Après le coup d'état au Mali, un état Touareg indépendant au Nord

Douze jours après le renversement du président Amadou Toumani Touré par un groupe de militaires, les centurions Maliens rendent le pouvoir aux civils.

La situation semble moins confuse au Mali, où les jeunes officiers de la junte militaire, qui étaient de plus en plus isolés, ont rendu le pouvoir au civil. Néanmoins, le Nord du Mali pourrait être définitivement perdu, puisque les forces Touareg ont proclamé l'indépendance d'un nouvel état, qui englobe toutes les villes du Nord.

Le 22 mars 2012, des soldats mutins dirigés par le capitaine Amadou Haya Sanogo , avaient pris le contrôle de la présidence par un coup d'État et annoncé la dissolution des institutions et la suspension de la Constitution. Comme l'explique le site Wikipedia, "Et ce, à un mois de l'élection présidentielle. Le coup d'état entraîne le départ d'Amadou Toumani Touré et la mise en place d'un couvre-feu temporaire. Les violences qui suivent le renversement du pouvoir entraînent la mort d'une personne et en blessent une quarantaine.....".

Dans le Nord du Mali, de janvier à avril 2012, le Mouvement national pour la libération de l'Azawad attaque les camps militaires maliens et les villes situés dans les régions de Gao , Tombouctou et Kidal . Le 1 er avril 2012, mettant à profit le coup d'état, la rébellion Touareg ,constituée du Mouvement national pour la libération de l'Azawad et d'un mouvement salafiste Ançar dine, contrôle les trois régions situé au Nord du Mali. Le MNLA réclame l'indépendance de l'Azawad tandis qu'Ançar dine souhaite imposer la charia. Les deux mouvements revendiquent le contrôle des principales villes.

Le 4 avril, le MNLA décide unilatéralement la fin des opération militaires à compter du 5 avril à minuit ( TU ). Le 6 avril, le MNLA proclame l'indépendance de l' Azawad . Et, à la veille de Pâques 2012, les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) ont officielement proclamé "l'indépendance de l'Azawad", alors que les chefs d'état-major ouest-africains évoquent le déploiement d’une force au Mali pour contrôler le troubles.

Le porte parole de la rebellion Touareg Mossa Ag Attaher a officiellement déclare "Nous proclamons solennellement l'indépendance de l'Azawad à compter de ce jour", avant d'ajouter vouloir respecter "les frontières avec les Etats limitrophes". L'Azawad est une région considérée comme le berceau naturel des Touareg.

2012 : le premier état Touareg au monde ?

Si 1948 a vu la naissance du premier état Juif au monde, avec la création de l'état d'Israël, 2012 pourrait bien rester une date historique, avec la naissance du premier état Touareg au Monde. Après, le coup d'Etat contre le régime du président Amadou Toumani Touré, il y a deux semaines, plus rien ne sera pareil dans cette zone de l'Afrique. En effet, le putsch a plongé le Mali dans une situation chaotique.

Les rebelles touareg ont pris, dès le début avril 2012, le contrôle des trois métropoles du Nord - Kidal, Gao et Tombouctou - sans rencontrer de résistance de la part d'une armée malienne sous-équipée, désorganisée et en déroute, coupant de fait le pays en deux.

Les islamistes d'Ansar Dine, dirigés par le chef touareg Iyad Ag Ghaly, et des éléments d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont, depuis lors, pris le dessus sur le MNLA, qui a annoncé unilatéralement le 5 avril 2012 au soir la fin de ses "opérations militaires".

Ce même 5 avril 2012, des diplomates algériens ont été enlevés dans le nord du pays, au moment où une levée des sanctions imposées par l'Afrique de l'Ouest contre la junte au pouvoir depuis deux semaines est évoquée. Par ailleurs, les chefs d'état-major ouest-africains réunis à Abidjan ont élaboré un "mandat" pour une force susceptible d'être envoyée au Mali.

Le président Amadou Toumani Touré est-il toujours vivant ?

Douze jours après le renversement du président Amadou Toumani Touré par un groupe de militaires venus de la base de Kati, la situation au Mali reste toujours confuse. Dans un entretien accordé à RFI depuis le camp Soundiata Keïta, devenu son quartier général, le chef de la junte Amadou Sanogo avait affirmé que tous les dirigeants du régime renversé étaient «sains et saufs», et promettait de mettre fin aux pillages et se montre favorable aux négociations. Mais les mutins semblaient avoir du mal à convaincre les dirigeants militaires et les responsables politiques.

Conscient de l'inexpérience des mutins, le capitaine Sanogo, le chef du CNRDRE, le Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat, a très vite consulté plusieurs leaders de la société civile et politique malienne afin d'obtenir rapidement la confiance d'une majorité. Mais dans la classe politique, la démarche est restée difficile. La plupart des grands partis ont condamné fermement le coup d'Etat demandant le retour immédiat de l'ordre constitutionnel.

En rendant le pouvoir aux civils, pour des élections libres, à la veille de Pâques 2012, le chef des Centurions Maliens a tenu sa promesse de rétablir l'Etat de droit.

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