Fleuron du poulet français, Doux pourrait être désossé ce 10 août

Un repreneur étranger aurait été écarté pour des motifs non connus et les 1704 salariés du groupe Doux pourraient connaître les aléas du chômage.

Ce 10 août 2012 est un jour important pour la reprise du pôle frais de Doux, groupe industriel français mis en liquidation et maintenu en "perfusion" auparavant" grâce à des dizaines de millions d'euros de subventions européennes.

En effet, c'est ce vendredi 10 août 2012 que seront connues les dernières offres de reprises, avec un ultime dépôt des offres auprès du tribunal de commerce de Quimper. Les noms des groupes industriels volaillers Duc et LDC circulent. Mais, selon un magistrat proche du dossier, joint par téléphone et qui souhaite conserver l'anonymat "Il n'y a pas la bousculade. Sauf surprise, il n'y aura pas d'offres pléthoriques déposées, aujourd'hui, au tribunal de commerce de Quimper pour reprendre le pôle frais de Doux et ses 1 704 salariés....

"Ce groupe volailler avait été placé en liquidation judiciaire le 1er août 2012. LDC fera sans doute une proposition pour l'abattoir de poulets de Laval (303 postes) proche de ses bases sarthoises. Le groupe Duc s'intéresse aux sites de Blancafort (Cher, 170 salariés), Boynes (Loiret, 160 salariés) et à l'abattoir de poulets de Sérent dans le Morbihan (175 salariés). L'industriel bourguignon (Chailley) devrait avancer ses propositions via Glon Sanders, filiale de Sofiprotéol, ou d'autres investisseurs....".

Doux victime du déferlement des viandes de volailles de Belgique, des Pays-Bas, d'Allemagne

Par ailleurs, les proches du dossier savent que Gastronome, filiale de Terrena, avait fait une première proposition pour la Soprat (Vraie-Croix dans le Morbihan) et Sérent. Sans forcément être pris au sérieux par les liquidateurs !

A l'heure où le désossement de Doux apparait comme l'hypothèse la plus probable, Soprat et sa marque Père Dodu restent dans le giron de Doux. Du coup, Gastronome affiche ses hésitationse.

Selon un magistrat consulaire, "Il y a une certitude : il n'y aura pas de propositions mirobolantes car la filière avicole française est malade. Elle recule face au déferlement des viandes de volaille fraîches en provenance d'Allemagne, de Belgique et des Pays-Bas....".

Des propos confirmés par Michel Prugue, président de la confédération française de l'aviculture, affiliée à la FNSEA (Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles), joint par téléphone : "Ces gros volumes de poulets basiques répondent à une demande croissante des consommateurs. En face, l'offre de nos industriels est trop dispersée......".

L'Etat sera-t-il présent aux côtés d'un éventuel repreneur ?

Selon Guillaume Garot, le ministre délégué à l'Agroalimentaire, interrogé par téléphone, son ministère entend "profiter de la reprise du pôle frais de Doux pour rajeunir une filière flageolante. L'État répondra présent à côté d'un éventuel repreneur, avec les collectivités locales, souligne-t-il. Mais sur la base d'un projet industriel d'avenir avec un vrai volet social..... Le défi s'annonce de taille. Il faudra d'abord rénover le parc de poulaillers dont la moyenne d'âge est de 22 ans....".

Mais, comme tout n'est pas clair dans les engagements du ministre et de l'Etat, le président de l'aviculture Michel Prugue prévient et met en garde : "Les éleveurs ne renouvelleront pas leurs bâtiments si les démarches administratives traînent en longueur avec l'épée de Damoclès d'éventuels recours devant le tribunal administratif....".

Une chose est sûre : les 1704 salariés du groupe Doux refusent "d'être conduits à l'abattoir". Tout comme les 800 éleveurs en contrat avec Doux ! La fin d'été pourrait être chaude sur les sites de production du volailler..., notamment du côté de Graincourt dans le Nord. Si le site n'est pas repris, 240 salariés pourraient rester sur le bord de la route.

Deux millions de volailles crient "famine"

"Les volailles Doux crient famine !" indiquait, fin juin 2012, un communiqué du syndicat agricole FNSEA. Cette dramatique situation concernerait une centaine d'élevages de volailles dépendant du groupe Doux et confrontés à des difficultés d'approvisionnement, menaçant l' alimentation de quelque deux millions de poulets.

Cette "situation d'urgence affecte les aviculteurs de la région Centre, soit une centaine d'élevages normalement approvisionnés par l'usine de Clémont (Cher), qui appartient au leader européen de la volaille", précise le communiqué la FNSEA Centre, branche régionale du syndicat agricole.

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