Crise dans les salaisons et charcuteries : fermetures, reprises

La plupart des groupes de salaisons français sont en difficultés et les licenciements des ouvriers se multiplient. Les consommateurs devenus végétariens ?
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Il ne s'écoule plus une semaine sans qu'un groupe de salaisons annonce la fermeture d'une usine ou des licenciements de salariés. Pourquoi cette crise dans les salaisons, les charcuteries et les produits authentiques ?

Dernière catastrophe en date : le groupe Aoste ferme son usine "Calixte" à Boffres en Ardèche . Ce groupe détient les marques Aoste, Justin Bridou, Cochonou, Jean Caby ou Weight Watchers, et, suite à de grande difficultés financières, il annonce près de 80 licenciements (CDI et intérimaires) en Ardèche.

C'est un nouveau coup dur pour l'économie Ardéchoise et pour les 80 salariés permanents et 30 intérimaires qui travaillaient jusqu'à présent à l'usine de salaisons Calixte (groupe Aoste), située à Boffres dans l'Ardèche. Les 80 salariés permanents de l'usine de salaisons de Boffres, créée en 1859, affichent leur l'incompréhension : "ll y a encore trois mois on faisait des heures supplémentaires", confie une salariée, jointe par téléphone. "Il semble bien qu’Aoste agisse là suivant une logique de groupe, cherchant à rassembler les activités de découpe et de conditionnement des salaisons sur le site d’Aoste en Isère", indique la même source.

Créée en 1859, l'usine Calixte avait été rachetée par Aoste en 1993

Le groupe Aoste est une entreprise agro-alimentaire française spécialisée dans la fabrication et la distribution de charcuterie . Selon le site Wikipedia, elle a été fondée en 1976 et est désormais détenue par le groupe espagnol Campofrío Food Group (lui-même détenu par le groupe américain agro-industriel Smithfield Foods ). Elle possède les marques Justin Bridou , Aoste, Jean Caby , Calixte et Cochonou . Elle commercialise également la marque Weight Watchers sous licence .

L'usine, connue sous le nom de Calixte, a été rachetée en 1993 par le groupe Aoste (Cochonou, Justin Bridou, Jean Caby, Weight Watchers), leader français de la charcuterie dont le siège est à Saint-Priest dans le Rhône. Depuis 2008, il fait partie du groupe Campofrio food qui est un des cinq plus grands acteurs mondiaux du marché de la viande transformée.

Les six chaînes de production de l'unité de Boffres sont dédiées au tranchage et au conditionnement de jambon, saucisson.

Aoste est rachetée par Smithfield Foods

En 2006, Aoste est rachetée par Smithfield Foods , et regroupe toutes ses activités françaises sous le nom de Groupe Aoste. La marque Jean Caby , acquise en 2004, ainsi que quatre sites de production implantés à Saint-André-lez-Lille , Lampaul-Guimiliau (ex-SBS), Ergué-Gabéric (ex-Jean D'Erquet) et Saint Priest (ex-Imperator) viennent s'ajouter à ce que possédait Aoste. Cette même année, Aoste était devenu le partenaire officiel du Tour de France à la voile , et l'usine de Saint-Chamond avait fermé ses portes, avec, à la clé, un certain nombre de licenciements.

Jointe par téléphone, la direction de l'usine de Boffres, située en Ardèche, dans les Boutières, confirme la fermeture et les licenciements. Selon des informations recoupées, lors d'une réunion du comité d'entreprise, la direction a confirmé la fermeture de l'usine pour le mois de septembre. Selon les témoignages de salariés, rien ne laissait augurer d'une telle annonce.

L'usine de Boffres est indissociable du soucisson Calixte, mais aussi des produits commercialisés par le groupe Aoste (Cochonou, Justin Bridou, Jean Caby, Weight Watchers), leader français de la charcuterie dont le siège est à Saint-Priest dans le Rhône. Depuis 2008, il fait partie du groupe Campofrio food qui est un des cinq plus grands acteurs mondiaux du marché de la viande transformée.

Les six chaînes de production de l'unité de Boffres sont dédiées au tranchage et au conditionnement de jambon, saucisson et autres produits de charcuterie fabriqués dans l'usine voisine de Vernoux-en-Vivarais.

Les Salaisons Celtiques (groupe Intermarché) crééent un nouvel atelier sur leur site de Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine)

Certaines entreprises de salaisons ou de charcuteries innovent, crééent des emplois ou disparaissent suite à des difficultés.

Les Salaisons Celtiques (groupe Intermarché), qui produisent sous la marque Onno, vont investir 14 millions d'euros pour créer un nouvel atelier sur leur site de Saint-Méen-le-Grand (Ille-et-Vilaine). Il accueillera une activité de fabrication de lardons de la société Ranou, autre filiale Intermarché, jusqu'à présent effectuée à Ergué-Gabéric (Finistère). Il devrait être opérationnel en avril 2013 et générera 70 emplois en CDI.

Ce qui semble démontrer que la charcuterie vendue dans les grandes surfaces se "porterait" mieux.

Finis les jambons Germanaud à Blois

Victime de difficultés, en restructuration pour faire face à la baisse d’activité, le groupe Turenne Lafayette (Paul Prédault, Madrange, William Saurin, Garbit) va fermer d’ici fin 2013 son usine de jambons Germanaud à Blois (Loir-et-Cher).

Cette unité emploie 130 salariés à la fabrication de charcuterie sous marque de distributeur. Il semble que cette entreprise ait été victime d'une baisse de parts de marchés, comme Calixte et Aoste en Ardèche.

L'usine de charcuterie de Saint-Brieuc, qui emploie 78 salariés, sera fermée en 2014

Le groupe coopératif Euralis va restructurer sa filiale fabriquant des salades composées fraiches et des charcuteries industrielles Stalaven, basée à Yffiniac (Côtes-d'Armor). L'usine de charcuterie de Saint-Brieuc, qui emploie 78 salariés, sera fermée en 2014 et celle de Saint-Agathon, qui compte 40 salariés, fermera en 2012.

Le personnel sera transféré dans l'usine d'Yffiniac qui va être agrandie pour un coût de 7 millions d'euros.

240 postes supprimés chez Madrange

Le producteur de charcuterie et salaisons Madrange, basé à Feytiat (Haute-Vienne), est rebaptisé Limougeoise de Salaisons. Par ailleurs, 240 postes, dont 137 CDI, seront supprimés, notamment sur les deux sites limougeauds de la société.

Mise en liquidation judiciaire des steaks-hachés et saucisses SEB-Cerf

C'est confirmé ! Mise en liquidation judiciaire du producteur de steaks-hachés et de saucisses SEB-Cerf à Saint-Dizier (Haute-Marne), qui emploie environ 140 personnes. Cette liquidation intervient après la perte de son principal client, l'enseigne Lidl.

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