Guerre d'Algérie : 50 ème anniversaire de la fin des combats

Pour la FNACA, le 19 mars demeure la date imprescriptible pour commémorer la fin des combats en Algérie. 60 ans après, retour sur les évènements.

Le 22 janvier 2002, par un vote démocratique, l’Assemblée nationale Française avait adopté la date du 19 mars 1962 comme date du cessez-le-feu au lendemain des accords d’Evian. Cette proposition était soutenue par la FNACA (Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie). Compte tenu de la faible majorité qui a voté en ce sens (278 contre 204), le gouvernement de Lionel Jospin avait décidé de ne pas présenter le texte au Sénat.

60 ans après, des divergences profondes subsistent sur le choix de la date de commémoration, sur les évènements, peu d'archives ayant été ouvertes aux écrivains et journalistes. Visiblement, l'Etat Français et ses dirigeants ne souhaitent pas que le grand public découvre certaines vérités, certains actes, certains dérapages commis de part et d'autre.

La bataille d'Alger au centre de toutes les polémiques

Si le contrôle de la capitale Alger a monopolisé les efforts des insurgés algériens et des militaires français,les historiens et les chercheurs indépendants s'accordent sur le fait que la bataille d'Alger a opposé, en 1957 à Alger ( département d'Alger ), durant la guerre d’Algérie , la 10 ème division parachutiste de l' armée française aux indépendantistes algériens du Front de libération nationale (FLN). Selon le site Wikipedia, " Suite aux nombreux attentats perpétrés contre la population par le FLN, le pouvoir civil délègue alors tous pouvoirs au général Massu , qui opère en dehors de tout cadre légal, pour démanteler l'organisation du FLN et ainsi mettre fin aux attentats, de janvier à mars 1957...."

La bataille d'Alger marquée par Massu, Bigeard, Argoud, Trinquier, Godard; et les "para"

En reprenant les travaux des historiens, le dictionnaire en ligne Wikipedia soulève un coin du voile : "Sur le terrain, la dite bataille est remportée par l'armée française qui met au jour des caches d'armes du FLN et obtient l'organigramme complet de l'organisation armée et peut ainsi procéder à l'arrestation de ses membres clés. Cependant, une partie de l' opinion publique métropolitaine considère cette bataille comme une défaite morale du fait de l'usage de la torture par l'armée française contre des civils afin d'obtenir ces renseignements. L'emploi de tels moyens par les émissaires de la République française soulève en effet une polémique durable en France, essentiellement en métropole qui n'est pas encore touchée par le conflit armé tandis qu'en Algérie elle contribue à solidariser une partie de la population autochtone autour du FLN.

"Les Français d'Algérie qui ont subi durant 3 mois les attentats du FLN n'oublieront pas le Général Jacques Massu qui a gagné la « Bataille d'Alger », et le soutiendront lors de la Crise de mai 1958 , appelée également Putsch d'Alger (1958) , lorsqu'il créera le Comité de salut public [ , puis une seconde fois, lorsque après avoir critiqué la politique algérienne du Général de Gaulle il sera muté en Métropole, ce qui provoquera la Semaine des barricades ...."

Acteur de la guerre d'Algérie, le général Marcel Bigeard donne son nom à la 50 ème promotion de l'école militaire interarmes

Pendant le conflit d'Algérie, le colonel Marcel Bigeard commandait le 3 ème RPC (régiment de parachutistes coloniaux. Récemment, La cinquantième promotion de l'école militaire interarmes a choisi comme nom de baptême celui du général Bigeard, en raison du "bel exemple de soldat français entré dans la carrière comme deuxième classe pour s'élever jusqu'au sommet...."

La cérémonie d'officialisation du cinquantenaire s'est déroulée aux Invalides en présence de très nombreux anciens officiers et parachutistes. Dans ces Invalides qui accueillent le Musée de l'armée, lui aussi dirigé par un général de division qui a commencé pour simple para-colo, la France a officiellement rendu hommage au "para" Bigeard, l'officier le plus décoré de France, le défenseur du camp retranché de Dien-Bien-Phu, en Indochine, en 1953 et 1954.

Le colonel Marcel Bigeard a inspiré les "Centurions" de Jean Larteguy

Lors des opérations d'Indochine et d'Algérie, le colonel Bigeard a inspiré le journaliste et écrivain Jean Larteguy, auteur d'un best-seller "Les Centurions", paru en 1960, qui a pour trame la guerre d'Algérie. L'ouvrage s'est vendu à plus d'un million d'exemplaires. Le général David Petraeus , commandant des forces américaines en Irak, puis en Afghanistan est un lecteur passionné du roman. Son manuel sur la guerre de contre-insurrection serait inspiré d'un chapitre du roman "Les Centurions". Dans ce chapitre, Lartéguy décrit "l'importance de mener contre des insurgés une guerre non-conventionnelle visant à séparer ces insurgés de la population qui assure son ravitaillement et sa couverture".

Pour le site Wikipedia, "Le message de Jean Larteguy est profondément humain est anticommuniste et favorable aux forces françaises, mais porte un jugement sévère sur certains travers du système colonial , et sur la criminelle duplicité de dirigeants politiques qui promettaient aux officiers et aux populations que la France resterait aux colonies, à l'heure même où ils entamaient des négociations d'indépendance. Lartéguy rapporte également l'attitude de certains Français qui n'hésiteront pas à apporter un soutien moral voire logistique à des mouvements de libération qui combattent les troupes françaises, et ce avec des méthodes parfois criminelles, usant de la terreur pour recruter dans la population locale. Ce témoignage renforcera son anticommunisme....".

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