Les golfs sont-ils nocifs pour l'environnement ?

Eau, engrais, pesticides... Les golfs sont les mauvais élèves du développement durable. Mais les nouveaux parcours respectent davantage la nature.
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Il existe plus de 30 000 parcours de golf dans le monde, pour 60 millions d’adeptes. Avec 17 000 terrains, les Etats-Unis arrivent en tête des pays "golfiques". La France possède, quant à elle, quelque 800 parcours, mais ce sont l’Ecosse, la Nouvelle-Zélande, l’Australie et l’Irlande qui disposent du plus grand nombre de golfs par habitant. A moins d’être arrosé avec de l’eau recyclée, entretenu avec de l’engrais bio et desservi par des voiturettes fonctionnant à l’électricité durable (issue des énergies renouvelables), un green est catastrophique pour l’environnement. Explications.

Les golfs consomment énormément d’eau

Vrai`. Selon la situation géographique, la consommation d'eau d'un parcours de 18 trous est comprise entre deux et cinq millions de litres d’eau par jour. Cela correspond, en moyenne, à la consommation quotidienne d’une ville de 12 000 habitants. L’eau recyclée est de plus en plus utilisée, mais sa production reste inégale. Seuls les Etats très pauvres en ressources hydriques (Emirats Arabes Unis, Arizona aux Etats-Unis) arrosent systématiquement leurs golfs avec de l’eau recyclée. Le Maroc, la Tunisie et Chypre font également des efforts dans le domaine. Mais la France est à la traîne, avec seulement 8% de ses parcours irrigués avec de l’eau de récupération.

Il faut de l’engrais pour entretenir un green

Vrai. Et celui-ci est rarement de qualité bio. Pour garder les parcours bien verts, il faut leur apporter 5kg de fertilisant par mois. Soit 60kg par an. Avec les arrosages, l’engrais se diffuse dans le sol, puis dans la nappe phréatique. Les engrais organiques pour gazon existent depuis longtemps. Mais les bonnes habitudes sont longues à prendre. En France, les golfs environnementaux restent peu nombreux, et seulement une dizaine de parcours ont sollicité cette année l’obtention du nouveau label Golf Ecodurable.

Un green nécessite aussi des pesticides

Vrai. L’herbe impeccable du green (espace entourant les trous) ne s’obtient pas en désherbant à la main ! Les pesticides utilisés sont chimiques, pour agir rapidement contre les espèces parasites. Au détriment des insectes qui absorbent ces pesticides. Au détriment ensuite des oiseaux qui se nourrissent de ces insectes, ou des poissons peuplant les étangs des golfs, dans lesquelles ruisselle une eau chargée en pesticides. Pourtant, il est possible de réduire la quantité de produit employé, sans perdre en qualité. Depuis 2006 au Québec, les golfs sont astreints à diminuer d’au moins 25% leur usage de pesticides.

Les golfs réduisent la biodiversité

Vrai et faux. Cela dépend de la situation géographique du parcours. Sur un terrain aride, les arbres et les bosquets ornant les golfs augmentent le nombre d’espèces végétales. Celles-ci permettent l’installation des insectes et des petits rongeurs. Mais sur un terrain boisé, la biodiversité descend en flèche avec l’installation d’un golf. Par exemple, la forêt de Fontainebleau abrite plus de 16 000 espèces animales, tandis que le Golf National de Saint-Quentin-en-Yvelines en héberge… environ 800.

Les nouveaux golfs respectent davantage l’environnement

Vrai. Eau recyclée, réduction des pesticides, engrais organiques, énergies durables… Les nouveaux parcours intègrent tous ces paramètres pour limiter leur action néfaste sur l’environnement. L’objectif des golfs les plus avancés est de présenter un bilan carbone zéro. Celui-ci s’obtient par l’usage d’électricité durable, produite par des panneaux solaires. Elle fournit l’énergie nécessaire pour alimenter notamment les voiturettes de golf. Dans ce domaine, la réalisation la plus ambitieuse concerne un golf flottant aux Maldives. Eco-responsable et futuriste. Son ouverture est prévue en 2015.

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