Un hôtel écolabellisé est-il toujours vert ?

Nombreux sont les hôtels qui communiquent sur leur gestion verte pour attirer les clients. Mais un écolabel peut réserver des surprises.

Pour les hôtels, les campings, les gîtes ruraux ou bien les chambres d'hôtes, les principaux écolabels se nomment Clef Verte en France, Ecolabel européen dans l'Union européenne, Green Tourism au Royaume Uni et en Irlande, Ecolabel nordique en Scandinavie, Green Globe aux Etats-Unis et dans le monde entier.

Tous ces écolabels du tourisme ont en commun d'exiger de leurs adhérents des infrastructures plus respectueuses de l'environnement. Les lieux de vacances écolabellisés sont éclairés avec des ampoules à basse consommation. Ils traitent leurs eaux usées et recyclent leurs déchets. Ils sont également équipés de robinets et de toilettes qui économisent les ressources aquatiques.

Ecolabel récent, hôtel moins vert

Attention aux hôtels qui viennent de recevoir leur écolabellisation. Ils bénéficient généralement de trois à cinq ans pour mettre en application les normes imposées par l'écolabel. En général, les établissements ne se privent pas de communiquer sur leur gestion verte, dès l'attribution de l'écolabel. Mais ils auront effectivement fait les preuves de leur développement durable, s'ils détiennent toujours cet écolabel au bout de trois à cinq ans.

Chez les hôtels neufs, écolabellisés dès leur ouverture, on n'observe pas ce temps de latence, car les infrastructures sont entièrement aux normes. De plus, les hôtels récents disposent généralement d'atouts environnementaux supplémentaires : système de récupération des eaux de pluie, panneaux solaires ou photovoltaïques, réutilisation de la chaleur dégagée par les installations... et même un jardin bio pour la partie restaurant !

Gare aux écolodges, pas toujours durables

En théorie, un écolodge a tout juste sur le plan du développement durable. Construit en matériaux naturels, il aide à développer des régions enclavées, en créant des emplois dans des espaces propices au tourisme vert. En pratique, une vingtaine de cabanes en bois exotique sur le plateau du Larzac contribue d'avantage à l'effet de serre qu'il n'y paraît. En effet, les matériaux ne sont pas locaux, et pour alimenter le lodge en eau, il va falloir solliciter la nappe phréatique. Avec des pompes, fonctionnant encore à l'électricité non durable.

Autre écueil de l'écolodge : son nombre de chambres. Au-delà de 100 unités, un écolodge devient une usine du tourisme vert. Cela se voit fréquemment à l'étranger, aux portes des parcs nationaux. Lorsque cela est possible, il vaut mieux préférer un hôtel plus petit, même s'il ne s'agit pas d'un écolodge. S'il n'y a pas d'autre possibilité, on pensera à limiter sa consommation d'eau et d'électricité au maximum, afin de réduire l'empreinte carbone de l'écolodge et son impact à long terme sur l'environnement.

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