Corse : un chef d'entreprise assassiné par balles sur son yacht

Fabrice Vial, un chef d'entreprise de 43 ans, a, selon les premières constatations, été exécuté par un tueur professionnel dans le golfe de Porto-Vecchio.

L'île de Beauté sombre-t-elle dans un regain de violences, de contrats et de réglements de comptes? Après les exécutions de plusieurs membres du gang de la "brise de mer", c'est un chef d'entreprise de 43 ans qui a été sauvagement abattu sur son bateau à Porto-Vecchio ce 12 août 2011.

L'information est confirmée par un enquêteur, joint par téléphone et qui souhaite conserver l'anonymat : "Fabrice Vial, un important entrepreneur en menuiserie du continent, âgé de 43 ans, qui était en vacances en Corse, a été tué par balles vendredi vers une heure du matin sur son yacht au mouillage dans le golfe de Porto-Vecchio....Le scénario le plus probable est qu'une embarcation s'est approchée du bateau, et un homme a fait feu," a indiqué le gendarme, avant de préciser : "La victime a été touchée une seule fois, entre la nuque et le haut du dos, vraisemblablement par une carabine".

Une enquête pour assassinat ouverte par le Parquet d'Ajaccio

Actuellement, des auditions sont en cours, notamment auprès des membres d'équipage, comme le révèle la correspondante de RTL, Vanina Leca ce 12 août 2011, en expliquant que Fabrice Vial, fondateur de l'entreprise de menuiserie du même nom, pourrait bien avoir été victime d'un "contrat". Récit de son exécution

Fabrice Vial était à la tête d'une entreprise d'envergure nationale

Les enquêteurs de la gendarmerie devraient "fouiller" le passé professionnel de Frabrice Vial. En effet, dans les années 90, Fabrice Vial avait repris l'entreprise familiale de menuiserie pour en faire un groupe leader sur la menuiserie discount avec 64 points de vente en France, 4 en Espagne et un au Portugal.

Implanté dans le Var, où se trouve son siège social, ce groupe, qui intègre trois usines en France, une en Espagne, une en Roumanie et une en Bolivie, a réalisé plus de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2010, mais enregistré des pertes (3,4 ME en 2010, 15,9 ME en 2009) et signé en décembre un protocole d'accord sur la restructuration de sa dette avec un pool bancaire.

Des plans de sauvegarde du groupe Vial présentés au tribunal de Toulon le 9 août

Les enquêteurs et les magistrats ont appris ce 12 août 2011 que des plans de sauvegarde des sociétés Groupe Vial et Vial Holding ont été présentés au tribunal de commerce de Toulon le 9 août. Cet élément est confirmé par un communiqué de presse du groupe. La juridiction doit rendre sa décision sur l'adoption de ce plan le 22 septembre 2011.

Les enquêteurs ont aussi découvert qu'en 2009 l'entrepreneur avait racheté le fabricant de yachts de luxe Couach, basé sur le bassin d'Arcachon à Gujan-Mestras, pour 1,5 million d'euros. Ce chantier naval, employant 300 personnes, se trouve alors en redressement judiciaire. Fabrice Vial y avait commandé un navire pour son usage personnel.

Un assassinat où le milieu serait impliqué ?

Il y a quelques mois, une ancienne figure du milieu, François Marcantoni, et Christian Chatillon ont publié un ouvrage à succès "Strass et voyous" 'éditions Les Portes du Soleil), préfacé par Jean-Paul Belmondo. Cet ouvrage qui délivre un portrait sans fard du "milieu" voici 30 ans, avec ses parains, ses caïds, ses codes, et qui ferait presque regretter les truands d'hier, révèle des modes opératoires qui peuvent laisser penser que Fabrice Vial a été "victime d'un contrat".

François Marcantoni , un nom que connaissent tous ceux qui se sont intéressés de près ou de loin au banditisme du siècle dernier en France, y détaille les modes d'action passés et présents des truands et du milieu. Dans ses mémoires, celui qu'on appelle " le dernier parrain corse" apporte un éclairage particulier sur la fin d'une époque. Celle où les truands "respectaient" la vie d'un policier ou d'un gendarme, avaient encore des principes, et utilisaient des pistolets, et non des mitraillettes.

Co-auteur de l'ouvrage, Christian Chatillon est issu d'un univers aux antipodes de celui de François Marcantoni. "J'ai eu l'immense chance de côtoyer, journalistiquement parlant, des hommes comme Robert Hossein, Dalil Boubékeur, Jacques Vergès. Des individus qui, à leur contact, vous font mieux pénétrer à l'intérieur de l'âme... ou (et) de l'esprit...." reconnait Christian Chatillon.

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