Qui est Moncef Marzouki, le nouveau président de la Tunisie ?

Qui est le nouveau président de la Tunisie ? Un résumé du parcours de Moncef Marzouki, homme politique, écrivain et médecin.

Moncef Marzouki est né le 7 juillet 1945 à Grombalia, localité située à une trentaine de kilomètres de Tunis en direction de Hammamet. Son véritable nom est Moncef ben Mohamed Bedoui-Marzouki. Il sera élève au Collège Sadiki, vivier de grands hommes politiques tunisiens, entre 1957 et 1961.

Moncef Marzouki, l'écrivain

Ecrivain bilingue en arabe et en français, il est l'auteur d'une vingtaine d'ouvrages traitant de sujets divers dont ceux des problèmes de démocratisation dans les pays arabes et des droits de l'homme. En 2009, il publiait à Paris " Dictateurs en sursis " aux Editions de l'Atelier.

Moncef Marzouki, le médecin

Titulaire d'une bourse pour aller continuer ses études en France après un séjour à Tanger où sa famille avait été contrainte à s'exiler - son père fut un fidèle partisan de Salah Ben Youssef dont les idées contraient celles de Bourguiba - il devint médecin avec une spécialisation en médecine interne, neurologie et santé publique. Rentré en Tunisie en 1979, il fut jusqu'à l'an 2000 professeur en médecine communautaire à l'Université de Sousse avant de se faire renvoyer pour cause politique.

Moncef Marzouki, l'homme politique engagé

Homme politique engagé, ennemi farouche du régime de Ben Ali, Moncef Marzouki avait rejoint la Ligue Tunisienne des Droits de l'Homme (LTDH) dès 1980 dont il était devenu président en 1989. En 1992, la LTDH ayant été dissoute, il avait fondé un an plus tard le Comité National pour la Défense des Prisonniers d'Opinion immédiatement déclaré illégal par l'ancien régime. En 1993, la LTDH renaissait de ses cendres, mais Moncef Marzouki avait refusé d'en faire partie, la jugeant trop collusive avec le régime de Ben Ali.

En 1994, ayant voulu se présenter aux élections présidentielles, il n'arrivait pas à obtenir suffisamment de signatures. Par représailles, Ben Ali le faisait emprisonner et le privait de passeport. En 1996, Moncef Marzouki était devenu Président de la Commission Arabe des Droits de l'Homme , organisation qu'il avait rejoint en 1989.

Parallèlement, il devenait membre de Amnesty International . En 1998, en Tunisie, il fondait le Conseil National pour les Libertés en Tunisie (CNLT). Déclaré illégal par le Ministère de l'Intérieur, Moncef Marzouki passait outre, ce qui lui valait huit mois de prison auxquels se rajoutaient quatre mois pour avoir osé critiquer le Fonds National de Solidarité géré par Ben Ali.

En 2001, il fondait le Congrès Pour la République (CPR), parti qui sera seulement légalisé après la Révolution du Jasmin. Il se rapprochait déjà du parti Ennadha en 2003 qu'il jugeait "conservateur avec une connotation religieuse".

Moncef Marzouki sur le chemin de la présidence

Au lendemain de la Révolution du Jasmin, Moncef Marzouki annonçait déjà sa candidature à la présidence de la République. Obtenant le second meilleur résultat, après Ennadha, aux élections de l'Assemblée Constituante avec son parti CPR, il se rapproche du parti Ennadha.

Le 22 novembre 2011, il confirme sa candidature à la présidence et signe un accord tripartite avec Ennadha et le parti Ettakatol. Elu le 12 décembre 2011 avec une large majorité, il démissionne de son parti le lendemain même et se fait remplacer par Abderrahim Ayadi, nouveau secrétaire général par intérim du CPR.

Le 14 décembre, il reçoit son premier ministre, Hamadi Jebali à qui il demande de former un nouveau gouvernement dont les membres (30 ministres et 11 secrétaires d'Etat) ont prêté serment devant le Président Marzouki le samedi 24 décembre 2011.

Les premières paroles du Président Marzouki lors de son investiture avaient traduit son souhait de voir "tous les Tunisiens se rassembler, transcender leurs différences, accepter le pluralisme, être responsables sans esprit de revanche et pardonner sans oublier".

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