Le meurtrier du prêtre polonais arrêté à Tunis

Selon le ministère de l'Intérieur tunisien, le meutre du prêtre polonais a été élucidé et ne cachait aucun motif islamiste ou religieux.
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Le cadavre de Marek Rybinski , prêtre salésien de nationalité polonaise, âgé de 34 ans, a été retrouvé à Tunis le vendredi 18 février dernier, dans le quartier de la Manouba .

Le père Marek, enseignant catholique, travaillait dans une école élémentaire de 800 élèves, tous de confession musulmane, fondée en 1988. Il occupait également au sein de son établissement scolaire les fonctions de responsable financier et était devenu aumônier de la communauté polonaise de Tunis.

Son meurtre avait ébranlé la communauté de son quartier. En Tunisie, le gouvernement transitoire, le ministère des Affaires religieuses ainsi que les chefs du parti islamiste Ennadha ont vivement condamné ce geste criminel.

Le meurtrier était le menuisier de l'école

Le lundi 21 février, dans la soirée, le ministère de l'Intérieur tunisien a annoncé que le meurtrier, un Tunisien qui travaillait en qualité de menuisier pour l'école où travaillait le père Marek, a été arrêté. Chokri El Mestiri, âgé de 44 ans, "a réussi à entraîner sa victime dans le hangar de l'école où il lui a asséné des coups avec un objet contondant sur la tête et à la nuque, ce qui a entraîné sa mort".

Cette annonce intervient "suite à une enquête sur les ouvriers et les administrateurs de l'école", précise encore le communiqué du ministère de l'Intérieur.

En fait, une histoire d'argent détourné

Toujours selon le communiqué, le meurtier est passé aux aveux et a déclaré "que la victime lui avait confié de l'argent pour qu'il puisse payer les fournisseurs de l'école". De l'argent qu'il avait préféré garder. Il avait donc planifié son meurtre, pensant sans doute que le crime serait mis sur le dos de groupes intégristes, ce qui fut d'ailleurs le cas au début de l'enquête.

Le ministère de l'Intérieur a fait part de son soulagement, en soulignant qu'aucun courant politique ou religieux n'était impliqué dans ce "crime odieux". Les autorités tunisiennes avaient tout d'abord attribué le meurtre à des mouvances extrémistes, compte tenu de la façon dont Marek Rybinski avait été assassiné.

Le meurtre du père Marek, ainsi que l'attaque d'une rue de prostitution par des islamistes, avait provoqué le samedi 19 février, en plein centre de Tunis, une marche " pour une Tunisie laïque " où on pouvait lire des pancartes proclamant " Arrêtez vos actes extrémistes " ou " Laïcité = Liberté et Tolérance ". Beaucoup de manifestants tenaient à crier bien fort que la Tunisie était un pays tolérant qui refusait le fanatisme et qui voulait renforcer la laïcité dans la pratique et dans la loi.

Compassion et recueillement

Une messe à la mémoire du prêtre polonais a été célébré ce dimanche 20 février à l'église Saint Augustin de la Goulette en présence de l'ambassadeur de Pologne en Tunisie, Krysztof Olendzki, et de l'évêque de Tunis, Lahham Maroun. De très nombreux Tunisiens avaient fait le déplacement avec des bouquets de fleurs.

L'évêque de Tunis a déclaré que " le dialogue inter-religieux et inter-culturel en Tunisie ainsi que notre amour et notre service pour le pays ne dépend pas d'un acte crapuleux. L'avenir ne peut être que bon ".

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