A Marseille débute le procès de Jacques Mariani

Truand renommé, Jacques Mariani est accusé d'avoir racketté depuis sa cellule de la prison de St Maur des boites et des restos aixois en 2008 et 2009.
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Du grand spectacle en perspective. Lundi 13 février 2012 s’ouvre à Marseille le procès de Jacques Mariani, le fils du défunt François dit Francis, ex-pilier du gang redouté de la Brise de mer, mort en janvier 2009. Jacques comparaîtra pendant une semaine pour extorsion de fonds et abus de confiance, orchestrés depuis sa cellule de la maison d'arrêt. Si, si, cet héritier d'une vieille famille corse est accusé d’avoir racketté depuis sa cellule de la centrale de St Maur (où il est incarcéré suite à sa condamnation à quinze ans pour le meurtre de Nicolas Montigny en 2001) des boites et des restos aixois en 2008 et 2009 !

Bon sang ne saurait mentir. Jacques Mariani est le fils préféré de François Mariani, dit Francis, qui avait inauguré une "évasion non violente" en juin 2001. Du jamais vu dans les annales de la pénitentiaire ! Foi de maton.

Mariani s'était également fait la belle grâce à ce coup inédit dans les annales judiciaires

Francis Mariani, le papa de Jacques, avait réussi l'incroyable tour de force de s'évader grâce à un faux ordre de libération envoyé par fax en juin 2001 à la maison d'arrêt de Borgo (Haute-Corse) ! Homme le plus recherché de France, suite à cette évasion qui avait ridiculisé les services pénitentiaires et la justice, Mariani avait été interpellé en janvier 2002 à Vivario. Une cagoule et un pistolet dans le sac à dos !

Balancé par un restaurateur

Poursuivi pour de nombreuses affaires, avant son assassinat en 2009, Mariani père était tombé en 2000, suite à un scénario hors du commun. En effet, le 4 juillet 2000, Jean-Pierre Muriani, patron du restaurant Le Palace à Sartène (Corse-du-Sud), appelle les gendarmes pour dénoncer une tentative de racket. Une initiative rare au pays de l'omerta. Deux personnes, après avoir réglé le montant de leur repas, l'auraient menacé : "La prochaine fois, c'est toi qui payeras".

Le jour même, les gendarmes interpellent cinq personnes "assises sur un muret", sur les indications de M. Muriani qui semble avoir reconnu ses deux "clients". Un des enquêteurs de l'époque, joint par téléphone, mais qui souhaite garder l'anonymat, raconte : " La pêche est bonne. On ramène au poste le "gratin" du grand banditisme en Corse, Mariani, Santucci, Costa et deux Marseillais, Alexandre Chevrière et Eric Marand.

Les suspects ne parlent pas !

"On saisi dans un sac à dos un pistolet automatique de 9 mm, deux chargeurs, une cagoule noire et une somme importante en espèces, ajoute l'ancien gendarme qui avait arrêté Mariani. Plusieurs voitures volées sont également retrouvées. Dans une Nissan Primera,on met la main sur deux postes émetteurs-récepteurs et une autre cagoule noire. Que venait faire ce « commando » en plein été à Sartène ? La réponse n'est pas venue des malfaiteurs chevronnés, qui ont tout juste consenti à livrer leur état civil. François Mariani, officiellement "agriculteur", passionné de course automobile, a admis qu'il connaissait Costa et Santucci, mais que leur rencontre à Sartène était le "fruit du hasard".

"Une version répétée par les autres membres de la bande. Le commerçant est, lui, revenu sur l'intégralité de ses déclarations, y compris par un communiqué diffusé dans "Corse Matin"....". Un témoignage qui montre la difficulté d'enquêter en Corse, les spécialistes du grand banditisme s'accordant sur le fait que le milieu corse et le milieu marseillais sont les plus puissants milieu français du grand banditisme . Le site Wikipedia écrit même : "Étroitement liés aux intérêts corses , le milieu de Marseille a traditionnellement de puissantes ramifications à Paris et à l'international ( Afrique du Nord , Amériques ..)".

Si les historiens font généralement remonter à l'entre-deux-guerres, avec Paul Carbone et François Spirito , l’apparition du « milieu marseillais », c’est-à-dire, selon Wikipedia, "l’existence d’un vaste réseau organisé de contrôle des activité illicites et de vol, au profit d’une élite du crime plus ou moins proche des élites officielles (politique, milieux d’affaires, police, show-business , sport…)", des activités illicites ont toujours existé à Marseille et en Corse.

Le milieu marseillais a changé avec Jacky Imbert

Beaucoup de marseillais considèrent Jacky Imbert, dit "le Mat" comme l'un des derniers grands parrains marseillais. L'homme, qui se dit "rangé", continue de jouer aux cartes dans un café de la place, le dos à la vitre. Le privilège des grands, qui ne craignent pas d'être abattus tant ils sont redoutés !

Pour l'encyclopédie Wikipedia, "Jacky Imbert (qui serait né en 1929) est un ancien subordonné de Zampa, devenu son rival. Selon certains, il serait devenu le véritable parrain de Marseille après la guerre menée en 1977 contre Zampa....Après le 3suicide3 de Zampa en 1984, Le Mat et Francis le Belge s’associent pour « nettoyer » le clan Zampa afin de s’assurer qu'il ne tentera pas de prendre sa revanche. Entre avril 1985 et février 1987, une douzaine d'ex-lieutenants de Zampa sont tués..."

Selon des enquêteurs qui étaient en poste à Marseille, "Le Mat se serait ensuite rangé. Selon d'autres, Le Belge lui aurait confié la gestion ses intérêts marseillais à son départ pour Paris vers 1994. Mais durant les années 2000, la justice a cherché à l'impliquer dans différentes affaires comme un trafic de cigarettes ou des extorsions de fond contre des établissements de nuit et un marchand de biens. En janvier 2007, il sera finalement condamné à deux ans de prison ferme pour une extorsion de fond commise contre un établissement de nuit parisien....". Mais, cette condamnation sera ensuite annulée par la Cour d'Appel.

Un très beau film, " L'Immortel" , réalisé par Richard Berry est sorti en mars 2010. Il décrit et relate, avec pas mal de vraisemblance, la vie de Jacky Imbert, dit Le Mat. C'est le brillant acteur Jean Reno qui incarne Jacky Imbert.

Lire aussi : Banditisme : coup dur pour le milieu corse après la série d'arrestations visant 30 de ses membres. De source judiciaire, 12 mises en examen le 10 février après les arrestations des corses à Marseille, 12 mises en examen .

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