Israël prépare une guerre préventive contre l'Iran

Benyamin Nétanyahou et Ehoud Barak, son ministre de la Défense, estiment qu'Israël doit attaquer l'Iran pour éviter une nouvelle Shoah nucléaire.

Les dirigeants multiplient les déclarations martiales et l'armée redouble d'activité en ce mois d'août 2012. Une atmosphère de veillée d'armes règne en Israël, comme en 1967, avant que ne débute la guerre des Six jours, lorsque l'état Hébreu considérait que sa survie était menacée par cinq pays arabes. La crise suscitée par le programme atomique iranien entre dans une période critique.

L'armée distille des informations sur l'accélération des préparatifs de défense

La plupart des journaux Israëliens font leur une sur une possible et imminente attaque contre des installations nucléaires iraniennes. Ce n’est plus une prédiction enflammée de quelques gazettes en mal de "scoops" et "d'articles à sensations". Mais la déclaration résolue de Matan Vilnaï, ministre israélien de la Défense civile : oui, les autorités politiques d’Israël préparent bien une guerre contre l’Iran. Un assaut qui surviendrait avant l’élection présidentielle américaine de novembre, à travers une attaque aérienne des sites nucléaires iraniens.

Israël prépare bien une guerre, et prépare sa population aux conséquences qu’elle devra subir. Et accepter ! Le ministre Matan Vilnaï, interviewé par le quotidien israélien Maariv , est clair et précis.

Une journaliste Israëlienne, jointe par téléphone ce 17 août 2012, confirme : "L'armée distille des informations sur l'accélération des préparatifs de défense pour faire face aux représailles iraniennes qui ne manqueraient pas de suivre une offensive israélienne. Le gouverneur de la Banque d'Israël, Stanley Fischer, reconnaît l'existence d'un plan d'urgence pour l'économie en temps de guerre. Quant à Benyamin Nétanyahou, le chef du gouvernement, et Ehoud Barak, le ministre de la Défense, ils multiplient les déclarations martiales sur une «option militaire» à laquelle l'État hébreu pourrait recourir dès cet automne, sans le feu vert explicite des Américains....".

Des Américains qui aborderont l'élection présidentielle. Coïncidence ? Les Israéliens débattent surtout de la nécessité d'informer l'allié américain ou non avant de frapper les sites nucléaires.

La guerre secrète entre Israël et l'Iran a déjà commencé

Tous les psécialistes du Moyen-Orient le savent. La guerre que se livrent en secret Israël et l'Iran a connu de nouveaux épisodes. Benyamin Nétanyahou a accusé Téhéran d'avoir manigancé deux attentats visant des voitures des ambassades de l'État hébreu à New Delhi et en Géorgie, qui ont fait un blessé. "L'Iran, qui est derrière ces attaques, est le plus grand propagateur du terrorisme dans le monde", a fustigé le premier ministre de l'état d'Israël.

Ces déclarations, assez bien relayées dans certains quotidiens français, comme Le Monde ou le Figaro, illustrent l'extrême tension actuelle entre les deux pays. La probabilité de frappes militaires contre l' Iran n'est plus mise en doute par grand monde en Israël . L'inconnue porte plutôt sur le calendrier, la grande question étant de savoir si l'État hébreu peut se permettre d'attaquer seul les installations nucléaires iraniennes, sans le feu vert au moins tacite de Barack Obama.

Téhéran accuse les services secrets Israëliens de l'assassinat de 5 savants Iraniens

Avant que l'aviation Israëlienne n'entre en action (comme en 1967, où certains mirages III, fraîchement livrés, portaient encore les cocardes françaises), les deux pays fourbissent leurs armes. Téhéran affirme que le Mossad , les services de renseignements israéliens, "serait à l'origine de l'assassinat en deux ans, sur le territoire iranien, de cinq savants atomistes et d'un général responsable du programme de développement de missiles à longue portée.....".

L'État hébreu est également fustigé pour une campagne de sabotage informatique, qui aurait permis de mettre hors service des centaines de centrifugeuses utilisées pour enrichir l'uranium. Selon des experts étrangers, le Mossad, en attaquant sur plusieurs fronts, aurait permis de retarder de plusieurs années le programme nucléaire iranien.

Les dirigeants d'Israël affirment vouloir "éviter une «nouvelle Shoah"

La plupart des responsables israéliens contactés admettent qu'il ne s'agit que d'une tactique de «retardement». Autrement dit, malgré tous les «incidents» et des sanctions internationales de plus en plus dures, "les Iraniens devraient produire leurs premières bombes atomiques d'ici à un an environ". Selon une journaliste de Tel Aviv, jointe par téléphone, "le premier ministre Benyamin Nétanyahou et l'ancien général Ehoud Barak, son ministre de la Défense, estiment, dans ces conditions, qu'Israël doit attaquer vite et fort pour éviter une «nouvelle Shoah».....

