Une reporter française avait accusé Kadhafi de tentative de viol

Ménoma Hintermann, grand reporter sur FR3, avait accusé Mouammar Kadhafi de tentative de viol alors qu'elle se trouvait à Tripoli, en pleine guerre du Tchad
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Les nombreux enfants du colonel Kadhafi font souvent parler d'eux dans la rubrique faits divers des journaux. Entre les facéties de Saif-El-Islam Kadhafi et les débordements de Hannibal Kadhafi, le père dictateur n'est pas en reste lui non plus. En pleine guerre du Tchad, une journaliste française de France 3, l'avait accusé de tentative de viol. Des faits qui selon elle, remontent à 1984. Mais ce n'est qu'en 2003, lors d

une émission présentée par Marc-Olivier Fogiel, qu'elle les dénoncera.

Elle abordera une nouvelle fois le sujet le 16 décembre 2007, sur France 5, dans l'émission Revu et Corrigé de Paul Amar, écoeurée par les égards que le gouvernement français avait réservés à Mouammar Kadhafi, lors de sa visite à Paris. Lors de cette émission, en présence de Guy Bedos, elle eut une vive altercation avec Calixthe Beyala, journaliste camerounaise qui venait de défendre Kadhafi dans une tribune intitulée Kadhafi, un symbole pour l’Afrique , parue dans Le Figaro du 12 décembre 2007.

Mémona Hintermann ne porta jamais plainte, ayant peur de représailles en France de la part de sbires envoyés par Mouammar Kadhafi.

Mémona Hinterman raconte la tentative de viol

En 1984, Mémona Hinterman, grand reporter à France 3, est toute heureuse de décrocher une interview de Mouammar Kadhafi, à l'issue d'une conférence de presse en Lybie. En toute confiance, elle le suit dans sa caserne, accompagnée d’une des gardes du corps du guide suprême.

Arrivée dans une pièce, elle est accueillie par l'interprète, une Algérienne du nom de Leila. On leur apporte quelques boissons avant que Kadhafi ne fasse son entrée. A la surprise de Mémona, il décide que la pièce n'est pas appropriée et tous les trois, après avoir emprunté un couloir, entrent dans une chambre à coucher.

Leila disparaît et Kadhafi fonce sur sa proie, maintenant seule avec lui. Balancée sur le lit, il soulève déjà son t-shirt. Ménoma remarque une cicatrice sur le flanc gauche du guide.

La journaliste lui fait alors croire qu’elle a ses règles et lui crie en anglais qu’elle est impure (les musulmans considèrent les femmes menstruées comme impures et ne peuvent avoir de relations sexuelles avec elles), qu’elle ne peut pas, qu’elle est malade… Kadhafi baisse son t-shirt et la saisit par les épaules. Elle réussit à s'échapper de la chambre.

Elle sort de la pièce en courant et en lui criant qu’elle va tout raconter à ses collègues. « Je vais te tuer, je vais envoyer quelqu'un pour te tuer», lui répond-il alors en anglais.

Elle se confie alors à ses collègues journalistes français. Le consul de France à Tripoli la fait très vite conduire à l'aéroport, jusqu'à la passerelle de l'avion. Elle s'envole pour Zurich, puis pour Paris.

Un mot sur Mémona Hintermann

Née en 1952 à l'île de la Réunion, Mémona Hintermann est la fille d'un musulman indien et d'une mère créole catholique. En 2007, elle publie un livre, Tete Haute , dans lequel elle parle de son enfance particulièrement malheureuse et la perte de son frère Hamza, mort de fièvres. Elle n'aborde pas la tentative de viol dans ce roman pourtant autobiographique.

Elle est mariée à un journaliste allemand, Lutz Krusche, avec lequel elle a co-écrit en 2009 Quand nous étions innocents : un amour franco-allemand .

Fin 2010, elle a sorti son dernier livre (également co-écrit avec son mari) Ils ont relevé la tête , l'histoire de personnes dont les destins de vie ne sont pas ordinaires.

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