Quand le Transbordeur accueille Aloe Blacc & The Grand Scheme

Samedi 23 Avril 2011, les amateurs lyonnais de soul se sont donnés rendez-vous pour un joli moment funky-groovy. Du 100 % pur jus pour les grandes soifs !
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De l’averse au Soleil. Le temps d’une chanson, la météo suit le rythme.

C’est sous une légère grisaille et un ciel larmoyant que le Transbordeur a accueilli son public composé de petits bambins comme de grands enfants, tous réunis pour l’occasion autour d’un mot d’ordre : la soul . Musique d’ambiance au cœur de la salle façon salle d’attente (en bien plus convivial) à la lumière des titres du groupe Faithless , le ton est rapidement donné : du rythme, des mélodies qui frappent et qui restent. La fosse tape du pied et hoche la tête tandis que les gradins trouvent acquéreurs jusqu’à n’en plus pouvoir. Il est 20 heures 30, le programme des festivités s’annonce fleuri. En piste.

Les projecteurs ont à peine le temps de s’essayer à la douce illusion d’un coucher de soleil californien qu’entrent déjà en scène six musiciens visiblement enjoués à l’idée de donner le coup d’envoi des hostilités. The Grand Scheme au (Grand) complet. C’est donc accompagnée d’un claviériste (Peter Dyer), d’un guitariste ( Joel Van Dijk ), d’un batteur (Te'Amir Yohannes Sweeney), d’un bassiste (Joseph Gonzales), d’un saxophoniste (Randal Fisher) et d’un trompettiste (Tutu Sweeney) que Maya Jupiter fait à son tour son entrée sur la scène du Transbordeur afin de prendre en main, et en voix, la première partie de la soirée. Née à la Paz d’un père mexicain et d’une mère turque, l’imbroglio culturel, l’ouverture et la tolérance sont des thèmes récurrents dans les textes de la chanteuse Australienne d’adoption. Savant mélange de hip-hop, de soul et autres musiques du monde, l’univers de Maya Jupiter se révèle aussi étincelant et prenant que l’énergie dont elle fait preuve sur scène, le tout avec une douceur et un sourire d’un naturel envoutants. L’effet est immédiat : la jeune femme emmène son auditoire loin, très loin, parcourir les quatre coins de son globe, franchir les frontières d’un univers qui semble les repousser notes après notes. Et le public la suit, jusqu’au bout. Mieux encore : il en redemande, séduit par ses sonorités passant d’un hip-hop frappant à des rythmes latinos à vous incendier la moitié du Groenland.

Quatre chansons. Ca passe vite, très vite. Mais soit. C’est le quota d’une première partie de concert, le temps offert à l’artiste du soir pour faire ses preuves face à un public venu pour un autre. Trente minutes pour l’amener doucement à la conclusion que zut, une demie heure ça passe vraiment beaucoup trop vite et qu’il en aurait bien écouté un petit peu plus. Son salut et ses remerciements chaleureusement échangés avec l’assemblée ponctuent la prestation de la chanteuse. Au suivant !

« Peace, love and Soul »

Les lumières se rallument, le temps de trois chansons de Faithless .Tout va très vite, le public est en alerte. Noir salle. Six silhouettes masculines maintenant familières au public refont une apparition fracassante sous un tonnerre d’applaudissements. Si dehors le temps est à l’orage, la salle semble parée d’anticyclones surpuissants, dont le plus efficace, tout droit venu de la cité des Anges pour l’occasion, qui ne tarde pas à déverser ses ondes sur une salle en délire. Quelques mesures suffisent à Aloe Blacc pour se sentir ici comme chez lui. Le rythme dans le sang et le groove dans tout le corps. Pendant plus de quarante minutes, le chanteur d’origine panaméenne et ses acolytes du Grand Scheme enchaînent les titres avec la même énergie, transportant le public d’un funk à la James Brown à des moments soul bien plus intimistes, en passant par une délicieuse reprise de « Billie Jean » de Michaël Jackson. Le temps d’une chanson, la belle Maya Jupiter nous revient aux côté d’Aloe Blacc pour interpréter « Rico », leur composition commune. Cette dernière marie en effet à merveille leurs univers, pour un résultat à mi-chemin entre le hip-hop latino de Mademoiselle et la soul magique de Monsieur. Les oreilles les plus averties auront même pu y retrouver quelques empreintes de reggae.

Une heure et demie de montagnes russes émotionnelles, et sensationnelles. Scindant la fosse en son centre, le chanteur ira jusqu’à inviter les amoureux de la danse se défouler sur quelques pas en plein cœur de la salle. C’est sur un son résolument funky qu’ils furent ainsi une dizaine à s’essayer à l’expérience, offrant à l’arrivée un moment d’une rare convivialité, qui n’en finissait plus de groover.

Après une fin de spectacle explosive et un fleuve d’ovations plus que mérité, le public eut à peine le temps de quitter la salle qu’il se trouvait déjà accueilli dans le hall par les artistes acclamés plus tôt. Chapeau bas, messieurs dames.

Une soirée aux couleurs Soul, un concert plus que lumineux. En somme, un joyeux microclimat dans le ciel Lyonnais, qui, à la sortie, semblait même avoir séché ses larmes.

L’effet Aloe Blacc, on vous dit !

A déguster :

Shine Through – Aloe Blacc (2006)

Good Things – Aloe Blacc (2010)

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