Alain Marleix alerte Sarkozy sur les risques de cohabitation

Spécialiste de la carte électorale de l'UMP, l'homme du redecoupage des circonscriptions électorales est persuadé d'une cohabitation en juin 2012.

Alain Marleix a du flair et parcourt régulièrement la France profonde. Cet ancien ministre est persuadé de l'élection de Nicolas Sarkozy aux prochaines présidentielles, suivie d'une vague rose aux législatives de juin 2012. Reçu à l'Elysée, ce "spécialiste des élections" a alerté le chef de l'état sur les risques de cohabitation. Mais a-t-il été entendu ?

Pour mémoire, Alain Marleix, né le 2 janvier 1946 à Paris , est un homme politique français . Comme le souligne le site Wikipedia, dDéputé RPR puis UMP de la 2 ème circonscription du Cantal , maire de Massiac , il devient secrétaire d'État chargé des Anciens combattants le 18 juin 2007 . Il est ensuite nommé secrétaire d'État à l'Intérieur et aux Collectivités territoriales dans le gouvernement François Fillon II du 18 mars 2008 au 13 novembre 2010 .

Considéré comme un homme de réseau et d'influence, Alain Marleix travaille dans l'ombre de Roger Romani , Bernard Pons et Charles Pasqua . Wikipedia précise "Il devient conseiller de ce dernier en 1986 , au ministère de l'Intérieur , coauteur notamment du redécoupage de la carte électorale. À ses côtés, Nicolas Sarkozy est conseiller à la prévention des risques.

"Directeur adjoint de la campagne présidentielle de Jacques Chirac en 1988, il siège au comité central, au bureau politique et à la commission exécutive du RPR, et est successivement secrétaire national puis secrétaire général adjoint ( 1988 ), secrétaire national, chargé des affaires européennes ( 1991 - 1992 ). Conseiller général élu dans le canton de Massiac en 1988 et vice-président du conseil général du Cantal , il est maire de Massiac de 1995 à 2008 .

"Proche de Charles Pasqua , il le suit en soutenant Édouard Balladur dès 1993 , puis en 1995 se rapproche de Nicolas Sarkozy , après la victoire de Jacques Chirac . Il fait profiter le maire de Neuilly de ses réseaux chez les élus, et prend la vice-présidence, derrière Bernard Pons , de l'Association des Amis de Jacques Chirac pour le transformer peu à peu en organe sarkozyste. Il est élu au premier tour, le 21 mars 1993 , député RPR 2 ème circonscription du Cantal , obtenant le meilleur score des élections législatives . Il est réélu le 25 mai 1997 , et siège comme juge titulaire à la Haute Cour de justice ....".

Pour Alain Marleix, "un président bien élu n’a pas nécessairement ensuite une majorité considérable"

Selon des informations concordantes, l'ancien ministre Alain Alain Marleix , spécialiste de la carte électorale de l’UMP, est allé "tirer la sonnette d’alarme sur les législatives auprès de Nicolas Sarkozy". L’ancien ministre qui redécoupa la carte l’électorale ne souhaite pas que la droite gagne la présidentielle pour perdre dans la foulée les législatives et se retrouve en cohabitation.

Le journal Le Monde confirme que ce rendez-vous a bien eu lieu et le date au Vendredi 30 mars 2012 à l’Elysée. Lors de cet entretien, resté confidentiel, mais dont plusieurs militants UMP d'Auvergne ont eu vent lors d'une discussion avec Alain Marleix lui-même, l’ancien ministre a "remis les pendules à l'heure' auprès de Nicolas Sarkozy.

Alain Marleix s’est d'abord inquiété du fait qu'un "président bien élu n’a pas nécessairement ensuite une majorité considérable". Et de citer François Mitterrand, qui après avoir écrasé Jacques Chirac en 1988, n’avait pas eu de majorité absolue à l’Assemblée pour le PS. Alain Marleix a su rappeler à Nicolas Sarkozy que "la droite a fait un score décevant en 2007 au second tour des législatives, en dépit du score excellent de 53 % de Nicolas Sarkozy à la présidentielle....".

Les Français n’aiment pas mettre tous leurs œufs dans le même panier

Décortiquant les résultats des législatives de 2007, Alain Marleix refuse d’attribuer le relatif échec de 2007 à la sortie de Jean-Louis Borloo sur la TVA sociale. Il estime au contraire : "Il faut s’interroger sur les conséquences du quinquennat et de l’inversion du calendrier. On demande aux électeurs de voter quatre fois de suite pour le même camp. Mais les Français n’aiment pas mettre tous leurs œufs dans le même panier " , ajoute l'ancien ministre.

Selon lui, beaucoup de responsables politiques oublient un paramamètre de poids, à savoir le problème de l'Outre-mer et des Français de l’étranger. Au total, près de quarante circonscriptions sont à pourvoir. En outre-mer, la gauche est dominante tandis que les circonscriptions des Français de l’étranger s’achèveront pas une répartition à quasi parité entre droite et gauche, affrime Alain Marleix.

De nombreux départements pourraient être perdus aux législatives

La droite partirait donc aux législatives de juin 2012 donc avec un "gros handicap" sur l’outre-mer qu’il faudra remonter en métropole. Or, les formations de droite y sont souvent divisées et les dissidences coûtent cher comme l’ont montré les élections sénatoriales.

Dans ce contexte, Alain Marleix évoque les risques existants dans les départements du Vaucluse, que quitte le ministre des transports Thierry Mariani ; de l’Orne, terre d'origine du bayrouiste Alain Lambert, des Hautes-Alpes, des Alpes de Haute-Provence, des Bouches du Rhône. La situation est aussi "jugée dangereuse" en Lorraine, en Savoie et Haute-Savoie (à Annemasse, deux candidats, Mme Duby-Muller et M. Deffaugt se réclament de la majorité présidentielle et s'affrontent sans pitié).

Dans bien des fiefs de droite, plusieurs candidats se présentent parfois sous la bannière de la majorité présidentielle. " Je souhaite éviter qu’on fasse trop de cadeaux ou preuve de trop de tolérance vis-à-vis des dissidences car cela coûte cher. On n’a pas droit au laxisme sinon on ne refera pas le handicap", martèle Alain Marleix, après son rendez-vous à l'Elysée.

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