Des cirques face à la justice : leurs éléphants suscitent débats

Plusieurs cirques (Zavatta, Pinder) subissent les foudres de la justice suite aux plaintes d'associations de défense des animaux.
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Rien ne va plus dans le monde merveilleux du cirque. Bannie, semble-t-il, l'image colportée par le célèbre film Itinéraire d'un enfant gâté . Les directeurs des plus grands cirques français comparaissent régulièrement dans les prétoires. En cause : les éléphants qui seraient maltraités, selon plusieurs associations de défense des animaux. Ce que contestent tous les responsables de cirques, qui se battent bec et ongles pour conserver ou récupérer les pachydermes.

Le cirque Zavatta perd son éléphant

Présent dans toutes les grandes villes de France, de la Corrèze à la Bourgogne, de la Lorraine à la Provence, le cirque Zavatta, fier descendant d'Achille, a été le premier à s'attirer les foudres des forces de l'ordre et de la justice, en avril 2009.

Après un périple en Auvergne et en Limousin, notamment du côté de Tulle, le cirque Zavatta avait poursuivi sa route du côté de Dijon. Et les petits Corréziens ont, sans doute, été les derniers à ovationner l'éléphant du cirque. En effet, à Dijon, plusieurs dizaines de gendarmes ont saisi le pachyderme, dès son arrivée, en application d'une décision de justice rendue en faveur d'une association de défense des animaux.

Les forces de l'ordre ont embarqué l'éléphant Kenya, âgé de 16 ans, qui "faisait l'objet d'une saisie ordonnée par la Cour d'Appel d'Amiens, suite à une plainte de la fondation Assistance aux Animaux", précise Christian Caffy, secrétaire général de la Fédération des cirques et traditions. Un coup dur pour le cirque et sa mascotte.

Depuis cet épisode, les procédures juridiques se sont multipliées, et maître Collard a même été chargé de la défense des intérêts du cirque. Grande instance, cour d'Appel, référés, les joutes judiciaires se sont intensifiées devant différentes juridictions.

Pendant ce temps, l'éléphant a été placé (en pension si on ose l'expression) au Safari Parc de Peaugres en Ardèche. L'avocat du cirque a, de son côté, déploré l'amaigrissement de l'éléphant, qui aurait perdu 200 kilos, en ne supportant pas la solitude et l'absence de ses maîtres. Des accusations démenties par Christelle Vitaud, la directrice du parc animalier.

Le cirque Pinder devant la justice Grenobloise

Même scénario pour le célèbre cirque Pinder, confronté aux foudres des magistrats de Valence, dans la Drôme et de Grenoble dans l'Isère. Poursuivis pour "emploi irrégulier dans un établissement d'animaux non domestiques", les dirigeants du cirque ont été condamnés par le tribunal de Grande Instance de Valence.

Cette condamnation faisait suite à un contrôle opéré par le parquet de Valence et les services spécialisés, alors que le cirque faisait étape dans cette ville. Deux éléphantes et un jaguar figurent au centre du litige.

Gilbert Edelstein, propriétaire du cirque, a interjeté appel de la condamnation sanctionnant "l'utilisation irrégulière d'animaux non domestiques". La cour d'Appel de Grenoble vient, à son tour, de condamner le propriétaire du cirque, en doublant la condamnation initiale et en infligeant 15 000 euros d'amende au patron du cirque.

La juridiction a, en outre, octroyée 800 euros de dommages et intérêts à chacune des trois associations de défense des animaux qui s'étaient constituées partie civile. Dans ce contexte, Gilbert Edelstein pense que la justice "se trompe" et évoque "un acharnement des magistrats à l'égard du cirque !".

La procédure ne devrait pas en rester là. Hannibal avait moins de problèmes, même lorsque ses célèbres éléphants étaient utilisés contre Rome à l'époque des guerres puniques !

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