de 250 recherches scientifiques portant sur des cultures cellulaires et des animaux font penser que la grenade pourrait aussi constituer un remède efficace contre certains cancers. Le jus de grenade, surtout fermenté, parait également être recommandé pour réduire les maladies cardio-vasculaires.

On lui prête d’autres bienfaits : elle augmente la libido et réduit les problèmes d’érection, elle montre son efficacité en cas de fièvre, diarrhées et coliques, elle soigne les toux persistantes en vermifuge.

(Source : passeportsante.net )

Les différentes façons de consommer la grenade

Comment retirer les graines facilement ?

Avec un couteau, enlevez les deux extrémités de la grenade, découpez-la en 4 ou 5 quartiers. Placez-les dans un bol d’eau et grattez-les délicatement pour libérer toutes les graines. Une fois les graines évacuées, il suffit de retirer les morceaux de membrane blanche qui flottent. Versez les graines dans une passoire et passer rapidement sous l’eau.

Comment extraire le jus ?

Passer les arilles dans un presse purée an acier inoxydable (éviter l’aluminium et l’acier ordinaire qui renforce l’amertume du fruit). On peut aussi utiliser un mélangeur et tamiser pour extraire le jus, ou encore plus simplement, se servir d’un extracteur à jus. Au frigidaire, le jus se conserve plusieurs jours.

Comment faire un sirop ?

Faire bouillir 2 tasses d’arilles et 2 tasses de sucre ou de miel. Passer dans un tissu pour éliminer les graines. Conserver au réfrigérateur afin d’empêcher toute fermentation.

La grenade, à l’aise en cuisine depuis l’Antiquité

Déjà, Columelle, contemporain de Pline l’Ancien, se plaisait à rapporter les recettes de Magon. L’une d’elles traite de la conservation des grenades : « Le carthaginois Magon prescrit de bien faire chauffer l’eau de mer et d’y plonger un certain temps les pommes grenades, enveloppées dans du lin ou du spart, jusqu’à ce qu’elles perdent leurs couleurs ;après les avoir retirées de l’eau, il conseille de les faire sécher au soleil pendant trois jours et de les suspendre dans un endroit frais ; quand on veut les consommer, il faut les mettre à macérer dans de l’eau douce froide pendant un jour et une nuit jusqu’au moment de les servir ».

Même si on oublie ses « plus » diététiques, la grenade fait, de nos jours, le bonheur des cuisinières si elles pensent à l’utiliser. On peut déjà commencer par ajouter quelques graines dans une salade de fruits, pour lui donne du croquant, de la fraîcheur et un soupçon d’exotisme !

Autres idées : ajouter quelques graines sur une panna cotta ou utiliser en décor délicieux sur des pâtisseries comme une pluie de confettis à la fois beaux et bons !

Le sucré-salé est à la mode : alors, pourquoi pas rajouter les notes sucrées et acidulées de la grenade à un agneau confit à l’abricot ? Le mélange abricots/grenade est détonnant…

Découvrez trois recettes à base de grenade

Le Couscous Sucré aux graines de grenade et raisins (signée Meriem Bentaleb)

Navarin d’agneau à la grenade

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