Après les arrestations des corses à Marseille, 10 mises en examen

Banditisme : coup dur pour le milieu corse après la série d'arrestations visant 30 de ses membres. De source judiciaire, 12 mises en examen le 10 février.
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Une douzaine de personnes, soupçonnées d'appartenir au grand banditisme corse, ont été déférées vendredi 10 février 2012 devant un juge. Elles font partie des Trente membres du grand banditisme corse, qui avaient été placés en garde à vue, après la série d'arrestations opérées par la police le7 février 2012 dans le Sud Est. Ces arrestations dans le milieu corse à Aix et Marseille avec la PJ visaient des personnes soupçonnées d'appartenir au grand banditisme corse dans le cadre d'une enquête sur des faits de racket.

"Le parquet de Marseille a requis un mandat de dépôt pour huit d'entre elles", a expliqué le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest, joint par téléphone. "Les investigations financières ont cherché à démontrer qu'Ange Toussaint Federici dirigeait depuis sa cellule, où il purge une peine de 28 ans de réclusion criminelle pour la tuerie du bar des Marronniers en 2006 à Marseille, un vaste réseau s'appuyant sur des proches et des parents rackettant plusieurs établissements de nuit et des restaurants de la région aixoise. Au final, samedi 11 février 2012, dix personnes ont été mises en examen par le juge d'instruction Christophe Perruaux et sept ont été placées en détention provisoire

"Les "victimes" ont elles-mêmes été placées en garde à vue afin de déterminer avec précision la hauteur des sommes versées", a indiqué la même source.

Racket, extorsion de fonds

Comme Suite 101 le révélait dans son article arrestations dans le milieu corse à Aix et Marseille avec la PJ , les enquêteurs les soupçonnent de racket et d'extorsion de fonds principalement au préjudice d'établissements de nuit de la région d'Aix-en-Provence, dans les Bouches-du-Rhône.

Pour le Procureur de Marseille Jacques Dallest, "Les chefs de mise en examen devraient être: extorsion en bande organisée, association de malfaiteurs en vue du crime d'extorsion en bande organisée, non justification de ressources aggravée en lien avec le délit d'association de malfaiteurs et les crimes d'extorsions en bande organisée".

Un spécialiste du dossier précise que la peine maximale encourue est de 20 ans de réclusion criminelle et 150.000 euros d'amende.

L'ombre d'Ange-Toussaint Federici

Parmi les suspects, figurent des proches d'Ange-Toussaint Federici, qui a été condamné à 28 ans de réclusion fin 2010 pour l'assassinat de trois hommes en avril 2006 dans un bar de Marseille. La trentaine de personnes interpellées, dont la plus grosse partie a été remise en liberté à l'issue des gardes à vue, sont soupçonnées d'appartenir au grand banditisme corse. Elles avaient été interpellées mardi 7 février 2012 dans la région marseillaise et en Corse dans Le cadre de cette enquête coordonnée par le parquet de Marseille et la police judiciaire.

Cette nouvelle affaire montre la proximité des grands banditismes corse et marseillais. Les spécialistes du grand banditisme s'accordant sur le fait que le milieu corse et le milieu marseillais sont les plus puissants milieu français du grand banditisme . Le site Wikipedia écrit même : "Étroitement liés aux intérêts corses , le milieu de Marseille a traditionnellement de puissantes ramifications à Paris et à l'international ( Afrique du Nord , Amériques ..)".

Lire aussi sur Suite101: à Marseille débute le procès de Jacques Mariani ce13 février 2012 |

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