Comme au cinéma, les nouveaux gangsters sont surarmés...

Souvent issus des cités, les nouveaux délinquants disposent d'armes automatiques sophistiquées et tuent des policiers. Certains s'inspirent du cinéma !
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Les anciens caïds du milieu français et leur "code d'honneur" semblent bien avoir définitivement intégré "le musée Grevin du milieu". Et les François Marcantoni et autre truands à l'ancienne inspirent probablement des regrets aux policiers chargés de la lutte contre la criminalité et la délinquance. Aujourd'hui confrontés à des kalachnikovs, pistolets automatiques et explosifs, les policiers et gendarmes risquent leur vie à chaque coin de rue.

Comme le montrent les informations des chaînes télévisées, les nouveaux gangsters, souvent issus de la délinquance des cités, ne respectent rien. Et encore moins les policiers ! Beaucoup de français ont en mémoire le fait divers tragique du 20 mai 2010. Ce jour là, un gang de braqueurs tue une policière municipale lors d’une fusillade. Dix jours plus tard, un gang attaque un fourgon blindé à Marseille et tire sur les forces de l’ordre à l’arme de guerre.

Semaine après semaine, des voyous surarmés, souvent équipés d'armes de guerre, défoncent des distributeurs de billets avec des voitures-béliers. Point commun entre toutes ces affaires : la plupart des délinquants incriminés sont issus des cités de banlieue. Surarmée, jeune, féroce et très déterminée, cette nouvelle génération de voyous a supplanté le "milieu" traditionnel des années 1970-1980.

Comment travaillent les nouveaux gangsters ?

Récemment, une équipe de Canal+ France, dirigée par Jérôme Pierrat , a passé une année avec des criminels professionnels, découvrant exactement comment ces personnes fonctionnent. Par exemple, dans le reportage réalisé, les professionnels de l'information ont suivi "Renard - 'le Fox", un voleur de voiture, qui se spécialise dans les modèles les plus chers, des véhicules de plus de 30.000 euros. Les fortes cylindrées sont revendues à des braqueurs ou encore à monsieur tout-le-monde. Comment fait-il pour qu'une voiture volée passe inaperçue sur les routes ? Le documentaire tente de répondre à cette question.

La même équipe télévisée s'est immergée dans le milieu d'une nouvelle génération de voyous. "Ils sont armés jusqu'aux dents et braquent sans états d'âme les banques et les commerces.;;;" raconte Jérôme Pierrat, qui a réalisé d'étonnants portraits. D'abord Stéphane, un trafiquant de drogues international, qui traverse deux frontières avec 150 kilos de cannabis et 9 kilos de cocaïne dans le coffre de sa voiture. Comment fait-il pour ne pas se faire arrêter ? Ensuite "PSG", vendeur d'armes, qui ouvre les portes de l'une de ses planques, où il stocke un arsenal de guerre : kalachnikovs, pistolets automatiques et explosifs.

Dans ce type de documentaires, les journalistes télévisés tentent de répondre à plusieurs questions : Comment lutter contre le grand banditisme ?, Comment voler une Mercedes ou une BMW ? Comment faire rapatrier de la drogue des Pays-Bas ? Où s'acheter une kalachnikov ?

De petits délinquants deviennent de dangereux truands

Ce type d'émission montre comment des petits trafiquants des cités peuvent devenir des tueurs de policiers et de gendarmes. Il y a l'exemple de Stéphane, petit délinquant du 9.3, qui est devenu en quelques années un gros importateur de drogue.

Le journaliste Jérôme Pierrat a ainsi enquêté plus d’un an sur la mutation actuelle du grand banditisme. Il a également rencontré Redoine Faïd, petit délinquant devenu braqueur de fourgons et véritable "star" des quartiers. Ou Michel Ardouin, ancien acolyte de Mesrine, qui a assisté à la montée en puissance des jeunes des cités. Sans oublier des policiers spécialisés confrontés depuis quelques années à cette nouvelle criminalité organisée.

Ce type de documentaire, reflètant un gros travail d'investigation de la part des journalistes, montre l'inquiètante, et même alarmante, montée en puissance du nouveau banditisme, capable de tuer sans sommation, d'abattre un policier ou une retraitée pour une poignée d'euros !

"Strass et voyous", la fin d'une époque

Il y a quelques mois, une ancienne figure du milieu, François Marcantoni, et Christian Chatillon ont publié un ouvrage à succès "Strass et voyous" 'éditions Les Portes du Soleil), préfacé par Jean-Paul Belmondo. Un ouvrage qui délivre un portrait sans fard du "milieu" voici 30 ans, avec ses parains, ses caïds, ses codes, et qui ferait presque regretter les truands d'hier.

François Marcantoni . Un nom que connaissent tous ceux qui se sont intéressés de près ou de loin au banditisme du siècle dernier en France. Dans ses mémoires, celui qu'on appelle " le dernier parrain corse" apporte un éclairage particulier sur la fin d'une époque. Celle où les truands "respectaient" la vie d'un policier ou d'un gendarme, avaient encore des principes, et utilisaient des pistolets, et non des mitraillettes.

Co-auteur de l'ouvrage, Christian Chatillon est issu d'un univers aux antipodes de celui de François Marcantoni. "J'ai eu l'immense chance de côtoyer, journalistiquement parlant, des hommes comme Robert Hossein, Dalil Boubékeur, Jacques Vergès. Des individus qui, à leur contact, vous font mieux pénétrer à l'intérieur de l'âme... ou (et) de l'esprit...." reconnait Christian Chatillon.

L'homme est un loup pour l'homme

Et l'ouvrage livre mille et une "confidences" sur ce milieu d'y il a 30ans. Que ce soit Delon, Bébel, Pousse, Carlos, Jo Attia ou le commissaire divisionnaire Raymond PellegrinI, tous ont été des relations amicales avec "monsieur François". Tous le sont restés. Le lecteur découvre que Charles Aznavour lui avait envoyé une lettre, alors même qu'il séjournait en 1994 en maison d'arrêt, qu'il concluait en ces termes : "Dans les moments difficiles, on compte ses amis. Vous pouvez compter sur moi".

Si la technologie, la science et ses progrès ont permis à l'humanité d'évoluer, l'extrême violence du nouveau milieu montre que le fond de l'homme n'a pas changé ; "homo homini lupus", l'homme est un loup pour l'homme ! Terrible constat dont les français restent, chaque jour, les témoins impuissants.

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