Arrestations dans le milieu corse à Aix et Marseille avec la PJ

Trente membres du grand banditisme corse ont été placés en garde à vue, après la série d'arrestations opérées par la police le7 février 2012 dans le Sud Est
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Les figures du milieu corse ( après les arrestations des corses à Marseille, 12 mises en examen | ), proches notamment de la Bande dite de Venzolasca, étaient visées par la spectaculaire opération policière, engagée le 7 février 2012 au matin, dans le grand Sud Est de la France. Une centaine de policiers, renforcés par les cadres de la police judiciaire d'Ajaccio et de Marseille ont réussi à cueillir "au saut du lit" une trentaine de membres présumés du grand banditisme corse.

Les spécialistes du grand banditisme s'accordant sur le fait que le milieu corse et le milieu marseillais sont les plus puissants milieu français du grand banditisme . Le site Wikipedia écrit même : "Étroitement liés aux intérêts corses , le milieu de Marseille a traditionnellement de puissantes ramifications à Paris et à l'international ( Afrique du Nord , Amériques ..)".

Une opération préparée depuis plusieurs semaines

Un policier ayant participé à l'opération, joint par téléphone et qui souhaite garder l'anonymat, confirme l'ampleur du coup de filet en ces termes : "Une trentaine de membres du grand banditisme corse a été arrêtée hier et placée en garde à vue. Ces personnes sont soupçonnés de racket et d’extorsion de fonds auprès de restaurateurs et de patrons de boites de nuit d’Aix-en-Provence. C’est la direction centrale de la police judiciaire qui est chargée de l’enquête et l’opération déclenchée s’est faite avec l’appui des PJ de Marseille et d’Ajaccio. Des perquisitions ont été effectuées dans le sud de la France et en Corse. Parmi les personnes interpellées, pas mal de figures du milieu corse, proche notamment de la Bande dite de Venzolasca...."

Le Monde titre "Vaste opération de police contre le crime organisé"

Magistrats et policiers ayant privilégié la discrétion absolue, tous les grands médias Français ont été pris de court. Ils ont relayé l'information plus de 48 h après le début des arrestations et des perquisitions. Ainsi, le Monde du 10 février 2012 titre en haut de sa page 13 "Vaste opération de police contre le crime organisé", en citant quelques noms, ceux de Toussaint Acquaviva et de Paul Bastiani, deux proches d'Ange Toussaint Federici, soupçonné d'être le chef du clan des bergers de Venzolasca.

Mais, la police reste très discrète sur l'identité de la trentaine de personnes interpellées mardi 7 février 2012 à Marseille, dans la région aixoise et sur la Côte d'Azur au cours d'une opération de police contre la criminalité organisée. Dans ses colonnes, le quotidien Le Parisien cite, lui aussi, une source proche de l' enquête , qui confirme les informations de Suite 101.

D'importants moyens, à savoir une centaine de policiers - des hommes de la direction centrale de la police judiciaire assistés de la PJ de Marseille - ont conduit cette opération effectuée dans le plus grand secret, sur commission rogatoire du juge Christophe Perruaux.

Des truands chevronnés

Depuis plus d'un an, ce juge marseillais, ayant la réputation d'un solitaire, et souvent décrit de manière élogieuse par les policiers et grands flics, surveillait, probablement grâce aux écoutes téléphoniques, à des planques de la police, la reprise en mains de restaurants et discothèques aixois par le clan d'Ange Toussaint Federici. Ce truand, considéré comme un grand parrain corse,i purge une peine de 28 ans de réclusion criminelle pour la tuerie du bar des Marronniers en 2006 à Marseille. Il doit être rejugé en avril 2012 devant la Cour d'assises d'appel de Draguignan (Var).

Dans la foulée, des perquisitions ont eu lieu aux domiciles de tous les suspects. Le procureur-adjoint de la République à Marseille, M. Raffin, joint par téléphone, a confirmé" l'arrestation d'une trentaine de personnes, en particulier dans plusieurs cités. Elles ont eu lieu avec l'assistance des Offices centraux de lutte contre la criminalité organisée (OCLCCO) et de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF)...."

Selon plusieurs policiers, le but des investigations était de "surpendre les suspects au moment où ils venaient effectuer des transactions ou récupérer de l'argent auprès des victimes. Une dizaine d'armes ont été saisies ainsi qu'une centaine de milliers d'euros et des véhicules de luxe. Les chefs de mise en examen susceptibles d'être retenus sont non-justification de ressources, abus de biens sociaux, extorsion de fonds et/ou association de malfaiteurs...."

Des arrestations opérées avant le procès Mariani

A partir de lundi 13 février 2012, Jacques Mariani, fiché au grand banditisme et détenu par ailleurs, pour assassinat , et une dizaine d'autres truands, doivent être jugés par le tribunal correctionnel de Marseille dans une affaire d'extorsion de fonds de discothèques ou de bars aixois en 2008-2009. Coïncidence ? Toutes ces arrestations sont intervenues avant le début du procès Mariani ( à Marseille débute le procès de Jacques Mariani ce13 février 2012 ).

Elles interviennent aussi après que l'île de Beauté ait sombré, voici plusieurs mois, dans un regain de violences, de contrats et de réglements de comptes, comme cela est décrit dans Comme au cinéma, les nouveaux gangsters sont surarmés... Après les exécutions de plusieurs membres du gang de la "brise de mer", c'est un chef d'entreprise de 43 ans qui avait été sauvagement abattu sur son bateau à Porto-Vecchio ce 12 août 2011 ( Corse : un chef d'entreprise assassiné par balles sur son yacht) .

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