"Cette position ne fait pas l'unanimité. Pour lancer une attaque , le chef du gouvernement doit obtenir le soutien de la majorité des 14 membres du cabinet de sécurité, ce qui n'est pas acquis pour le moment. Autre condition: l'appui sans réserve du chef d'état-major, le général Benny Gantz. Or, dans ce cas aussi, il ne semble pas que le premier ministre soit totalement sûr de son fait. Seule certitude: le précédent patron de l'armée, le général Gaby Ashkenazi, était hostile à une offensive qu'Israël mènerait seul....".

Mutisme officiel et préparatifs guerriers

Plusieurs quotidiens français, ayant des correspondants accrédités en Israël, signalent que "les commentateurs sont également très partagés. Les «modérés» redoutent une crise avec le grand allié américain si l'État hébreu décide d'agir sans en informer au préalable Washington. De plus, les responsables militaires prévoient qu'en cas d'attaque contre l'Iran, Israël doive s'attendre à devenir la cible de milliers de roquettes et de missiles tirés à la fois par les islamistes palestiniens du Hamas, à partir de la bande de Gaza au sud, et par Hezbollah libanais, voire la Syrie de Bachar el-Assad au nord.

"Pour tenter de calmer le jeu et éviter de paniquer l'opinion publique, Benyamin Nétanyahou a ordonné la semaine dernière à ses ministres et aux généraux de faire silence dans les rangs à propos de l'Iran. Sa consigne a été respectée. Mais ce mutisme officiel ne rend les préparatifs guerriers que plus crédibles....". D'autant plus que «L'option militaire contre l'Iran n'est pas la seule possible» , selon une analyse pertinente réalisée par le Figaro.

Les Israëliens redoutent un nouvel "Holocauste"

Cette brusque montée de tension se reflète dans les sondages des journaux de Tel Aviv et de Jerusalem : 37 % des Israéliens estiment qu'un nouvel Holocauste est possible si l'Iran parvenait à se doter de l'arme nucléaire. Les médias relaient, il est vrai, des informations ayant de quoi sérieusement inquiéter la population. Un exemple parmi d'autres : le quotidien Haaretza a cité récemment des estimations de responsables du ministère de la Défense "prévoyant qu'une attaque de missiles de l'Iran et du Hezbollah libanais, allié de Téhéran, provoquerait la mort de quelque 300 civils....".

L'armée Israëlienne a lancé la construction d'installations souterraines

Selon le général Israëlien Benny Gantz, chef d'état-major, joint par téléphone, "Nos militaires sont sur le qui-vive. Nous devons nous préparer à combattre sur plusieurs fronts à la fois", surenchérit le général Benny Gantz, plus haut gradé, qui est, selon tous les médias, hostile à une offensive israélienne contre l'Iran, de même que les chefs actuels du Mossad, et Shimon Pérès, le président.

Pour contrer ces oppositions, Benyamin Nétanyahou proclame haut et fort que "dans une démocratie, c'est aux dirigeants politiques de décider et aux militaires d'exécuter". Il a également rappelé qu'en 1981 Menahem Begin, premier ministre de l'époque, avait rejeté les objections des militaires et les avis des services de renseignements et donné l'ordre de détruire une centrale nucléaire construite par la France près de Bagdad. l'opération avait alors été couronnée de succès !

Les batteries de missiles antimissile équipées d'un nouveau système d'interception

Sur le terrain, force est de constater que l'armée met effectivement les bouchées doubles. Une journaliste Israëlienne, officier de réserve, jointe par téléphone, confirme que "les batteries de missiles antimissile disséminées sur le territoire israélien vont être équipées dans les prochaines semaines d'un nouveau système améliorant leurs capacités d'interception en vol.

Les batteries de missiles antimissile, "nouvelles murailles d'Israël"

"Par précaution, les militaires ont décidé de répartir les stocks de munitions dans un plus grand nombre de bases afin que les pertes soient limitées en cas d'attaques ciblées de missiles. L'armée a également emmagasiné dans des usines civiles des dizaines de milliers de rations alimentaires de combat et d'autres équipements.

"Nos militaires ont aussi amélioré le réseau de routes logistiques afin que les troupes sur le front, notamment le long de la frontière avec le Liban et la Syrie, puissent être ravitaillées à temps. Pour compléter le tout, le ministère de la Défense a donné son feu vert à la construction de trois installations souterraines qui abriteront des stocks d'armes, de munitions, de carburants et des pièces détachées. L'ensemble sera fortifié afin de résister à des explosions de missiles.....".

Le pays tout entier se prépare bel et bien à la guerre, comme dans les heures dramatiques de 1967, lorsque je jeune état d'Israël et son chef Ben Gourion craignaient d'être exterminés par cinq armées arabes.....

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