Les Libyens ne laissent plus entrer les réfugiés en Tunisie

Les réfugiés, voulant sortir de Libye, sont retenus par les Libyens tandis que la situation sanitaire à Ras Jdir, en Tunisie, est sous haute surveillance.

Le mouvement des réfugiés à la frontière tuniso-libyenne de Ras Jedir , samedi 5 mars, était beaucoup moins dense que les autres jours. En effet, de l’autre côté de la frontière, les forces restées fidèles au colonel Kadhafi ne laissent plus passer les personnes qui veulent fuir la Tunisie, qu’elles soient égyptiennes, tunisiennes, irakiennes, Soudanaises ou Tchadiennes.

Bloqués dans la bourgade de Boukamèche, à environ 20 kilomètres du poste frontière de Ras Jedir, les réfugiés sont nourris et logés.

(Source La Presse de Tunisie , dimanche 6 mars)

La situation à Ras Jedir

17 000 réfugiés sont toujours rassemblés dans le camp de Ras Jedir. Parmi eux, on compte de nombreux Bengalis, Nigérians, Somaliens, Soudanais, Pakistanais et Maliens.

Seulement, 586 réfugiés avaient pu franchir le point de passage, le samedi 5 mars. Immédiatement transférés dans les camps d’Echoucha et d’Ezzekra, les Egyptiens ont été pour leur part conduits dans les camps de Zarzis ou de Djerba en attente de vols ou de bateaux pour l’Egypte.

400 Egyptiens ont quitté le sol tunisien dans la soirée du samedi 5 mars, ramenés dans leur pays par un navire militaire égyptien qui avait accosté à Zarzis.

Pour connaître ce que les réfugiés subissent durant leur parcours jusqu'à la frontière de Ras Jedir, le site Médiapart relate dans une vidéo le récit en images d’un jeune Guinéen.

Voitures, poids lourds et bus chargés d’importantes quantités d’aides diverses (aliments, couvertures, médicaments…) sont arrivés samedi 5 mars, à Ras Jedir, pour soulager les réfugiés. En fait, les dons humanitaires continuent à affluer de toutes les régions de la Tunisie, mais également du reste du monde, presque en trop grand nombre. « On n’a plus de place pour stocker les grandes quantités de produits alimentaires et de médicaments qui nous parviennent à Ras Jedir. Même les dépôts militaires sont pleins et le lait risque de se périmer », affirmait Mohamed Regueï, médecin et coordinateur de plusieurs ONG.

Une situation sanitaire surveillée par l’OMS et le Croissant rouge

Salem Rekik, directeur régional de la santé publique à Medenine en Tunisie, a rassuré l’opinion publique sur la situation sanitaire à Ras Jedir, dans une déclaration à la TAP (Tunisie Agence Presse).

Certes, des cas de grippe, de diarrhées et de gale ont été décelés dans les camps de réfugiés malgré les efforts conjugués des équipes médicales et des militaires sur place. Mais aucune épidémie grave n’est pour le moment apparue, selon Salem Rekik.

L’OMS et le Croissant rouge tunisien sont en train de mobiliser de nombreux moyens logistiques et humains pour empêcher que la situation sanitaire ne se dégrade encore. 22 cabines de douches et de toilettes ont été installées dans l’enceinte du camp de Ras Jedir pour empêcher la propagation de maladies dues au manque d’hygiène.

51 000 repas sont servis quotidiennement par l’armée tunisienne et par les organisations humanitaires aux réfugiés.

Tunisie Numérique affiche sur son site une vidéo montrant les problèmes sanitaires de Ras Jedir.

(Sources : La Presse de Tunisie et Leaders.com)

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