Corse : regain de violence sur l'île, avec des coups de feu

Toujours un climat de violence en Corse, avec les gendarmes qui tirent pour stopper un véhicule, qui venait de percuter la patrouille de gendarmerie.

Nouveaux incidents en Corse, dans la nuit du 3 au 4 juin 2012, ou des gendarmes ont ouvert le feu sur un conducteur corse. Selon un enquêteur, joint par téléphone et qui souhaite garder l'anonymat, "Les faits se sont produits aux alentours de 2 h 30 dans la nuit de dimanche 3 au lundi 4 juin, quand une arrestation mouvementée a eu lieu sur le parking du Géant Casino de Porto-Vecchio.

"Il y avait un homme au volant de son véhicule,qui a percuté à plusieurs reprises une patrouille de gendarmerie qui tentait de l'appréhender. Les gendarmes ont ouvert le feu à trois reprises pour stopper son véhicule sans blesser le conducteur. Ce dernier a finalement été interpellé. Au même moment, à quelques 300 mètres de là, un attentat à ciblé un commerce de piscine. Pour autant, les gendarmes pensent qu'il n'y a pas forcement de lien entre les deux affaires....".

Trop de violences en Corse ?

Cette nouvelle affaire survient au mauvais moment pour les responsables de la sécurité publique dans l'île. En effet, elle se déroule après la double tentative de meurtre sur la personne du commerçant Olivier Sisti, et alors que la région de la Plaine orientale, objet de vives convoitises depuis quelques années en matière d'immobilier et de tourisme, a déjà connu six homicides depuis 18 mois, dont le double meurtre, à Quinzena, celui de Jo Sisti, ancien élu et responsable nationaliste sans lien de famille avec Olivier Sisti, et de son beau-frère Jean-Louis Chiodi.

Comme Suite 101 l'a révélé lors d'une récente enquête, les tensions en Corse ne faiblissent pas ces derniers mois et l’année 2011 avait déjà connu son lot de meurtres et de règlements de comptes sanglants. Ajaccio, Propriano, Vezzani, Sartène, Porto-Vecchio telles sont les principaux lieux où se jouent ces drames sur fond de vengeance, d’immobilier, de vendetta, de procès, de banditisme dans certains cas, de trafics de drogues.

Avec réalisme, Suite 101 titrait, il y a quelques temps "Avril 2012, et ça repart", après l'assassinat du dirigeant nationaliste Jo Sisti et de son beau-frère Jean-Louis Chiodi, victimes d'une embuscade menée avec une violence inouïe. Ancien élu de l'assemblée régionale de Corse, Joseph Sisti était militant de la formation nationaliste modérée Femu A Corsica.(lire sur suite 101: Pâques "sanglantes" en Haute Corse : Jo Sisti, J-L Chiodi abattus) . Etrangement, les enquêteurs de la gendarmerie n'ont ps retrouvé les tueurs et la Corse acquiert la réputation d'une terre ou l es meurtres ne sont jamais élucidés, avec des tensions fortes , et l'enquête sur la double tentative de meurtre visant Olivier Sisti semble s'enliser.

Des familles dénoncent l'absence de résultats des enquêtes de police et de gendarmerie

Face à cette flambée de violence, le 28 avril, de 500 à 1.000 personnes ont effectué une marche silencieuse, à Ghisonaccia, les familles endeuillées déplorant, dans un communiqué remis aux journalistes, aux autorités et aux élus, "l'absence de résultats des enquêtes policières et le peu de moyens des enquêteurs".

Tous ces évènements surviennent en Corse alors que l'enquête, menée par les gendarmes, piétine après la double tentative de meurtre perpétrée sur Olivier Sisti .

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