Compagnies aériennes : pourquoi tant de déficits ?

Avec son nouveau livre "Compagnies aériennes, la faillite du modèle", Jean-Louis Baroux, qui travaille depuis 35 ans dans le transport aérien, s'interroge.
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Quelle entreprise normale peut survivre en cumulant autant de pertes ? Cette question n'est pas posée par un cadre de la Société Générale, mais par un spécialiste du transport aérien, Jean-Louis Baroux. Joint par téléphone à l'occasion de la sortie de son nouveau livre aux éditions de l'Archipel, l'ancien dirigeant d'Air Inter diagnostique la gravité de la maladie du transport aérien : "5 milliards de dollars par an, soit 320 dollars par seconde,: c’est ce que le transport aérien a perdu en 2009. A elle seule, Air France perd 59 dollars par seconde...." Vertigineux ! Surtout pour les banquiers...

Le phénomène semble étrange. "Plus les compagnies aériennes sont importantes, plus elles perdent de l’argent et plus elles cherchent à se développer pour conquérir de nouvelles parts de marché, confie, sans détour, Jean-Louis Baroux. Comment expliquer que, depuis 10 ans, les grands transporteurs continuent à creuser leur déficit ? Malgré un secteur d’activité en croissance de 5% en moyenne par an et des avancées technologiques dont ces compagnies sont les premières bénéficiaires ?".

Certaines compagnies aériennes gagnent de l'argent

D'où son livre "Compagnies aériennes, la faillite du modèle", où il tente, à la lumière de son vécu, de disséquer les difficultés des grandes et les succès des petites. Il écrit : "Comment l’Agence Internationale du Transport Aérien (IATA) peut-elle annoncer une perte de 5 milliards de dollars pour 2010 en décembre 2009, puis de 2,8 milliards de dollars en mars 2010, et enfin un bénéfice de 2,5 milliards de dollars de profit, cette fois-ci en juin ?…."

Pour lui, "Les dirigeants du transport aérien mondial peinent à établir des prévisions fiables même à court terme."

En analysant l'ensemble du transport aérien, en comparant les chiffre, Jean-Louis Baroux arrive à la conclusion suivante : "Toutes les compagnies ne perdent pas de l’argent. Certaines engrangent même d’importants profits. Et ce pour une seule raison : elles ont placé « le client » au centre de leur stratégie. En débarquant sur le marché, les transporteurs low cost européens ont peu à peu absorbé une bonne partie de la clientèle des compagnies régulières, obligeant ces dernières à s’aligner sur le plan tarifaire. Mais leur modèle économique pourra-t-il encore longtemps supporter ces baisses incessantes de tarifs ?".

Qui est responsable de cette faillite ?

Chapitre après chapitre, Jean-Louis Baroux s'interroge sur lel système qu'il convient d’adopter. Faut-il démolir le modèle actuel ? Qui sont les responsables de cette faillite ?

Dans cet ouvrage parfaitement documenté, recoupé, qui se veut une enquête économique,, Jean-Louis Baroux s’applique à dénoncer ce que les experts savent mais préfèrent taire.

Qui est Jean-Louis Baroux ?

Le transport aérien, Jean-Louis Baroux connait. Il est dedanse depuis 35 ans. En 1975, à Air Inter, il est le promoteur du plan « Bleu Blanc Rouge », première politique tarifaire flexible. En 1983 il fonde sa société Air Promotion Group qui deviendra le leader français dans la représentation de compagnies aériennes.

Nouvelle expérience en 1991 lorsqu'il crée APG Global Associates le premier réseau mondial de services commerciaux pour le transport aérien dont il assure la présidence. Avec 145 pays couverts et 240 compagnies aériennes clientes, ce réseau fut le meilleur observatoire des pratiques commerciales du transport aérien. Créateur et animateur pendant 17 ans du Cannes Airlines Forum devenu par la suite le World Air Forum, Jean-Louis Baroux peut se targuer d'avoir côtoyé les plus importants décideurs du transport aérien, et recueilli, à cette occasion, bien des avis et des confidences.

"Compagnies aériennes : la faillite du modèle" (éditions l’Archipel)

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