Premiers pas du Président Marzouki en Tunisie

Au palais de Carthage, le nouveau gouvernement a prêté serment devant le Président Marzouki. L'heure de retrousser ses manches est arrivée...
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La nouvelle équipe gouvernementale, composé de Hamadi Jebali, premier ministre, de 30 ministres et de 11 secrétaires d'état a prêté serment, ce samedi 24 décembre 2011, au palais présidentiel de Carthage devant Moncef Marzouki, nouveau Président de la Tunisie.

Hamadi Jebali a bien rappelé à l'assemblée que son mandat ne durerait qu'une année, comme prévu par l'Assemblée Constituante.

Tous les ministères clés ont été donnés en majorité à des représentants du Parti Ennadha, grand vainqueur des élections du 23 octobre, et aux partis ayant remporté les meilleurs scores : le CPR de Moncef Marzouki, Ettakatol/Forum Démocratique pour le Travail et les Libertés ( FDTL) appartenant à Mustapha Ben Jaafar, le reste des maroquins ayant été attribué à des indépendants.

Seul, le Ministère de la Défense n'a pas changé de patron, Abdelkrim Zbidi ayant gardé son portefeuille.

Seulement trois femmes dans la nouvelle équipe gouvernementale

Trois femmes feront partie du nouveau gouvernement tunisien : Sihem Badi, Ministre des Affaires de la Femme et de la Famille, Mémia El Benna, Ministre de l'Environnement et Chahida Ben Frej Bouraoui, Secrétaire d'Etat à l'Habitat.

Notons la naissance d'un nouveau ministère, celui des Droits de l'Homme, confié à Samir Dilou (parti Ennadha). La figure de proue du football tunisien, Tarek Dhiab, seul joueur tunisien à avoir remporté le trophée du Ballon d'Or en 1977, a reçu quant à lui le portefeuille du Ministère de la Jeunesse et des Sports.

Une rumeur persistante, mais non confirmée par les intéressés, répète que Sihem Badi, Ministre des Affaires de la Femme et de la Famille, épouserait bientôt Moncef Marzouki et deviendrait ainsi la première dame de la Tunisie. A suivre...

Des défis attendent le nouveau gouvernement tunisien

La lutte contre le chômage atteignant les 18% à la fin de 2011 (700 000 chômeurs dont 200 000 diplômés de l'enseignement supérieur) constituera la priorité absolue du nouveau gouvernement.

Le déséquilibre régional, le rétablissement total de la sécurité pour favoriser un climat propice à l'investissement, la justice sociale et la décentralisation seront les autres dossiers brûlants à traiter.

Ensemble, Moncef Marzouki et Hamadi Jebali ont non seulement demandé aux membres de leur gouvernement de retrousser leurs manches, mais aussi au peuple tunisien en insistant que les grèves, débrayages et sit-ins devaient cesser.

"Au travail, au travail, au travail', concluait le Président Marzouki, faisant écho à ses propres souhaits de " voir tous les Tunisiens se rassembler, transcender leurs différences, accepter le pluralisme, être responsables sans esprit de revanche et pardonner sans oublier".

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