Ardèche : les ratages dans la traque du violeur des campings

Récidiviste, fiché au niveau de l'ADN, le violeur de l'Ardèche a pu commettre 5 agressions sexuelles depuis fin juin, avant d'être arrêté le 10 août. Ratage

Avec servilité, les journalistes nationaux et régionaux, de l'Agence France Presse (AFP) à TF1, du Parisien au Figaro, de FR3 au Dauphiné Libéré, de France Bleue Drôme-Ardèche à RTL, reproduisent les déclarations et communiqués officiels du vice- procureur du tribunal de grande instance de Privas Franck Alzingre vantant la rapide enquête des gendarmes et l'arrestation du violeur des campings de l' Ardèche , en France , auteur de cinq agressions de fillettes, entre fin juin 2012 et son arrestation le 10 août 2012.

Pas un seul journaliste n'a osé interroger le magistrat du Parquet sur les lenteurs de l'enquête de la Gendarmerie nationale et des investigations entre la première agression sexuelle et la dernière, et sur le fait évident qu'une enquête plus rapide (puisque les enquêteurs disposaient de l'ADN du suspect au fichier national, car cet homme est un récidiviste déjà condamné en 2000) aurait sans doute permis d'éviter quatre autres agressions sexuelles sur des fillettes dans le même département de Rhône-Alpes. Pourquoi un tel mutisme de la part de plusieurs dizaines de journalistes ?

"Si ces derniers osaient évoquer des ratages de la part des enqêteurs et du Parquet du tribunal de grande instance de Privas, ils n'auraient plus d'information sur d'autres affaires dans les jours, les semaines, les mois à venir" confie un magistrat à la retraite, joint par téléphone. "Vu l'audimat que représentent les faits divers, les journalistes ont intérêt à "moutonner" auprès des magistrats et gendarmes".

Le violeur a sévi tout le mois de juillet dans les campings de l'Ardèche

Il ressort en effet, de toutes les informations diffusées par les médias nationaux ou régionaux que l'homme, placé en garde à vue le 10 août 2012 au soir à Privas a "avoué, outre l'agression sexuelle pour laquelle il était très activement recherché , avoir commis l'agression sexuelle sur la fillette d'un camping de l'Ardèche, ainsi que quatre autres de même nature au cours de l'été....De plus, l’homme de 32 ans, en garde à vue depuis vendredi soir et soupçonné de plusieurs agressions sexuelles en Ardèche a déjà été condamné pour une agression sexuelle en 2000 ....".Tous les médias s'accordaient néanmoins sur le fait que l'homme de 32 ans qui a avoué être l'auteur de cinq agressions sexuelles dans des campings du sud de l'Ardèche depuis juin avait déjà été condamné pour une agression sexuelle en 2000, comme le révélait, dimanche 12 août 2012 au matin, Europe 1 .

Selon Europe 1, "il avait déjà été condamné. Il n'en était pas à sa première agression. L'homme soupçonné d'avoir commis l'agression sexuelle sur la fillette d'un camping de l'Ardèche, a avoué vendredi et confessé quatre agressions sexuelles dans des campings du département au cours de l'été. Il est toujours en garde à vue samedi.... Le suspect arrêté vendredi a reconnu avoir agressé sexuellement une fillette de 11 ans dans le camping de Saint-Didier-sous-Aubenas en Ardèche , a annoncé samedi le vice-procureur de la République à Privas, Franck Alzingre, au cours d'une conférence de presse. L'individu, décrit comme un pervers, ".

Toujours selon Europe 1, "il a déjà été condamné pour une agression sexuelle en 2000 et avait écopé d'une peine de prison avec sursis. Celle-ci était assortie d'une mise à l'épreuve de trois ans...." Toujours selon la radio, "il est inscrit au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (Fijais). Lors de sa garde à vue, "il a reconnu être l'auteur" de l'agression sexuelle sur la fillette de 11 ans.

Fiché nationalement, le violeur a pu répéter les agressions sexuelles au fil de l'été

Selon les derniers éléments de l'enquête, l'homme a avoué avoir agressé cinq fillettes une Néerlandaise, une Allemande et trois Françaises dans des camping à Ruoms, Vogüe, Privas, Lavilledieu et Saint-Didier-sous-Aubenas, un secteur très fréquenté par les touristes durant l'été. Une information judiciaire pour les mêmes chefs a été ouverte après "cinq dépôts de plaintes se rapportant à des agressions à caractère sexuel survenues nuitamment entre la fin juin et le 8 août 2012" ..

Selon le magistrat Franck Alzingre, qui donnait une conférence de presse au côté du patron du groupement de gendarmerie de l'Ardèche, "Le suspect a également avoué, et ce de manière spontanée, avoir commis d'autres faits de même nature dans le courant du mois de juillet dans les campings du sud de l'Ardèche". Franck Alzingrel a précisé qu'il avait en tout avoué cinq agressions sexuelles depuis le début de l'été. "Compte tenu de la nature criminelle des faits, le parquet de Privas envisage dès samedi soir de prolonger la garde à vue" du suspect, "et de se dessaisir au profit du parquet d'Avignon qui est compétent pour la juridiction pôle de l'instruction".

"Il y a tout lieu d'être rassuré car les aveux du suspect sont corroborés par d'autres éléments à charge qu'il m'est impossible de révéler" pour les besoins de l'enquête, a encore ajouté le vice-procureur Franck Alzingre lors de la conférence de presse, visiblement organisée pour couvrir les ratages et lenteurs d'une enquête.

Rappelant que "son ADN a notamment été un élément qui a permis d'identifier cet homme", le vice-procureur de Privas Franck Alzingre a oublié d'expliquer pourquoi ce violeur dangereux n'a pas été arrêté après la première agression sexuelles, fin juin 2012. Ce qui aurait permis d'éviter bien des traumatismes aux quatre autres petites victimes !.

Les gendarmes du Pouzin avaient été avertis des dérives du violeur il y a un an et demi

Plusieurs de ses anciens amis ont raconté samedi à la presse régionale et nationale avoir découvert un an et demi plus tôt ses penchants pédophiles en examinant son ordinateur.

"Il y a un an et demi, alors qu'on cherchait une vidéo sur son ordinateur, des amis et moi sommes tombés par hasard sur l'historique de ses pages internet, et on a découvert des images de viols, des images pédophiles, c'était pas beau à voir", a confié, ému, Warren, 18 ans, sur la place du hameau de Brune.

Il affirme aussi que le suspect aurait porté plainte pour diffamation contre ses ex-amis qui le dénonçaient dans le village.

Interrogée par une journaliste de l'AFP sur place, la gendarmerie du Pouzin, compétente pour la commune de Saint-Lager, refusait de confirmer ou d'infirmer.

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