Pas de bling-bling pour le nouveau président tunisien !

Moncef Marzouki, nouveau président de Tunisie, ne fait pas dans le bling-bling, mais plutôt dans l'ascétisme et la simplicité.
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Le nouveau président de la république tunisienne, Moncef Marzouki, a décidé de ne pas jouer dans le bling-bling et de se réfugier dans la simplicité. En effet, il vient de refuser le salaire mensuel d'un montant de 23 000 Euros qui devait normalement lui être alloué en qualité de président de la république pour se contenter d'une modeste rémunération de 1550 Euros (soit environ 3000 Dinars Tunisiens correspondant au salaire d'un cadre moyen dans le secteur privé en Tunisie), très en deçà de ses homologues du monde arabe.

il ajoutait que le différentiel, soit un peu plus de 21 000 Euros mensuels, serait reversé aux pauvres, sans donner davantage de précision.

Moncef Marzouki donne ainsi le ton de la nouvelle rigueur budgétaire au gouvernement nouvellement constitué par son premier ministre, Hamadi Jebali (parti Ennadha) et confirme les premières mesures de ce qu'il a appelé "la guerre sainte contre la pauvreté et le chômage".

Préférant la simplicité et tranchant drastiquement avec les habitudes de Ben Ali qui n'hésitait jamais à bloquer de longs moments la circulation lors de ses déplacements à Tunis ou en province, le nouveau président a également rassuré les citoyens tunisiens en annonçant que ses déplacements, ainsi que ceux de ses ministres, passeraient inaperçus.

Enfin, dans son discours d'investiture du 16 décembre dernier, Moncef Marzouki faisait part de sa décision de mettre aux enchères les quatre palais présidentiels ayant appartenu à Ben Ali (situés à Hammamet, Mornag, Korbous et Aïn Draham). Les produits de ces ventes seraient utilisés pour relancer l'emploi et lutter contre le chômage.

Suite à cette annonce, un richissime homme d'affaires juif tunisien, Jacques Levy, Vice Président de Walt Disney Company, a déjà fait part de son intérêt et propose 12 millions de dollars pour le rachat du palais de Hammamet situé en bord de Méditerranée afin de le transformer en un gigantesque parc d'attraction qui serait le plus grand en Afrique. A suivre...

Le nouveau président déclarait également que les pièces archéologiques de grande valeur dérobées par le clan Ben Ali/Trabelsi pour décorer leurs diverses résidences, seraient rapidement rendues aux musées nationaux. Dès le 15 décembre, une équipe de l'Institut National du Patrimoine Tunisien avait été envoyée sur les sites identifiés pour en faire l'inventaire avant leur restitution.

Seul, le palais de Carthage, près de Tunis, serait conservé comme siège de la présidence.

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