Armes légères : le commerce estimé à 8,5 milliards de dollars

A Genève, l'ONU s'est penchée sur les 8,5 milliards de dollars générés par le commerce des armes légères, selon un rapport du "Small Arms Survey" (SAS)
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Les chiffres présentés ce lundi 27 août 2012 à l'ONU sur le commerce des armes légères ont-elles un sens ? Car le rapport présenté ne concerne qu'une catégorie d'armes.

Le doublement de l'estimation par rapport à 2006 s'explique par l'augmentation des achats d'armes et de munitions par des citoyens américains. En effet, le commerce licite des armes légères et de petit calibre, y compris les pièces détachées et munitions, qui représente au moins 8,5 milliards de dollars par an, soit le double par rapport à 2006, selon un rapport du "Small Arms Survey " (SAS), ne prend pas en compte les millions d'armes des anciens arsenaux militaires, à l'image des kalachnikovs.

Les conclusions du Small Arms Survey sont erronées et partiales

Sans remettre en cause les conclusions du SAS, qui est un programme de recherche indépendant situé au sein de l'Institut de hautes études internationales et de développement de Genève, cet organisme passe sous silence les plus gros chiffres d'affaires générés par les ventes de millions de kalachnikovs. Même si son nouveau rapport annuel est le fruit de quatre années d' enquête portant sur 52 pays.

"Aucune arme au Monde n'a fait plus de morts que l'AK-47. La Kalachnikov a tué plus que les bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, plus que le virus du H.I.V., plus que la peste bubonique, plus que la malaria, plus que tous les attentats commis par les fondamentalistes islamistes, tous les tremblements de terre réunis. Une quantité colossale, inimaginable, de chair humaine...." écrit Roberto Saviano, page 272, dans un livre saisissant "Gomorra, Dans l'empire de la Camorra" (éditions Folio, 2006). A croire que la nouvelle génération de combattants, de terroristes, de truands issus des banlieues, ont potassé l'ouvrage en cours du soir.

Des milliers de kalachnikovs circulent dans le milieu et les banlieues

Actuellement, la presse nationale française semble soudainement découvrir la dangerosité des Kalachnikovs utilisées pour les braquages de banques, les cambriolages de magasins, les assassinats de policiers, les réglements de comptes entre truands, etc. Avec la puissance de feu des kalachnikovs, les braqueurs de Grenoble ont dernièrement échappé aux flics, sous équipés par rapport aux truands.

Selon le directeur général du SAS, Eric Berman , joint par téléphone, "sur ces 8,5 milliards, les munitions représentent près de la moitié. Si l'on additionne les transferts internationaux autorisés d'armes légères et le trafic illicite, ce commerce atteint certainement plus de 10 milliards de dollars par an, a-t-il estimé. Pour M. Berman, le doublement de l'estimation par rapport à 2006 s'explique par l'augmentation des achats d'armes et de munitions par des citoyens américains, ainsi que les acquisitions à grande échelle d'armes militaires par les gouvernements impliqués dans les conflits en Irak et en Afghanistan .....". Bien sûr, élémentaire.....

Où est la transparence ?

L'ennui, c'est que les chercheurs du SAS se fondent principalement sur les déclarations douanières. Dans leur rapport, conscients des faiblesses des sources, ils indiquent " aussi avoir bénéficié de données plus fiables en raison d'une transparence plus grande de la part de certains gouvernements en Europe et en Amérique du Nord....."

Eric Berman a néanmoins ajouté que "cette transparence " laisse à désirer en Afrique , en Asie et au Moyen-Orient". Il a souhaité "une meilleure transparence de la part des grands exportateurs comme la Chine et la Russie , ainsi que des Etats qui réexportent les armes excédentaires".

D'après le précieux document, consultable sur le site www.smallarmssurvey.org , la Suisse , le Royaume-Uni et la Roumanie sont "les trois pays les plus transparents", tandis que l' Iran , la Corée du Nord et les Emirats arabes unis sont "en fin de classement". Les Etats-Unis se positionnent en 14 ème place et la France en 19 ème.

Les enquêteurs du SAS ont devancé les critiques

Soucieux de leur crédibilité, anticipant de possibles critiques, les chercheurs du SAS indiquent "avoir étudié plus particulièrement les arsenaux des insurgés en Irak, en Afghanistan et en Somalie .... Nous sommes parvenus à la conclusion que dans ces trois pays, les groupes armés non étatiques utilisent presque toujours des armes d'ancienne génération, de fabrication soviétique ou chinoise comme des kalachnikovs...".

Selon Nicolas Florquin , chercheur au SAS, interrogé par téléphone ce 27 août 2012, "cette situation contraste avec celle des années 1980 en Angola ou en Afghanistan où les insurgés d'alors avaient accès à certains systèmes perfectionnés comme des missiles guidés antiaériens. La seule exception concerne un pourcentage significatif d'armes iraniennes confisquées à des insurgés en Irak, de fabrication relativement récente....".

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