Explosion de la dette publique après 5 années de chaos Fillon

Avec 1 717,3 milliards d'euros de dette publique fin 2011, comme le confirme l'Insee, la France est-elle encore crédible à l'international ?Que dirait Barre

1 717,3 milliards d'euros de dette publique fin 2011. C'est ce qui ressort des derniers chiffres rendus publics, vendredi 30 mars 2012, par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). Pas un seul candidat à l'élection présidentielle 2012 n'ose aborder ces chiffres. Par méconnaissance économique ? Ou par peur que chaque promesse ne soit plus crédible, en raison des difficultés budgétaires de l'Etat Français ?

Comment la France en est-elle arrivée là ? Probablement par l'amateurisme d'une équipe gouvernementale, privée d'économistes de la dimension de l'ancien premier ministre Raymond Barre.

Un ancien assistant parlementaire devenu premier ministre

François Fillon, chef suprême de l'économie de la France, n'est pas un "mauvais type". C'est du moins ce qui ressort de sa biographie, éditée sur Wikipedia et qui précise qu'il est né le 4 mars 1954 au Mans , et qu'il est un homme politique français . Mais est-il compétent ?

Assistant parlementaire de profession, François Fillon, membre du RPR puis de l' UMP , a occupé plusieurs fonctions politiques à partir de 1981 : député de la quatrième circonscription de la Sarthe , il est élu maire de Sablé-sur-Sarthe en 1983 , puis président du conseil général de la Sarthe neuf ans plus tard, en 1992 . Selon le site Wikipedia, "François Fillon est nommé, un an plus tard, en 1993 , après l'imposante victoire de la droite aux élections législatives , ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche dans le gouvernement d' Édouard Balladur .

"En 1995 , après la victoire de Jacques Chirac lors de l' élection présidentielle , François Fillon est nommé ministre des Technologies de l'Information et de la Poste, puis ministre délégué chargé de la Poste, des Télécommunications et de l'Espace au sein des deux gouvernements d' Alain Juppé . En 1998, il est élu président du conseil régional des Pays-de-la-Loire , avant d'être élu, trois ans plus tard, lors des élections municipales , conseiller municipal de Solesmes .

"Après la réélection de Jacques Chirac à l' Élysée , François Fillon est nommé ministre des Affaires sociales, du Travail et de la Solidarité ; il mène des réformes structurelles sur la durée du travail et sur les retraites . Nommé ministre de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche , il fait voter par le Parlement , la loi Fillon pour l'éducation . Un an plus tard, en 2005 , alors qu'il n'est pas reconduit dans le gouvernement de Dominique de Villepin , il devient sénateur de la Sarthe, remplaçant Jean-Pierre Chauveau , démissionnaire.

"Il participe ensuite à l'élaboration du programme de Nicolas Sarkozy pour la campagne présidentielle de 2007 , puis joue le rôle de conseiller du candidat. À la suite de la victoire de Nicolas Sarkozy, François Fillon est nommé Premier ministre le 17 mai 2007 et forme son premier gouvernement . Il est reconduit le 18 juin suivant, à la suite de la victoire de la droite aux élections législatives : son deuxième gouvernement est, en durée, le deuxième gouvernement le plus long de la Ve République après celui de Lionel Jospin . Il forme son troisième gouvernement le 14 novembre 2010 ...."

La dette publique s'envole

Le déficit public baisse, la dette publique s'envole. Selon l'Insee, cette dernière "s'élevait fin 2011 à 1 717,3 milliards d'euros et atteignait 85,8% du produit intérieur brut (PIB) contre 82,3% fin 2010, soit une hausse de 3,5 points". C'est du moins ce qui ressort des derniers chiffres rendus publics, vendredi 30 mars, par l'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee).

Initialement prévu à 5,7% du PIB, le déficit public (Etat, organismes divers d'administration centrale, administrations publiques locales et de Sécurité sociale) a été ramené à 5,2% fin 2011.

Selon les études de l'Insee, rendues publiques en ce printemps 2012, "Cette amélioration en part de PIB provient à la fois du dynamisme des recettes, qui passent de 49,5% à 50,7% du PIB, et de la modération des dépenses, qui passent de 56,6% à 55,9% du PIB. Sous l'effet des hausses des impôts (+ 7,8%) prévus dans la loi de finances et dans les deux plans Fillon de redressement des finances publiques, le taux de prélèvements obligatoires augmente de 1,3 point en 2011 à 43,8% du PIB.

"Les dépenses continuent de décélérer, passant de + 2,3% en 2010 à + 2,1%, soit un rythme inférieur à celui du PIB en valeur, mais fort éloigné des 0,4% à compter de 2013, prévus dans le programme de stabilité que le gouvernement Fillon s'apprête à transmettre à la Commission européenne. L'Insee relève le ralentissement particulier des dépenses de fonctionnement...."

En un an, la dette au sens de Maastricht s'accroît de 122,1 milliards à 1 717,3 milliards

Les recettes, en hausse, augmentent de + 5,9% après + 3,3% en 2010. Les impôts sur le revenu et le patrimoine augmentent notamment de 10%. La progression des recettes fiscales provient aussi bien de l'impôt sur les sociétés (+ 8,7 milliards) que de la contribution sociale généralisée (+ 5,2 milliards, du fait de la taxation au fil de l'eau des revenus d'assurance-vie notamment) et de l'impôt sur le revenu (+ 3,6 milliards).

En un an, la dette au sens de Maastricht s'accroît de 122,1 milliards à 1 717,3 milliards.Ce qui représente quelque 26.278 euros par habitant. La contribution de l'État à la dette publique a augmenté de 90,3 milliards, une variation un peu plus importante que son besoin de financement,en raison notamment des prêts accordés aux pays en difficulté de la zone euro (+ 10,4 milliards).

La dette des administrations publiques locales reflète, elle aussi, la mauvaise gestion de l'équipe Fillon. Elle est en effet passée en un an de 161,1 à 166,3 milliards d'euros. Celle de la Sécurité sociale s'est alourdie de + 30,4 milliards pour atteindre 205,4 milliards fin 2011, en raison notamment de l'augmentation de la trésorerie des caisses de sécurité sociale (+ 12 milliards).

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