Braquage à l'arme de guerre à Grenoble : le bijoutier blessé

Deux truands, armés de kalachnikovs, ont braqué une bijouterie de Grenoble le 10 août 2012 : le commerçant a été blessé, et l'otage libérée.

Un braquage d'une rare violence, à l'arme de guerre, a été perpétré le 10 août 2012, vers 11 heures, dans une bijouterie de Grenoble. Selon un policier, joint par téléphone, "Il était aux environs de 11h 40, ce vendredi matin, quand deux individus, armés de fusil d’assaut, de type kalachnikov, ont ouvert le feu lors du braquage d’une bijouterie dans le centre-ville de Grenoble dans l'Isère.

"Les malfaiteurs ont fait irruption dans la bijouterie-horlogerie Clauben’s Venezia alors que s’y trouvaient six personnes, le couple de commerçants et quatre clients, dont deux enfants. Cagoulés et munis d'armes automatiques de gros calibres, ils ont tiré plusieurs coup de feu dans la bijouterie et à l'extérieur en direction de la police. Il s'agissait d'armes de guerre...

"Ce commerce était situé à quelques mètres du commissariat central de la ville....Au cours du braquage, le bijoutier a été blessé d'une balle dans le fémur. Puis, les malfrats se sont enfuis à bord d’un 4x4 volé en prenant une passante en otage....Un commerçant qui tentait de s'interposer a été frappé de plusierus coups de crosse par les truands."

Les deux truands tirent sur les policiers à l'arme de guerre

Poursuivis par les policiers, les braqueurs n’ont pas hésité à utiliser leurs kalachnikovs et à tirer à plusieurs reprises en pleine rue. L’otage a été libéré par les malfrats, un peu plus tard, à Saint-Ismier, à une quinzaine de kilomètresde Grenoble, en direction de Chambéry.

La préfecture a déclenché le plan Milan pour les départements de l’Isère et de la Savoie, mobilisant policiers et gendarmes. Le montant du butin dérobé n'a pas été communiqué..

Gitans et petits truands des banlieues équipés d'armes de guerre

L'équipement des deux braqueurs Grenoblois illustre la suprématie de la Kalachnikov chez les voyous et dans le milieu. Les anciens caïds du milieu français et leur "code d'honneur" semblent bien avoir définitivement intégré "le musée Grevin du milieu". Et les François Marcantoni et autre truands à l'ancienne inspirent probablement des regrets aux policiers chargés de la lutte contre la criminalité et la délinquance. Aujourd'hui confrontés à des kalachnikovs, pistolets automatiques et explosifs, les policiers et gendarmes risquent leur vie à chaque coin de rue.

Ainsi, les petits truands Marseillais semblent avoir trouvé un second souffle avec l'utilisation massive de la kalachnikov. Mois après mois, semaines après semaines, policiers, civils, commerçants, truands Corses, Niçois, Varois, Grenoblois ou Lyonnais, tous tombent sous le feu nourri des marseillais.

"Aucune arme au Monde n'a fait plus de morts que l'AK-47. La Kalachnikov a tué plus que les bombes atomiques d'Hiroshima et de Nagasaki, plus que le virus du H.I.V., plus que la peste bubonique, plus que la malaria, plus que tous les attentats commis par les fondamentalistes islamistes, tous les tremblements de terre réunis. Une quantité colossale, inimaginable, de chair humaine...." écrit Roberto Saviano, page 272, dans un livre saisissant "Gomorra, Dans l'empire de la Camorra" (éditions Folio, 2006). A croire que la nouvelle génération de truands, issus des banlieues, a potassé l'ouvrage en cours du soir.

Des milliers de kalachnikovs circulent dans le milieu et les banlieues

Au même moment, à la fin de l'année 2011, la presse nationale française a semblé soudainement découvrir la dangerosité des Kalachnikovs utilisées pour le cambriolage d'un magasin de bricolage, le 28 novembre 2011, dans le quartier Saint-Just à Marseille, et lors d'une course poursuite, la veille, à Vitrolles, où un policier a été mortellement atteint. Deux morts, deux blessés grave en 24 heures ! Quelques jours plus tard, les Marseillais "remettent ça" et l'un des leurs tombe, dans le cadre d'un réglement de compte, sous les projectiles des kalach.

Contacté par téléphone, le procureur de la République de Marseille, Jacques Dallest, qui avait connu des contrées plus paisibles lorsqu'il était en poste en Haute-Savoie, relativise la situation et précise qu'il s'agit du "Dixième règlement de comptes à Marseille en 2011 et le premier à La Castellane depuis plusieurs années...". Pour ce magistrat expérimenté, "C'est la triste illustration du phénomène des cités" et la patron du Parquet Marseillais ajoute qu'il a comptabilisé une "Trentaine de tentatives de règlements de comptes" à Marseille durant cette année 2011.

Les propos "comptables" du magistrat ne peuvent faire oublier que la cité phocéenne connaît bien, en cette fin 2011, et après un printemps chaud, une "tempête de la gachette", qui rappelle furieusement la grande époque de la guerre des gangs. On ne s'arrose plus entre truands chevronnés, quelquefois issus de la résistance (comme François Marcantoni ou les frères Guerini) ou de la Gestapo française, à la mitraillette Thomson à camembert ou au 11.43, le calibre préféré de la pègre. C'est désormais à la kalachnikov, ce fusil d'assaut russe facile à se procurer depuis la fin du conflit des Balkans, que les nouveaux truands, même les plus minables, règlent aujourd'hui leurs comptes.

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