insécurité-trains: encore un contrôleur SNCF agressé à Marseille

Alors que de nombreuses grèves étaient déjà annoncées avant Noël, un contrôleur de train a été roué de coups par un usager. Nouvelles grèves en perspective
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L'information est confirmée par un magistrat du parquet de Marseille, joint par téléphone, mais qui souhaite conserver l'anonymat : "un contrôleur de la SNCF a été violemment agressé tôt vendredi matin dans un train en gare Saint-Charles, à Marseille....". Ce 9 décembre 2011, cette information avait été révélée sur RTL dans le journal de 8h par Etienne Baudu, le correspondant de la radio dans la région.

Selon les informations confirmées par les services du procureur de la République de Marseille, "Le contrôleur avait demandé à un voyageur qui s'apprêtait à fumer un "joint" dans une voiture de descendre. L'usager a alors traîné le contrôleur sur le quai, avant de le rouer de coups. L'agresseur a été interpellé alors qu'il traversait les voies. Le droit de retrait qu'exerçaient les agents SNCF de la région a été levé en début d'après-midi.

Sur RTL, le ministre des Transports Thierry Mariani a qualifié cet acte d'"inadmissible", mais a jugé que le droit de retrait n'était pas forcément justifié, comme le montre l'interview réalisée par Etienne Baudu ce 9 décembre à 08h51 ( Le contrôleur avait demandé à un voyageur qui fumait dans une voiture de descendre en Gare Saint-Charles. L'individu l'a roué de coups ). Le même jour à 08h58, l a réaction du ministre des Transports Thierry Mariani, invité de "RTL Matin" était sans équivoque : "Le droit de retrait ne peut pas s'appliquer à chaque fois qu'il y a un problème avec des usagers !" "

Tabassé à coups de poing et de pieds

Selon les témoins interrogés par la police, "le contrôleur a reçu vers 05h15, alors que le TER était encore en gare, des coups de poing et de pied". "Après avoir demandé, en vain, à un voyageur d'arrêter de fumer", a ajouté Joël Nodin, délégué Sud-Rail. Admis aux urgences de l'hôpital de la Conception de Marseille pour des examens, il en est ressorti en milieu de matinée. Il souffre "d'uneentorse cervicale, de contusions" et a reçu deux points de suture à la lèvre. Ses blessures lui ont valu quatre jours d'ITT.

"A la suite des annonces faites par la direction régionale SNCF, les contrôleurs de la région de Marseille suspendent leur droit de retrait", a indiqué en début d'après-midi le syndicat Sud-Rail.Au niveau du trafic ferroviaire , l a "reprise progressive du travail" a débuté à 13h30, a précisé à l'AFP la direction qui espère "un retour à la normale en fin d'après-midi". D'ici là, des retards restent à prévoir et sur le trafic des TER, la direction prévoyait la circulation de trois trains sur quatre vendredi après-midi.

Un contrôleur déjà grièvement blessé dans le train Lyon-Strasbourg

Déjà, le 6 octobre 2011, un contrôleur alsacien avait été gravement blessé à coups de couteau dans le train Lyon-Strasbourg . A la suite de cette attaque, qui avait entraîné des arrêts de travail des cheminots et d'importantes perturbations sur l'ensemble du territoire, la SNCF avait annoncé 3qu'elle allait étendre progressivement le contrôle des billets dès l'embarquement à bord des TGV, afin de lutter contre les agressions verbales ou physiques des contrôleurs.;;;3

Le ministre Mariani regrette le droit de retrait

Beaucoup de cheminots n'ont pas compris la position du gouvernement dans cette affaire. En effet, lLe ministre des Transports, Thierry Mariani, qui répondait aux auditeurs de RTL dans le débat de 8h35 , a condamné l'agression, tout en précisant que le droit de retrait ne devait s'exercer qu'"en cas de menace grave et imminente" : "Si chaque fois qu'il y a un problème avec des usagers ou d'autres personnes il y a un droit de retrait du personnel de la SNCF, ce n'est absolument pas dans l'esprit du droit de retrait", a encore ajouté le ministre des transports.

"Il y a d'autres professions bien plus dangereuses (...) je pense par exemple à ce policier de Marseille qui est décédé hier à la suite de ses blessures. La police ne se met pas immédiatement en droit de retrait parce que l'un de ses collègues est victime de son devoir dans le cadre de son travail", a relativisé Thierry Mariani, plus prompt autrefois à contrer l'insécurité dans le Vaucluse.

Le syndicat majoritaire Sud Rail s'est insurgé contre la comparaison du ministre, la jugeant indécente et scandaleuse. "Comparer les agents SNCF et les policiers est totalement irréaliste et scandaleux, ne serait-ce seulement par respect pour ces deux professions, qui ne sont pas dans le même registre de travail", déclare le porte-parole du syndicat dans un communiqué remis à tous les journalistes.

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